Démarrage depuis la live USB

Maintenant que votre média d’installation est prêt, il faut l’utiliser. Et c’est probablement l’un des moments les plus embêtants de ce tutoriel, puisqu’il va falloir rentrer dans le BIOS. Tout d’abord, laissez votre clef USB branchée à votre PC. Ensuite, la méthode dépend de la carte mère ou de votre ordinateur portable, mais, en général, il faut appuyer sur F2, F11, F12 ou encore Esc ou DEL et faire apparaître une interface hideuse.

 

Il est également possible de démarrer dans le BIOS via Windows. Pour cela, allez dans l’application paramètre, puis « Mise à jour et sécurité », et sélectionnez « Récupération ». De là, cliquez sur le bouton « Redémarrer maintenant », de la section « Démarrage avancé ».

 

Bien cachées, ces options de redémarrage ! [cliquer pour agrandir]

Crédit Image : Le Crabe Info

 

L’ordinateur redémarre sur un écran bleu magnifique, et l’option recherchée sera dans le menu « Dépannage », puis « Options avancées », et enfin « Changer les paramètres du microprogramme UEFI ».

 

Un design... carrément laid ?

 

À moins que votre PC ne date de Mathusalem, vous devez être équipés d’une machine compatible EFI. Qu’est-ce que cela signifie ? Petite page d’histoire : le BIOS, ou Basic Input/Output System, est l’interface de paramétrage de la carte mère. Il a depuis été remplacé (vers 2007) par l’EFI (Extensible Firmware Interface), plus tard renommé en Unified EFI ou UEFI, bien que le nom BIOS soit resté par abus de langage. Un des avantages de ce nouveau système est de pouvoir gérer la liste des partitions bootables directement depuis le BIOS, là ou l’ancien comportement ne gérait le démarrage qu’à la granularité du disque. En français, cela signifie que vous pouvez, en UEFI, avoir Windows et Linux sur le même disque sans qu'ils ne se battent, alors qu'en Legacy, la chose est plus difficile. Si jamais vous avez une option « Boot Mode », réglez-là donc bien sur UEFI et non Legacy... et démarrez bien sur la clef en mode UEFI , sans quoi votre installation se fera sur l'ancien mode !

 

Une fois dans le BIOS, vous devez vous retrouver face à une ribambelle d’options. Dans celle-ci, il va falloir sélectionner votre clef USB comme disque de démarrage à la place de votre disque système Windows. Le plus souvent, une section Boot Order est présente, et il faut sélectionner en premier une entrée du type EFI: USB XXXXX XXXXX. Si vous avez de la chance, une touche permet directement de lancer un menu de choix de disque, dans lequel il va falloir sélectionner votre clef USB comme média de démarrage prioritaire.

Pour vous aider, voici les options en question sur un panel totalement incomplet de machines :

 

Chez ASRock [cliquer pour agrandir]Chez ASUS [cliquer pour agrandir]Sur la série Aorus [cliquer pour agrandir]Chez MSI [cliquer pour agrandir]

Les BIOS en mode Easy chez ASRock, ASUS, GIGABYTE et MSI. Dans la liste encadrée en rouge, positionnez votre clef USB en premier.

 

Pour les vieux bousins [cliquer pour agrandir]Dans les options avancées [cliquer pour agrandir]

Pour les vieux modèles et les ordinateurs portables, l’écran ressemblera à celui de gauche. Dans d’autres cas, vous démarrerez dans un mode avancé, tel celui de droite.

 

Parmi les options, vous trouverez une qui pourra vous être familière : le Secure Boot. Il s’agit d’un mécanisme d’authentification du système d’exploitation lancé via un système de clefs et de certificats. Cela permet de limiter la présence de rootkits et de certains autres types de virus informatiques, mais, également, lie encore plus grandement la carte mère avec son Windows associé. Sur nos expériences, l’activation ou la désactivation du paramètre n’a pas posé problème, mais ce n’est pas généralisé. Si jamais vous rencontrez un souci au démarrage, vous pouvez sans souci désactiver l’option.

 

Lancement de l’installation

Une fois que vous avez démarré sur la clef, vous devez vous trouver face un écran de choix d’OS. Sélectionnez « Start Linux Mint 19.3 Cinnamon 64-bit ». Notez que si vous rencontrez un souci lors de l’installation, Linux Mint propose également un tutoriel (en français !) sur sa documentation officielle.

 

L'écran de chargement de l'ISO [cliquer pour agrandir]

 

Vous arrivez sur un bureau (hé oui, Linux vous permet de tester le système avant de l’installer !), se lequel vous pouvez faire joujou - attention par contre au clavier QWERTY par défaut.

 

Un bureau presque familier [cliquer pour agrandir]

 

Pour lancer l’installation, cliquez sur « Install Linux Mint ». Une fenêtre s’ouvre, sélectionnez notre bonne vieille langue française, puis continuez.

 

Squalala, on installe ! [cliquer pour agrandir]

 

Sélectionnez ensuite votre disposition clavier (celle présélectionnée est, la plupart du temps, la plus adaptée), puis sélectionnez « Continuer ». Le clavier passe alors en AZERTY, youhou ! Si vous n’avez pas d’accès au net, par exemple sur un ordinateur portable, le système vous demande alors de vous connecter à internet par WiFi. Si vous le pouvez, obtempérez.

 

Je veux du net ! [cliquer pour agrandir]

Crédit de certaines images : Documentation officielle Linux Mint

 

Si vous vous êtes connectés (en filaire ou en WiFi), vous arriverez ensuite sur un écran vous demandant si vous souhaitez installer les logiciels tiers pour le matériel graphique, WiFi, Flash, MP3 et autre. Cochez la case, puis appuyez sur le bouton « Continuez ».

 

Partitionnement du disque

Nous arrivons désormais à la partie la plus risquée : celle dans laquelle vous devez sélectionner le partitionnement du disque, c’est-à-dire l’organisation logique des systèmes de fichiers, et plus particulièrement la séparation Windows/Linux si vous optez pour un double boot.

 

De base, Mint vous proposera de s’installer à côté de Windows, ou d’occuper tout le disque, écrasant ainsi le contenu précédent.

 

Vous aussi, entrez dans la matrice ! [cliquer pour agrandir]

 

Les réglages d’installation automatiques correspondront au plus grand nombre, néanmoins, il est possible d’optimiser quelque peu l’occupation de l’espace, ce pour quoi nous vous proposons de revêtir votre cagoule de hacker et de choisir « Autre chose » ; un autre écran s’afficha alors, récapitulant votre disque et les partitions existantes.

 

Petite pause réflexion importante : votre système Linux se composera d'au moins deux ou trois partitions, que vous soyez en dual boot ou non :

  • La partition EFI qui permet de charger le micrologiciel de démarrage. Dans un dual boot, celle-ci sera déjà présente, inutile de s’en préoccuper. Pour une installation sur un disque vierge, créez-là en premier, 500 Mio suffisant pour son usage.
  • La partition principale, de format « ext4 » — le type de partition le plus courant sous Linux —, qui correspondra à « / », la racine du système (voir encadré ci-dessous).
  • La partition swap, qui est une zone du disque utilisée comme de la RAM lorsque cette dernière vient à manquer sur les barrettes, et sera également utilisée pour sauvegarder la mémoire vive utilisée lors des mises en veilles prolongées (hibernation). Si vous optez pour la création d’une telle partition, sélectionnez alors une taille au minimum égale à la quantité de RAM de votre système. Cependant, du fait de l’usure des cellules d’un SSD, il vaut mieux éviter de mettre votre swap sur un périphérique de stockage de ce type ! Sur un disque dur, par contre, l’opération est conseillée. Usuellement, la partition swap est placée sur la fin du disque, vous pouvez la créer en premier et sélectionner l’option d’alignement sur « Fin de cet espace » (la fenêtre concernée est illustrée ci-après). Vous sentirez par contre directement lorsque le système ira « taper dans le swap », car il faudra alors se munir d’une patience de Bouddha !

 

L’organisation des disques, sur Linux, est très différente de la manière windowsienne. Pour commencer, les antislashs « \ » des chemins d’accès sont remplacés par des slashs « / », mais, surtout, il n’y a plus de lettres de lecteurs. À la place, vous choisissez un emplacement (par exemple, « / », racine du système), et la partition sera montée à cet endroit, contenant ainsi tous les fichiers et sous-dossiers qui y seront créés. Il est donc possible de réserver un SSD pour les fichiers système en l’assignant à « / », et utiliser un disque dur pour l’équivalent linuxien de « C:\Users\ », « /home ». Cela signifie ainsi qu’en allant de « / » « /home », vous changez en fait de disque ! Pour les clefs USB, Mint les place par défaut dans « /media/ » ; elles seront par la suite bien identifiées dans l’explorateur de fichiers. Notez que vos jeux seront installés dans « /home » : pour les placer sur un autre disque que celui système, il faudra donc également partitionner ce second disque et configurer Linux pour le monter dans « /home ».

 

Installation dans le cas d’un double boot, sur le même disque que Windows

Dans le pire des cas — un dual boot avec une installation Windows (très) branlante — vous vous retrouvez sur une fenêtre de ce type :

 

Le bazar de Windows, vu par Linux [cliquer pour agrandir]

 

Panique à bord : 5 partitions, du NTFS, de l’EFI, de l'inconnu... Gardez votre calme (vous avez peut-être moins de partitions sur votre machine, c'est normal). Notez la partie « espace libre » de 104 857 Mo : il s’agit de ce que vous avez libéré sous Windows. Double-cliquez sur l’espace libre pour créer une nouvelle partition : une fenêtre s’ouvre. Si vous souhaitez un swap, créez-le en premier et alignez-le sur « fin de cet espace », et n'oubliez pas de réduire sa taille !

 

create partition

Pour le swap, sélectionnez simplement « Espace d’échange “swap” », aucun autre paramètre que la taille ne vous sera demandé.

 

Pour la partition système, choisissez bien « système de fichier journalisé ext4 » et mettez « / » comme point de montage. Ainsi, vous créerez une partition de type ext4, le plus répandu sous Linux, qui sera à la racine du système (« / »). Si vous avez un autre disque, par exemple pour les jeux, vous pouvez répéter l’opération et sélectionner comme point de montage « /home », il contiendra alors également vos documents personnels. Attention, les partitions de type ext4 sont difficilement lisibles sous Windows (alors que le NTFS et le FAT sont accessibles relativement facilement sous Mint).

 

Un partitionnement bien propre [cliquer pour agrandir]

Dans le cas d’un double boot sans swap, voilà à quoi devrait ressembler votre partitionnement final (il est tout à fait possible que vous ayez moins de partitions Windows !)

 

Dans la section « Périphérique où sera installé le programme de démarrage », sélectionnez le disque sur lequel sera installé votre Linux. Dans notre cas, il s’agit de /dev/sda ATA Samsung SSD 580 (500.1 GB). Enfin, cliquez sur « Installer maintenant », puis validez la fenêtre vous demandant d’appliquer les modifications sur le disque ; le tour est joué !

 

Si vous avez un double boot, Windows peut, au cours d’une mise à jour, écraser l'entrée réservée bootloader grub, c’est-à-dire le logiciel qui vous permettait de choisir votre OS au démarrage, vous démarrant ainsi systématiquement sous Windows. Pas de panique, Linux n’est pas perdu : préparez-vous une clef USB et suivez le tutoriel officiel pour retrouver votre OS libre favori. Dans la plupart des cas, néanmoins, votre mobale gérera correctement l'UEFI, et ce sera à vous de passer par le Boot Menu du BIOS pour sélectionner Linux ou Windows en fonction de votre besoin. Notez que grub peut également servir de menu de démarrage pour le choix de l'OS, le logiciel grub-customizer pouvant vous aider à organiser la chose (il faudra par contre vous tourner vers Google pour l'installer et le configurer).

 

Installation dans le cas d’un Linux seul sur son disque

Si vous décidez d’abandonner définitivement Windows et que vous n’avez pas encore formaté votre disque, supprimez toutes les partitions existantes afin de vous retrouver face à un disque vide.

 

Le bazar des partitions Windows [cliquer pour agrandir]

Pour supprimer une partition, cliquez dessus et appuyez sur le bouton « -» en bas à gauche

 

Vous devez vous retrouver face à un écran moins chargé :

 

Un disque tout vide ! [cliquer pour agrandir]

 

Créez vos partitions via le bouton « + » ou en double-cliquant sur l’espace libre. Commencez par une partition système EFI de 500 Mio, puis une partition système ext4 montée sur « / », et optionnellement du swap.

 

create partition

Pour l’EFI, il faut sélectionner « Partition système EFI », et pour le swap, « Espace d’échange “swap” ». Dans les deux cas, aucun autre paramètre ne vous sera demandé.

 

Si vous n'avez pas la possibilité de créer de partitions (dans le cas d'un disque flambant neuf, par exemple), il faudra cliquer sur "Nouvelle table de partition". Attention, la manipulation effacera toutes les données du disque !

 

Si vous ne pouvez pas créer la partition EFI, c'est que vous avez démarré sur la clef USB en mode "Legacy" (ancien mode BIOS) et non EFI. Vous devez alors redémarrer en sélectionnant l'entrée correspondant à la clef commençant par (U)EFI... Sauf que toutes les cartes mères ne le supportent pas. Acharnez-vous un bon coup, et, si vous n'y arrivez toujours pas, vous pouvez tenter l'installation en mode Legacy. Dans ce cas, suivez le tutoriel sans créer la partition EFI : l’amorçage de Linux sera effectué d'une manière plus ancienne (qui est parfois la plus compatible). Attention, pour un double boot sur le même disque, vous aurez des conflits de bootloader ! En effet, le disque ne peut contenir que le logiciel de démarrage de Windows, ou grub, celui pouvant démarrer à la fois Linux et l'OS fenestré. En cas de mise à jour de ce dernier, grub saute, et il faut à nouveau repasser par la clef USB pour réparer (vos données restent par contre intactes).

 

Un partitionnement propre pour Linux [cliquer pour agrandir]

EFI, données et swap : tout est bon, chef !

 

Similairement à l’installation en dual boot, dans la section « Périphérique où sera installé le programme de démarrage », sélectionnez le disque sur lequel sera installé votre Linux. Dans notre cas, il s’agit de /dev/sda ATA VBOX HARDDISK. Enfin, cliquez sur « Installer maintenant », et validez bien la fenêtre vous demandant d’appliquer les modifications sur le disque.

 

Derniers paramètres

Étape simple cette fois-ci : Linux vous demande votre fuseau horaire. Dans la plupart des cas, il s’agira de Paris, mais si vous habitez au Québec ou en Afrique, choisissez bien entendu la zone qui vous convient.

 

Greenwich ? [cliquer pour agrandir]

 

Vient ensuite l’écran de création de session. Choisissez un nom d’utilisateur, et un nom de machine. Dans la communauté, il est courant de donner un petit surnom affectueux à sa configuration, vous pouvez donc faire preuve d’inventivité ! Attention, ne prenez pas un mot de passe trop bidon, cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses en cas de cyberinfection virale... Une fois l’opération terminée, cliquez sur « Suivant ».

 

En route dans la super-bx ! [cliquer pour agrandir]

 

Copie des fichiers l’installation

Pendant les quelques minutes d’installation, vous pouvez admirer la publicité de Mint pour son système, sortir un bouquin ou encore relire un merveilleux test de votre comptoir favori.

 

Patience, patience... [cliquer pour agrandir]

Un navigateur web sous Linux ? Incroyable...

 

Une fois l’opération terminée, une fenêtre vous propose de rester sur la session live, ou de redémarrer. Choisissez la seconde option, et filez dans la section suivant pour les pilotes et les quelques derniers réglages.




Les 93 Ragots
   
Les ragots sont actuellement
ouverts à tous, c'est open bar !