• Verdict

Avant de livrer notre verdict, quelques mots sur le test et les difficultés rencontrées. En effet, nous avons du faire face à une instabilité chronique sur notre plateforme, avant qu'AMD y remédie via un nouveau pilote moins d'un jour avant la levé de l'embargo. Pour autant, l'overclocking ne fonctionnait toujours pas nous concernant (certains confrères ont été plus chanceux) et le firmware de la carte de test n'était pas compatible UEFI, nous obligeant à passer en mode Legacy pour réussir à booter. Tout ceci n'est pas inquiétant dans l'absolu, puisque corrigé sur les cartes commercialisées, mais c'est navrant qu'AMD n'ait pas opté pour un lancement décalé, afin de se donner le temps de livrer une prestation plus "propre" lors des premiers tests. 

 

Ceci étant dit, l'opinion que l'on pourra se faire de cette Radeon VII, dépendra grandement de sa propre tendance à regarder la partie pleine ou vide d'un verre incomplet. Une chose est sûre, elle constitue enfin une alternative sérieuse aux GeForce GTX 1080 Ti et RTX 2080 en termes de performances, ce qu'aurait dû et n'avait pu être le précédent flagship Vega. De quoi contenter une grande partie des amateurs rouge, à condition d'accepter certaines contreparties notables et être prêt à débourser plus de 700 €. NVIDIA n'a toutefois pas attendu AMD pour proposer ces tarifs et même davantage. Détaillons tout cela.

 

Radeon VII [cliquer pour agrandir]

 

 

• 7 nm, le bon cheval de VEGA 20 ?

Vega 20 [cliquer pour agrandir]

Les performances d'une carte graphique dépendent de plusieurs facteurs, parmi ceux-ci, l'architecture, la fréquence de fonctionnement, la bande passante mémoire et la "largeur" du GPU. Traditionnellement, c'est l'élargissement de ce dernier via de nouveaux process de fabrication, qui a longtemps été le plus gros pourvoyeur de performances. La complexité toujours croissante pour affiner la gravure des transistors, a obligé les acteurs du monde GPU à travailler davantage l'efficience de leur architecture pour compenser ce ralentissement de la loi de Moore. A ce petit jeu, NVIDIA s'en est mieux sorti qu'AMD, probablement faute de moyens pour ce dernier. Toutefois, son affranchissement vis-à-vis de Global Foundries, lui offre une fenêtre d'opportunités supplémentaires à présent. Ainsi, il a pu se tourner vers TSMC qui a pris une longueur d'avance sur ses compétiteurs au niveau du process. De quoi réussir à proposer un GPU, disposant d'un avantage significatif à ce niveau, sur les puces concurrentes lancées 5 mois auparavant. Ainsi, sans changer d'architecture, AMD est en capacité de luter frontalement (ou pas bien loin) avec les RTX 2080 et GTX 1080 Ti (enfin pour cette dernière !). Alors bien sûr, il a fallu déployer un maximum de technologies pour y parvenir (7 nm, HBM 2, bus 4096-bit) et NVIDIA va aussi profiter à un moment ou un autre de ce process, mais vu l'ancienneté des RTX 20, ce ne sera probablement pas pour tout de suite, heureusement pour leurs acquéreurs. Ainsi, AMD s'achète du temps pour finaliser une architecture que beaucoup espèrent plus compétitive, tout en ne laissant pas le créneau haut de gamme, exclusivement à son concurrent. Le choix du procédé de fabrication est un atout comme un autre dans le jeu de ces acteurs du GPU, peut-être AMD a-t-il pu mettre dans la balance la future production des CPU Zen 2 et ainsi profiter d'un meilleur traitement pour les allocations de production ? Toujours est-il que Vega 20 est bel et bien gravé en 7 nm, permettant un gain de fréquence significatif sans faire exploser la consommation, ainsi qu'une réduction significative de la surface du die, permettant de positionner 4 piles HBM 2 sur un interposer de taille similaire au précédent et ainsi doubler la bande passante mémoire à moindre coût. Toutefois, l'absence de production pour les puces HBM 2 de 2 Go, oblige AMD à embarquer une capacité de 16 Go pour profiter de cette bande passante, sans utilité clairement démontrée en jeu à l'heure actuelle. Toujours est-il que les 2 points précédents combinés, ont permis une augmentation de performance par rapport à Vega 10, comprise entre 27 et 30%, alors que ce dernier lors de nos tests en 2017, ne comptait qu'entre 22 et 26% de mieux que Fiji. Pas de refonte l'architecture cette fois, mais une bande passante mémoire plus que doublée et des fréquences de fonctionnement / latences en progrès, pour une hausse de performance, finalement supérieure.

 

 

• AMD RADEON VII

Annoncée à un tarif de 699 $ soit 739 € TTC avec 3 jeux en France, c'est exactement le prix officiel de la RTX 2080 (incluant 2 jeux), hors Founders Edition. A ce tarif voire un peu moins cher (premier prix à 680 €), on trouvera côté vert principalement des modèles d'entrée de gamme, avec des PCB moins travaillés et intégrant des éléments de qualité inférieure, le différentiel de consommation expliquant aussi une partie de ce traitement moindre. La finition sera également à l'avantage du modèle rouge, puisque ce dernier n'est pas loin à ce niveau d'une Founders Edition (qui reste un ton au-dessus tout de même selon notre perception) 100 € plus chère, et donc bien meilleure que les 2080 d'entrée de gamme. Attention toutefois à l'effet nouveauté et rareté qui pourrait conduire à des tarifs bien plus élevés en pratique, au moins les premiers temps.

 

Faut-il en conséquence opter pour le dernier modèle rouge ou au contraire la verte ? Tout dépendra des priorités de chacun, mais aussi des tarifs réellement pratiqués et de la disponibilité. Commençons par l'argument principal en faveur de la nouvelle-née, à savoir sa capacité mémoire de 16 Go, forcément bien plus rassurante pour l'avenir que les 8 Go accompagnant la RTX 2080. Certes, sauf très rares exceptions (qu'AMD s'est empressé de mettre en évidence, c'est le jeu ma pauvre Lucette), ce n'est pas un avantage pour l'heure en termes de performances, mais qu'en sera-t-il dans quelques mois ? Nous ne pouvons pas décemment regretter durant le test de la concurrente, le conservatisme des verts à ce niveau et trouver inutile le doublement de cet élément quelques mois plus tard.

 

La RTX 2080 aurait dû intégrer par défaut 16 Go de mémoire vidéo, NVIDIA s'y est refusé pour des raisons de coûts déjà élevés, mais il était possible de baisser un peu la marge et pérenniser davantage cette carte facturée tout de même 750 € minimum à son lancement, en la dotant d'une capacité mémoire future proof. Ce point aura probablement coupé plus d'une envie d'achat. Il est important de noter par contre que tout comme la RTX 2080, la Radeon VII s'avère juste pour jouer confortablement en UHD dans un certain nombre de jeux au max. Il faudra en conséquence réduire la voilure côté détails voire définition, limitant ainsi la charge côté mémoire et atténuant encore davantage l'intérêt des 16 Go. La RTX 2080 peut de son côté profiter potentiellement de l'apport du DLSS, afin de limiter davantage son besoin en mémoire tout en améliorant ses performances.

 

Enfin, il est absolument impossible de passer sous silence le bruit généré en charge et qui constitue une énorme déception. Quel dommage d'opter pour un refroidisseur à 3 ventilateurs et finalement en arriver à un résultat encore plus bruyant que la génération précédente utilisant une turbine, tout en consommant moins. La surface réduite du die, donc plus difficile à refroidir, explique peut-être ce fait. Comme il n'existe que ce modèle, au moins pour quelque temps, il faudra faire avec pour ceux qui franchiront le pas. Le choix dépendra  donc uniquement des priorités de chacun : faut-il opter ou non pour une carte bruyante, légèrement moins performante en moyenne et ne supportant pas les dernières technologies (DXR, VirtualLink, etc.), mais qui embarque deux fois plus de mémoire, à l'utilité discutable actuellement ? Chacun pourra faire son choix en connaissance de cause.


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Nous remercions naturellement nos partenaires pour la mise à disposition du matériel de test

 

 

• Côté street price, ça dit quoi ?




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