• Core i9-12900K

Le socket évoluant notablement physiquement, il en est de même pour les CPU qui y sont destinés. Ainsi, un processeur pour LGA1700 ressemble fortement à un exemplaire destiné aux précédents LGA115x/12xx, mais que l'on aurait étiré dans la hauteur. Comme une image vaut mieux qu'un long discours, voici la différence visuelle en pratique :

 

s1700vss1200

A gauche un CPU LGA 1700, à droite un autre mais LGA 1200 cette fois

 

Pour ce lancement, Intel n'officialise que ses processeurs haut de gamme et overclockables, affublés du désormais célèbre K. Le reste de la gamme sera dévoilé un peu plus tard, nous avons toutefois réussi à mettre la main sur un Core i5-12400F de présérie, c'est pourquoi nous l'ajoutons dans le tableau suivant, avec les informations à notre disposition.

 

RéférenceCœurs / Threads

E-Core Boost max

P-Core Boost Max Turbo Boost Max 3.0Cache L3Max Turbo Powertarif
i9-12900K 8P+8E / 24 3,9 GHz 5,1 GHz 5,2 GHz 30 Mo 241 W 589 $
i9-12900KF 8P+8E / 24 3,9 GHz 5,1 GHz 5,2 GHz 30 Mo 241 W 564 $
i7-12700K 8P+4E / 20 3,8 GHz 4,9 GHz 5,0 GHz 25 Mo 190 W 409 $
i7-12700KF 8P+4E / 20 3,8 GHz 4,9 GHz 5,0 GHz 25 Mo 190 W 384 $
i5-12600K 6P+4E / 16 3,6 GHz 4,9 GHz - 20 Mo 150 W 289 $
i5-12600KF 6P+4E / 16 3,6 Ghz 4,9 GHz - 20 Mo 150 W 264 $
i5-12400F 6P / 12 - 4,4 GHz - 18 Mo 117 W ?

 

Pour ce test, Intel nous a fait parvenir les Core i5-12600K et Core i9-12900K, nous nous sommes également procurés les Core i7-12700K et i5-12400F par une autre voie. Intéressons-nous pour commencer au flagship, qui rompt donc avec les dimensions des CPU de cette gamme sur les précédentes plateformes LGA11xx/12xx, passant d'une forme carrée à rectangulaire. La face arrière comporte cette fois 1700 points de contacts au lieu de 1200, nous avouons volontiers ne pas les avoir comptés.

 

12900k recto12900k verso

Core i9-12900K recto et verso

 

Que nous apprend CPU-Z sur le nouveau vaisseau amiral des Bleus ? Le TDP reporté est de 125 W, toutefois il y a du changement à ce niveau, rendez-vous un peu plus bas pour en apprendre davantage. On retrouve la distinction faite entre cœurs par Intel, avec d'un côté 8 dédiés à la performance et disposant d'Hyper-Threading permettant de doubler le nombre de processus prise en charge simultanément, à 16 en tout. Les 8 autres cœurs dit "efficients" en sont dépourvus, ce qui conduit à ce drôle d'attelage hétérogène de 16 cœurs pour 24 threads. Ils se partagent un cache L3 de 30 Mo en tout. Au repos, la fréquence chute à 400 MHz. En ne sollicitant qu'un seul cœur, elle peut atteindre 5,2 GHz lorsque le processus est affecté au meilleur d'entre eux. Enfin, en charge soutenue sur tous les cœurs, la fréquence va se fixer à 4,9 GHz. Cette représentation n'est toutefois que très parcellaire, puisque CPU-Z affiche les valeurs du premier cœur, en l'occurrence un P-Core ici.

 

Fréquences Core i9-12900K [cliquer pour agrandir]

Fréquences CPU-Z Core i9-12900K

 

En utilisant cette fois HWiNFO64, il est possible de visualiser le fonctionnement global du processeur. Les cœurs performance sont effectivement cadencés à 4,9 GHz, mais ceux efficients voient quant à eux une fréquence maximale en charge lourde, limitée à 3,7 GHz. Ils peuvent dans des conditions moins sévères, pousser cette dernière jusqu'à 3,9 GHz.

 

12900k hwinfo64

Fréquences du Core i9-12900K via HWiNFO64

 

  

• E-Cores, des coeurs au rabais ?

Mais que valent en pratique ces fameux cœurs efficients ? Afin de tenter d'apporter un début de réponse à ce sujet, nous avons réalisé quelques tests ciblés. Pour ce faire, nous avons d'une part désactivé tous les E-Cores dans le BIOS et mené quelques benchmarks avec les P-Cores tels quels, puis en les cadençant à la même fréquence que les E-Cores en pleine charge (3,7 GHz), et ce avec et sans Hyper-Threading activé. Comme il n'est pas possible de désactiver intégralement les P-Cores dans l'UEFI, nous n'avons conservé qu'un seul coeur performance actif, HT désactivé, et avons forcé les différents programmes à ne s'exécuter que sur les E-Cores, en jouant sur l'affinité du gestionnaire de tâches Windows. Voyons le résultat.

 

 

Notons pour débuter que cette méthode reste imparfaite, en particulier au niveau des mesures de consommation des E-Cores. En effet, un P-Core reste actif et même s'il n'est pas sollicité par nos benchs, il continue à consommer à minima. L'écart entre les 2 types de cœurs varie fortement selon les tâches soumises, sans surprise. À fréquences et nombre de threads équivalents, les 8 cœurs performance disposent d'un avantage fluctuant entre 32 et 44 % sur les 8 E-Cores pour des tâches productives. En jeu, l'avantage varie entre 26 et 48%, si on ignore le résultat de GTA5, probablement lié à un bug à l'instar de celui touchant les processeurs Zen 3. L'adjonction de l'Hyper-Threading et d'une fréquence de fonctionnement plus élevée maximise les gains, mais cela se paie très cher du côté de la consommation. Voilà une transition parfaite pour vous parler justement de ce sujet concernant les nouveaux venus.

 

 

• Cachez moi ce TDP que je ne saurais voir !

Rappelons tout d'abord brièvement le mode de fonctionnement de Turbo Boost 2.0 côté bleu, du moins ce qu'il était avant l'avènement de Comet Lake (10e génération).

Deux limites pratiques de puissance sont définies pour les CPU d'Intel (il existe aussi les PL3 et PL4, mais ces dernières sont optionnelles et jamais exposées). La première, PL1 (Power Limit 1), correspond au TDP défini pour le CPU. La seconde (PL2) est une valeur plus élevée qui est variable selon les conditions de fonctionnement (qualité du refroidisseur etc.). Elle était généralement 25 % plus élevée que PL1, mais cette valeur peut être ajustée par le fabricant de carte mère (ou manuellement), à la hausse comme à la baisse. Lors d'une forte sollicitation CPU, PL2 s'applique tout d'abord à ce dernier. La durée durant laquelle cette dernière est conservée (si la charge se prolonge) est nommée TAU. Intel préconisait entre une et 8 secondes, mais là aussi, les fabricants de cartes mères pouvaient choisir d'outrepasser cette valeur, également paramétrable manuellement (mais pas systématiquement). Une fois ce temps écoulé et si la charge perdure, le CPU utilise alors PL1 comme limite de puissance, ajustant ses fréquences et tensions pour s'y conformer.

Voilà pour le fonctionnement nominal, il était tout à fait possible de s'en affranchir, malheureusement souvent sans rien faire puisqu'à la discrétion du fabricant "optimisant" son BIOS par défaut, et ce sans avertir l'utilisateur. À partir de la dixième génération, Intel, devancé par son concurrent de toujours, a apporté certaines modifications pour aller chercher quelques points de performance. Ainsi, PL2 est passé de + 25 % (par rapport à PL1) à + 100 % pour les Core i9. TAU de son côté a été fixé à 56 s. Nous avions alerté sur ce point, puisque nombre de testeurs ou utilisateurs se contentent d'évaluer les processeurs uniquement à l'aide de benchmarks, qui généralement durent moins d'une minute sur de telles puces, permettant ainsi de maximiser les résultats sans pour autant être représentatifs d'un usage plus réaliste s'étalant dans le temps. Certains fabricants de cartes mères allaient toutefois plus loin, soit en poussant TAU à une valeur très élevée, soit en fixant la même valeur pour PL1 et PL2.

 

Le contexte historique rappelé, détaillons à présent ce qu'il en est des nouveaux venus : sans renier totalement son mode de fonctionnement précédent, Intel considère à présent que ses CPU disposent d'un Base Power, qui correspond à la puissance absorbée par le CPU lorsqu'il fonctionne à sa fréquence de... base. À cela s'ajoute le Maximum Turbo Power, qui indique cette fois la puissance maximale qui pourra être absorbée lorsque le CPU fonctionne en mode turbo. OK, mais en quoi cela diffère-t-il des PL1 & PL2 précédents ? En pratique et au-delà du simple renommage, ces derniers sont bel et bien toujours présents dans les réglables de l'UEFI. Toutefois, les cartes mères appliquerons par défaut la même valeur (celle du boost = la plus élevée) pour les processeurs K. Intel ne certifie donc plus de TDP qui permettait de définir la puissance à dissiper en fonctionnement nominal de ses puces, il se contente juste de préciser quelle sera la valeur si la puce fonctionne à sa fréquence de base (c'est à dire jamais ou presque) ou en mode turbo.

 

Une gestion de la puissance remaniée [cliquer pour agrandir]

 

Sur un système complet type portable, ce n'est pas un vrai souci puisque le fabricant va adapter le refroidissement en conséquence. Par contre, en cas d'achat au détail, l'utilisateur lambda devra, lui, y veiller. Cela ne change pas drastiquement de ce qui se pratiquait déjà pour ce marché, toutefois c'est une façon pour Intel de cautionner les overclockings précédents des fabricants et de se dédouaner de toute certification de puissance ou fréquence en dehors de celle de base. Si votre CPU ne tient pas les fréquences maximales annoncées à cause d'une température excessive, Intel n'en assumera pas la responsabilité. AMD ne procède pas autrement avec son PPT qui permet lui aussi de s'affranchir du TDP, notion devenue trop contraignante voire gênante pour ces deux-là. Voyons donc ce qu'il en est pour les processeurs bleus annoncés :   

  

CPUBase PowerMaximum Turbo Power
Core i9-12900K(F) 125 W
241 W
Core i7-12700K(F)
190 W
Core i5-12600K(F)
150 W

  

Pour quel impact ?

Comme nous sommes du genre curieux au Comptoir, nous avons voulu vérifier quel serait le niveau de performance d'un 12900K, si Intel lui appliquait les mêmes règles que celles auxquelles sont soumises les générations Comet & Rocket Lake. Pour cela c'est très simple, nous fixons la limite de puissance de longue durée à 125 W alors que pour la courte durée nous appliquons 241 W et nous fixons TAU à 56 s. Quid des résultats ?   

 

 

Commençons par le plus simple, à savoir les benchs synthétiques : en pratique, pas de différence et pour cause, ils s'exécutent intégralement sous régime PL2 (Turbo Power), hormis Cinebench 1T, mais dans ce cas l'enveloppe de 125 W n'est en rien limitante. Dans le même ordre d'idée, disposer en permanence d'une enveloppe de puissance à 241 W pour jouer n'apporte que bien peu, en toute logique puisqu'il est rare que ces derniers parviennent à solliciter intégralement de tels CPU multicœurs. Amis joueurs, n'hésitez donc pas à restreindre votre 12900K à ce niveau, vous n'y perdrez qu'en consommation et échauffement.

 

Si on se place à présent d'un point de vue plus productif (pas de simples benchs durant moins d'une minute), les écarts sont cette fois plus notables, avec une moyenne s'établissant à 15 %, les résultats étant variables selon les applications. Bien sûr, le prix à payer en matière de surconsommation est très lourd, mais allez faire un tour au niveau des récapitulatifs de performances et voyez par vous-mêmes où ces 15% positionneraient le Core i9-12900K en comparaison du flagship concurrent, si Intel l'avait configuré ainsi. Voilà, c'est terminé pour cette partie, passons aux autres CPU évalués dans le cadre de ce dossier, page suivante.




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