Comment que ça tourne ?

Vous vous en doutez, l’idée est ici de faire un tutoriel d’installation et non un test Windows vs Linux. Il est donc question ici de compatibilité plus que de performances !

 

Sur le PC-patate : des performances limitées

Notre première machine de démonstration est un vieil ordinateur portable équipé d’un i3 de seconde génération et une AMD Radeon 6470M. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, il fera office de machine de compatibilité du fait de l’absence de pilotes Vulkan à son égard.

 

Trackmania Nation : jouable, sans plus [cliquer pour agrandir]Tomb Raider : pas vraiment jouable... [cliquer pour agrandir]

 

Bien que Trackmania tienne les 30 FPS - non sans concessions graphiques, la plupart des jeux seront injouables, faute de compatibilité Vulkan. Certains (rares) titres proposent des versions natives Linux, comme ce Tomb Raider de 2013 (mais également les Metro en version Redux, ainsi que Portal 1 & 2, Civilisation V et VI, Half-Life...) ; mais, malheureusement, même en 720p, notre petite patate aura bien du mal à faire tourner le titre de manière convenable...

 

La ligue pas pokémon peut se lancer ! [cliquer pour agrandir]

40 FPS (en teamfights), certes, mais... LoL tourne avec Lutris sur la patate libérée !

 

Sur le PC-fusée :

L’autre configuration, toute droite issue du bousitron amélioré, est composée d’un i9-7940X et d’une R9 Fury (la fameuse en 28 nm, pour ceux qui se le demandaient), bénéficiant cette fois-ci d’un suport complet de Vulkan. Voyons ce qui peut s’exécuter :

 

Un Trackmania bien plus jouable ! [cliquer pour agrandir]Remember Me sans artefacts [cliquer pour agrandir]Metro Last Light, et ses 25 FPS... [cliquer pour agrandir]Metro 2033, comme une horloge ! [cliquer pour agrandir]

 

Les performances sont d’un autre monde ! Trackmania tourne sans problèmes une fois les bonnes options trouvées - attention aux crashs aux lancements des niveaux lorsque vos réglages ne sont pas bons. Remember Me n’a également pas montré signe de faiblesse, pas plus que Mirror’s Edge. En dépit d’une version native Linux, Metro Last Light Redux n’a pas accepté plus de 30 FPS sur notre machine, quels que soit les préréglages graphiques. À l’inverse, Metro 2033 (Non-redux donc), via Proton, affiche un solide 120 FPS en préréglage maximal (1080p), sauce DirectX 11 sans PhysX - AMD oblige. Comme quoi, les portages...

 

Pas de souci non plus sur Mirror's Edge [cliquer pour agrandir]

Pas de souci non plus sur Mirror’s Edge

 

Enfin, égarons-nous du côté de Lutris avec Dead Space — sauce Origin — et Watch Dogs - sauce uPlay. Pour les deux jeux, il a fallu désactiver l’overlay Origin/uPlay, sans quoi rien ne se lançait, après quoi et les titres se sont avérés parfaitement jouables, exception faite du compteur de FPS, aux abonnés absents, et d’un réglage à modifier pour obtenir du son pour le regardeur de chien ; tout étant expliqué sur la page Lutris. Attention, pour ce dernier, il a fallu supprimer le fichier de configuration (situé dans notre cas dans ~/Games/uplay/drive_c/ suivi du chemin normal sous Windows) afin d’annuler des modifications de paramètres graphiques infructueuses. Ah, Linux et ses magouilles...

 

Arrrggggrgrgrgrgrgrgrgr (bruit de nécromorphe) [cliquer pour agrandir]watch dogs t [cliquer pour agrandir]

Attention par contre aux alt-tab malheureux, qui peuvent freezer l’interface graphique. Rendez-vous une page en arrière pour une méthode de déblocage sans redémarrage.

 

Vous l’aurez compris — à la manière forte si vous avez suivi l’intégralité de ce tutoriel — passer sous Linux n’est pas une chose simple, et ne se fait pas sans changer ses habitudes par rapport à Windows. Néanmoins, la légèreté du système et l’étendue des applications en font un système de choix pour une machine prenant de l’âge, ou si le manque de confidentialité de la Raymonde vous répugne. Venons-en maintenant au cœur du sujet, le jeu. Sur ce point, Valve a très clairement réussi son coup : si vous restez sur Steam, l’utilisation est totalement transparente, et la compatibilité est à des années-lumières des expériences de Wine seul quelques années auparavant. Bien que la prise en charge des jeux les plus récents ne soit pas encore parfaite, installer et lancer ses titres préférés est devenu une chose possible, et même confortable pour une majorité. En dehors de la plateforme, il faudra par contre faire preuve d’une touche de bidouillage supplémentaire, somme toute très linuxienne, pour parvenir à ses fins - chose qui reste néanmoins le plus souvent possible. Cela sera-t-il suffisant pour amorcer une adoption massive de l’OS manchot ? Probablement pas, mais les progrès démentiels du projet, aboutissants à une jouabilité plus que satisfaisante, ont de quoi mettre la puce à l’oreille quant aux ambitions de Valve. La firme trouverait en effet ici un argument de taille pour des Steam PC ressuscités... En attendant, profitons enfin du fruit du travail de la firme, que nous ne pouvons, une fois encore, que saluer !


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