Occire les DRM demeure le sacerdoce de GOG |
————— 14 Janvier 2026 à 07h42 —— 366 vues
Occire les DRM demeure le sacerdoce de GOG |
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Parmi les évènements de fin d’année ayant affecté le monde du gaming, le délestage de GOG par CD Projekt Red relevait plutôt du non-évènement. Et pour cause : la plateforme de distribution de jeux est tombée dans les mains de l’un de ses cofondateurs, Michał Kiciński. Dans sa déclaration d’intention, celui-ci a promis de rester fidèle à l’approche pro-consommateur et de poursuivre la chasse aux DRM. Il est revenu sur ses motivations dans un entretien accordé à GamesIndustry.biz.

L’échange est dense ; nous nous limiterons ici aux points qui nous paraissent les plus pertinents. Pour commencer, comme prévu par les termes du rachat, les titres de CD Projekt Red continueront d’être proposés sur GOG pour au moins les six prochaines années. Sans trop s’avancer, cette période couvrira donc a minima la sortie de The Witcher 4 (toujours sans date officielle, mais les sites spécialisés l’envisagent vers 2027), voire celle d’un hypothétique Cyberpunk 2, alias Project Orion, anticipé pour le début de la prochaine décennie. Malgré ces gros AAA à venir, Michał Kiciński entend surtout mettre en lumière les scènes indie et rétro, faire la part belle au Game Preservation Program, ainsi qu’à la politique du sans DRM.
Face à Steam et son record récent de plus de 42 millions d’utilisateurs simultanés, qu’il qualifie volontiers de Goliath, miser sur les forces propres de GOG constitue, selon lui, la seule voie viable et pérenne. Pour Michał Kiciński, la domination écrasante de Valve (il estime à 80 % les parts de marché de Steam) n’est pas tant un obstacle qu’une opportunité. Il entend capitaliser sur les atouts de GOG afin de se distinguer sur son segment, à savoir celui des classiques et des classiques modernes (si vous savez ce qui les distingue, n’hésitez pas à éclairer notre lanterne !). Pour autant, en dépit de ce positionnement, la plateforme ne ferme pas ses portes aux jeux récents. Elle en propose même de très populaires. Pour l’année écoulée, Kiciński en cite trois : Clair Obscur: Expedition 33, Hollow Knight: Silksong et Kingdom Come: Deliverance II (lequel est d’ailleurs soldé à 50 % jusqu’au 19 janvier, soit un prix de 29,99 euros).
Concernant l’engagement en faveur des jeux dépourvus de DRM, l’un des piliers fondateurs de la plateforme, Michał Kiciński affirme que celui-ci perdurera. « C’est une valeur fondamentale de GOG, et rien n’indique qu’elle puisse disparaître dans un avenir prévisible. Ce n’est pas seulement une valeur éthique, c’est aussi une approche très pragmatique. Elle permet aux joueurs de profiter de leurs jeux quelles que soient les évolutions du logiciel fourni par la plateforme ou la qualité de leur connexion Internet […] quand ils le souhaitent — et sans que personne ne puisse les leur retirer. »
Michał Kiciński balaie l’argument de la protection contre le piratage. Il le considère comme un prétexte, car « les jeux sont piratés de toute façon, souvent dès le premier jour ». Selon lui, les DRM ne servent bien souvent qu’à « satisfaire les ayants droit ». D’un point de vue patrimonial, il rappelle enfin que « moins il y a de logiciels tiers autour d’un jeu, mieux c’est pour sa pérennité ».
Sa démarche s’inscrit ainsi dans un cadre plus large de préservation du jeu vidéo ; une demande et une inquiétude incarnées ces derniers mois par la campagne Stop Killing Games. Sur cette thématique, GamesIndustry.biz cite d’anciens propos de Bartosz Kwietniewski, responsable du développement commercial de GOG. Pour ce dernier, l’idéal ne serait pas seulement de préserver de vieux jeux, mais aussi de les remastériser « pour leur rendre justice ». Il cite en exemple le travail de Nightdive autour de System Shock. Rien, en revanche, sur les ravalements de classiques à grand renfort de RTX via les outils NVIDIA !
Enfin, si vous vous interrogez sur la politique tarifaire de GOG, les redevances sont définies au cas par cas, plutôt que selon la règle du 70/30 assez usuelle. Cette approche offre davantage de flexibilité et permet, aux dires de l’intéressé, d’instaurer une relation de confiance avec les éditeurs. Une souplesse rendue possible aussi par le fait que « GOG est une plateforme très éditorialisée. C’est, je pense, l’une de nos forces : nous ne publions pas des centaines de jeux chaque jour, dont 95 % seraient de qualité médiocre ». Alors, pas d’épée tirée, mais tout de même une pichenette.
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