• DDR5

Une des principales nouveautés de cette plateforme vient de sa prise en charge de la DDR5, puisque les contrôleurs mémoires d’Alder Lake en sont capables, tout en restant rétro-compatibles avec la DDR4. La nouvelle venue permet toutefois de doubler les débits par rapport à sa devancière, tout en réduisant la consommation électrique, via une tension d’alimentation nominale abaissée à 1,1 V.

 

Comment tout cela est-il atteint ? Tout d’abord, les modules sont directement alimentés en 12 V et en 3,3 V, la conversion en 1,1 V mangeable par les puces mémoires étant désormais effectuée par un VRM disposé directement sur la barrette. Cela signifie aussi que l’overclocking des barrettes mémoires sera moins impacté par la carte mère utilisée, et davantage par la qualité d’assemblage — et donc le prix — du module en lui-même. Asus a toutefois plus d'un tour dans son sac et permet via la carte testée ce jour, d'ajuster cette tension PMIC. Quant au doublement de bande passante, il s’agit tout bonnement d’un doublement de la fréquence de fonctionnement, pour atteindre 4800 MT/s ou 6400 MT/s (les doublements de la DDR4-2400 et DDR4-3200). Double Data Rate oblige, la fréquence réelle est toujours deux fois inférieure, et n’est donc que de 2,4 GHz ou 3,2 GHz pour les standards ratifiés JEDEC.

 

Or, pour contenir le bruit inhérent au signal (certes amélioré par les avancées en matière de lithographie) et réussir à atteindre ces cadences, les barrettes sont désormais séparées en deux demi-canaux (côté droit / côté gauche) possédant leur propre horloge. De ce fait, le bus passe de 64 bits par canal à 2 x 32 bits (auxquels il faut ajouter 8 bits de corrections d’erreur dans le cas de mémoire serveur) afin de conserver une bande passante par cycle équivalente. Conséquemment, la taille minimale des bursts double et atteint 16 (on parle également de BL16, pour burst length 16), les burst chop passant, eux, à 8 transferts ; tout cela dans le but de fournir des requêtes groupées de la taille d’une ligne de cache, soit 64 octets. En effet, 16 transferts x 32 bits par transfert résultent bien en 512 bits soit 64 octets : victoire !

 

La DDR5 vu par CPU-Z [cliquer pour agrandir]

La DDR5 vu par CPU-Z : notez les 4 canaux et le ratio 1:2 (Gear 2)

 

Pour autant, la bande passante théorique n’était jamais atteinte avec la DDR4 du fait de la topologie des bank groups. Ces unités matérielles regroupent des zones mémoires séparées, entraînant des latences supplémentaires lors de deux accès consécutifs au même bank group. Sur la DDR5, le nombre de bank groups est tout bonnement doublé (8 banks groups pour 4 banks par groupe maximum), pour toujours plus de performances (1,36 x par rapport à la DDR4 à iso fréquence selon Micron). Ce n’est pas tout : la DDR5 apporte également de la correction d’erreur au sein même des dies. Rien qui ne soit comparable à la mémoire ECC pour serveur (qui contient carrément du stockage supplémentaire dédié aux checksums), car ce mécanisme ne sert qu’à atteindre des fréquences plus élevées au niveau silicium, un cran logique en dessous de l'ECC, donc. De plus, le doublement des banks groups permet une augmentation de la densité maximale supportée par les contrôleurs, qui passe à 256 Gio : en voilà une sérieuse mise à jour côté mémoire vive !

 

D'un point de vue physique, pas de bouleversement puisque les barrettes DDR5 ressemblent à s'y méprendre à celles de sa devancière — logique, le nombre de points de contact n'ayant pas bougé (288). Le détrompeur positionné différemment permet toutefois d'éviter toute erreur, comme on peut le constater ci-dessous.

 

Slot DDR4 vs DDR5 [cliquer pour agrandir]

 DDR5 au-dessus, DDR4 au-dessous

 

Quid des performances pour cette nouvelle mémoire ? Nous avons pour cela procédé aux tests du Core i9-12900K, flanqué de trois configurations mémoire différentes à l'aide de kits G.Skill :

  • DDR4-3200 14/14/14
  • DDR5-4800 30/30/30
  • DDR5-6000 36/36/36

Nous exprimons ensuite les résultats en indice en appliquant la valeur 100 à la configuration DDR5-4800, qui correspond aux préconisations d'Intel. Les écarts sont sensibles au niveau des tests spécifiques du sous-système mémoire, comme attendu. D'un point de vue production, la DDR5 dispose d'un avantage conséquent sur sa devancière, mais il est difficile de noter des gains supplémentaires en augmentant encore la fréquence (6000 Mt/s).

 

En jeu par contre, les trois configurations proposent des indices similaires. Bien entendu, tout ceci n'est qu'un comportement moyen, avec des variations plus ou moins importantes selon les tests. Vous retrouverez le détail de ces derniers au sein de nos graphiques spécifiques, puisque les résultats des trois options ont été inclus.

 

 

Voilà, c'est terminé pour cette partie, passons à la description des CPU reçus page suivante.




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