Toujours plus de configuration

Dans la barre des tâches, un icône « attention" est présente (warning icon). Double-cliquez dessus : la liste des opérations restant à effectuer pour finaliser la configuration d’affiche.

 

Une erreur ? Tout est dit ici !

Si certains messages comme la sauvegarde sont peu cruciaux, c'est loin d'être le cas de tous...

 

Timeshift, l’outil de sauvegarde, est plutôt intuitif. Si vous souhaitez le configurer, libre à vous ; dans le cas contraire, contentez-vous d’ignorer le problème.

 

Mot de passe administrateur (facultatif)

Une des premières manipulations à réaliser est la création du mot de passe administrateur, ou root dans le jargon Linux. Outre l'occasion de se pamiliariser avec la console, celui-ci permettra également de dépanner votre machine ou d’effectuer certaines opérations système plus aisément. Si, par sécurité, il vaut mieux opter pour un mot de passe unique et fort, il est courant d’utiliser le même que sa session sur un ordinateur personnel (mais jamais sur un serveur) — à condition de bien l’avoir choisi sécurisé ! Pour réaliser cette opération, il faut lancer un terminal (aussi appelé console), l’icône noire ornée des caractères $_ dans la barre des tâches (également épinglée à gauche dans le menu Démarrer, ou, dans ce même menu, dans la catégorie Administration). Une fenêtre sombre s’ouvre et vous affiche :

 

super-bx@cdh-mint:~$ 

 

Késako ? Décodage avec le comptoir :

  • super-bx : Le nom de l’utilisateur (très probablement différent chez vous, sauf si vous avez bon goût).
  • @ : Un simple caractère séparateur.
  • cdh-mint : Le nom de la machine (là aussi, très probablement différent chez vous !)
  • " : " : à nouveau un caractère séparateur sans autre sémantique.
  • ~ : L’endroit ou est actuellement la console (pensez par analogie avec l’explorateur Windows, qui démarre par défaut dans « Mes Documents », et ce tilde « ~ » représente, sous Linux, le dossier par défaut associé à l’utilisateur qui est « /home/utilitateur/ » (donc /home/cdh-mint/ dans notre cas). Si cela est un peu complexe, ne vous en faites pas, il n’y aura pas besoin d’aller plus loin dans ce tutoriel.
  • $ : fin de la partie fixe de la ligne de commande.

 

Il faut ensuite lancer la commande suivante (la copie/le collage s’effectue avec Ctrl + Maj + C/V, et la touche tabulation permet d’autocompléter le début des commandes) :

 

sudo passwd root

 

Décomposition :

  • sudo : mot magique permettant d’exécuter comme super utilisateur (l’équivalent d’administrateur) la commande qui suit, au prix d’un mot de passe à taper. Ce mot de passe est celui de votre session actuelle, pas le mot de passe root à définir.
  • passwd : utilitaire permettant de changer les mots de passe.
  • root : nom de la session dont le mot de passe doit être changé.

 

Pour un linuxien habituel, avoir les astérisques indiquant un caractère tapé est une hérésie : en effet, cela indique la taille de votre mot de passe, ce qui le rend d’autant plus vulnérable à une attaque. Ne vous étonnez donc pas si, au cours de vos pérégrinations sous le manchot, vous vous retrouvez face à une commande qui « ne prend pas vos mots de passe », comme ce passwd, il s’agit du comportement attendu (vous pouvez le vérifier en appuyant sur la touche « Entrée », qui validera bien votre saisie).

 

Tapez d’abord votre mot de passe utilisateur (les astérisques s’affichent), puis le mot de passe root (rien ne s’affichera, c. f. encadré ci-dessus) ; et, enfin, une seconde confirmation du mot de passe root vous sera demandé. Une fois l’opération effectuée, votre terminal devrait afficher ceci :

 

super-bx@cdh-mint:~$ sudo passwd root
[sudo] Mot de passe de super-bx :
Entrez le nouveau mot de passe UNIX :
Retapez le nouveau mot de passe UNIX :
passwd : le mot de passe a été mis à jour avec succès
super-bx@cdh-mint:~$

 

Quittez ensuite la console en tapant la commande exit.

 

Pour utiliser le mot de passe root, il suffit de taper, dans une console, « su », puis de donner le mot de passe défini ci-dessus. Par la suite, la console affichera comme utilisateur root et exécutera toutes les commandes suivant en superutilisateur : plus besoin de la commande sudo ! Pour quitter, le premier exit reviendra à l’utilisateur non-root, puis le second quittera pour de bon la console.

 

Pilotes graphiques

Pour pouvoir jouer, sous Linux comme sous Windows, il vous faut un pilote, c’est-à-dire un composant logiciel expliquant à votre carte graphique comment fonctionner de manière optimale. Dans l’idéal, ce denier doit être compatible Vulkan - ce qui ne devrait poser aucun problème si votre carte est un tant soit peu récente.

 

Les drivers graphiques peuvent être capricieux sous Linux. Outre les soucis liés aux doubles GPU des ordinateurs portables et les ennuis de type « sur quel GPU j’exécute mon code ? », divers autres problèmes peuvent survenir. En fonction des expériences utilisateurs, cette partie sera donc mise à jour afin de couvrir les cas d'usage les plus fréquents.

 

Pour les GPU AMD et Intel, aucune manipulation n’est nécessaire si vous tournez sur Polaris ou plus récent, les pilotes sont directement intégrées dans le noyau ; vous pouvez cependant aller vérifier ce que vous proposera Mint — c’est également ici que vous trouverez les mises à jour de microcode CPU permettant de corriger les failles de la série Spectre. Pour les cartes des séries Radeon HD 7000 et Radeon HD 8000, une manipulation est nécessaire, détaillée après l'installation côté verts.

 

Pour NVIDIA, il est nécessaire de passer par des pilotes propriétaires, dont les plus récents ne sont pas disponible immédiatement dans les sources de logiciel de Linux Mint. Si vous souhaitez obtenir les tous derniers drivers, il faut passer, une fois encore, par la ligne de commande :

 

Pour l’installer, il faut passer par... la ligne de commande, encore. Lancez donc votre terminal chéri, et tapez (il faudra taper son mot de passe utilisateur, sudo oblige, et valider ensuite chaque opération à l'aide de la touche Entrée) :

sudo add-apt-repository ppa:graphics-drivers/ppa
sudo apt update

 

Nouvelle séance de décomposition :

  • sudo : déja vu, commande magique permettant de se mettre en super utilisateur
  • add-apt-repository : apt, le gestionnaire de paquets, tire sa liste des paquets disponibles de dépôts, ou repositories en anglais. Ici, nous souhaitons en ajouter un, celui contenant les dernière version des pilotes de NVIDIA. Attention, n’installez pas n’importe quel dépôt, cela peut mener à un système instable, voire à des virus ! Notez que cette commande nécessite d’appuyer sur Entrée pour valider l’ajout du dépôts, pas mesure de sécurité.
  • ppa:graphics-drivers/ppa : le nom du dépôt.
  • apt update : rafraîchit la liste des paquets. Logique, vous venez de rajouter une source !

 

Ensuite, rendez-vous dans le menu « Administration » puis « Gestionnaire de pilote ». Un mot de passe vous est demandé, rentrez celui de l’utilisateur courant, et prenez l’habitude, car l’authentification à tout-va est une chose courante dès que vous mettez les mains dans des paramètres systèmes ou des mises à jour sous Linux.

 

Le gestionnaire de pilotes propriétaires

 

Sélectionnez bien le pilote « NVIDIA binary driver » à la version la plus récente et le microcode CPU s’il est proposé, puis cliquez sur « Appliquer les changements », avant de redémarrer. Dans le cas d’un PC portable à plusieurs GPU, la sélection devrait s’effectuer par un menu dédié dans le panneau de Centre de contrôle. N’hésitez pas à nous faire part en commentaire de tout problème dans les configurations de ce type afin de compléter ce tutoriel !

 

Si vous démarrez en mode Secure Boot et que vous installez un pilote NVIDIA propriétaire, il est possible que l’on vous demande de créer un mot de passe à fournir par la suite dans le BIOS. Cela est parfaitement normal et permet à la machine de valider l’authenticité de l’OS - le principe même dudit Secure Boot.

 

Tout comme pour la procédure d’installation, la documentation de Linux Mint possède une (brève) page concernant l’installation des pilotes graphiques, si besoin est.

 

 
J’ai une Radeon HD 7790 et ça ne marche ppaaaaassss
Si vous avez un GPU AMD d’ancienne génération (Sea Islands a.k.a. Radeon HD 8000 ou Southern Islands a.k.a Radeon HD 700), le support Vulkan est incomplet, ce qui se traduira par plus de bugs en jeu, mais surtout la nécessité d’activer la fonctionnalité par un argument du noyau, c’est-à-dire une indication donnée à Linux au moment de son démarrage.
 
Pour cela, il faut d’abord spécifier à Linux de bien charger le nouveau pilote au démarrage. Pour cela, ouvrez le fichier/etc/initramfs-tools/modules et rajoutez deux lignes contenant simplement « amdgpu » et « radeon ». Si cela paraît simple, il faut néanmoins les droits administrateurs pour enregistrer le fichier... du coup, passage par la console :
 
sudo xed /etc/initramfs-tools/modules
 
Du chinois, vous dites ? Passons cela en revue ensemble :
  • sudo : mot magique déjà vu lors de la mise en place du mot de passe root.
  • xed : nom de l’éditeur de texte
  • /etc/initramfs-tools/modules: le fichier à éditer
 
Un éditeur de texte s’ouvre alors, dans lequel vous pouvez enregistrer sans soucis. Rajoutez nos lignes « amdgpu » puis « radeon », et sauvegardez. Il faut ensuite régénérer l’image de démarrage pour prendre en compte les modifications, une étape qui s’effectue, une fois encore, par la console.
 
sudo update-initramfs -u
 
Pour la décomposition habituelle :
  • sudo : mot magique déjà vu lors de la mise en place du mot de passe root.
  • update-initramfs: mise à jour de l’image de boot
  • -u : opération à effectuer, ici update

 

Si vous avez une carte graphique dédiée et un SSD, il est possible que le chargement de Linux soit tellement rapide que le pilote graphique n’ai pas le temps de se lancer, résultant sur un écran noir. Le remède est exactement identique : forcer le chargement du pilote dès l’image de boot. Pour NVIDIA, il faut par contre écrire, à la place de « amdgpu »/« radeon » (un mot par ligne, toujours), « nvidia nvidia_modeset nvidia_uvm nvidia_drm ».
 
La dernière étape est très proche : éditer le fichier de configuration de grub, votre bootloader, pour activer le support Vulkan de ces cartes. Retour à la console (hé oui, le fichier est, une fois encore, accessible uniquement en administrateur), et tapez :
 
sudo xed /etc/default/grub
 
Bis repetita de l’opération précédente, l’éditeur de texte s’ouvre, cette fois-ci sur un fichier un peu plus long. Repérez la ligne GRUB_CMDLINE_LINUX_DEFAULT="quiet splash" (ligne 5). Il faut lui ajouter radeon.si_support=0 amdgpu.si_support=1  pour les Southern Islands, et radeon.cik_support=0 amdgpu.cik_support=1 pour les Sea Islands.
 
Après modification, la ligne doit ressembler à cela :
GRUB_CMDLINE_LINUX_DEFAULT="quiet splash radeon.si_support=0 amdgpu.si_support=1".
 
Dernière étape, il faut régénérer la configuration de Grub, qui ne lit pas directement le fichier que vous avez modifié (ce serait trop simple !). Pour cela... hé oui, console !
 
sudo grub-mkconfig -o /boot/grub/grub.cfg
 
Qui signifie, en français :
  • sudo : mot magique déjà vu lors de la mise en place du mot de passe root.
  • grub-mkconfig : génère l’image de configuration de grub
  • -o : opération à effectuer, ici output, soit « fichier de sortie »
  • /boot/grub/grub.cfg : « vrai » fichier de configuration de grub, autogénéré

Notez que les changements (et ainsi, les éventuels problèmes) ne se verront qu’après reboot : croisez bien vos doigts !

 
Bibliothèques Vulkan

La dernière étape pour finaliser la partie de configuration consiste simplement à installer les bibliothèques Vulkan nécessaires à DXVK, et donc à Proton dans sa configuration de base. Pour cela, il va falloir passer par... la console, encore. Cela s’effectue par la commande suivante :

 

sudo apt install libvulkan1 libvulkan1:i386 vulkan-utils

 

Cassons-la ensemble mieux comprendre son utilité :

  • sudo : mot magique déjà vu lors de la mise en place du mot de passe root.
  • apt : commande servant à la gestion des paquets. Pour mettre à jour, installer, désinstaller des bibliothèques, des packs de polices, des logiciels, ou n’importe quoi qui vient se greffer au système, ce sera apt (Advanced Package Tool) qui tournera en arrière plan, même si vous ne le voyez pas directement.
  • install : ordre donné à apt, ici, installer un paquet
  • libvulkan1 libvulkan1:i386 vulkan-utils : noms des paquets à installer, ici les bibliothèques Vulkan pour les architectures x86_64 (par défaut) et en 32-bit (i386), le driver et les utilitaires permettant de vérifier la présence et le support de l’API de Khronos par les pilotes.

 

Si vous êtes équipé d’un GPU AMD ou Intel, il faut en outre installer deux autres paquets fournissant le support Vulkan pour les pilotes open source : mesa-vulkan-drivers, en version x86_64 et i386. Pour cela, il faudra taper :

sudo apt install mesa-vulkan-drivers mesa-vulkan-drivers:i386

 

Pour installer des programmes et des bibliothèques, appelées « paquet » sous Linux, il est possible d’utiliser une interface graphique. Mint est dans ce but livré avec Synaptic. Néanmoins, rechercher son paquet et l’installer en cliquant sur des boutons est plus lents (et moins compréhensible pour l’expert en herbe, ce qui peut mener à des erreurs, voire des abus) que la console, c’est pourquoi nous vous orientons vers la seconde.

 

Redémarrez, puis vérifiez que Vulkan fonctionne correctement avec la commande suivante :

vulkaninfo

 

Si jamais vous obtenez :

===========
VULKAN INFO
===========

Vulkan Instance Version: 1.1.70

Instance Extensions:
====================
Instance Extensions count = 16
VK_KHR_device_group_creation : extension revision 1
VK_KHR_external_fence_capabilities : extension revision 1
VK_KHR_external_memory_capabilities : extension revision 1
VK_KHR_external_semaphore_capabilities: extension revision 1
...
...
...

Et que le message a complètement rempli votre console, félicitations : tout a bien fonctionné, vous pouvez passer à la section suivante. Par contre, si vous vous faites copieusement insulter par la console comme ceci :

===========
VULKAN INFO
===========

Vulkan Instance Version : 1.1.70

Cannot create Vulkan instance.
/build/vulkan-UL09PJ/vulkan-1.1.70+dfsg1/demos/vulkaninfo.c:768: failed with VK_ERROR_INCOMPATIBLE_DRIVER

ou comme cela :

===========
VULKAN INFO
===========

Vulkan Instance Version: 1.1.70

ERROR: [Loader Message] Code 0 : /usr/lib/i386-linux-gnu/libvulkan_radeon.so: wrong ELF class: ELFCLASS32
ERROR: [Loader Message] Code 0 : /usr/lib/i386-linux-gnu/libvulkan_intel.so: wrong ELF class: ELFCLASS32
/build/vulkan-UL09PJ/vulkan-1.1.70+dfsg1/demos/vulkaninfo.c:2700: failed with VK_ERROR_INITIALIZATION_FAILED

 

Alors, il y a une couille dans le potage : soit le mauvais driver est installé, soit votre carte graphique n’est pas compatible Vulkan. Dans le premier cas, revérifiez bien que vous avez suivi la procédure d’installation du pilote, que la carte graphique actuellement active est bien la carte graphique avec laquelle vous souhaitez jouer et que vous avez bien redémarré. Dans le second cas, votre ordinateur est très probablement assez âgé... ce qui ne vous empêchera pas de lancer quelques titres !



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