MAJ 13:50 : le "drame" n'aura finalement pas duré bien longtemps (et c'est tant mieux), puisque le Chrome Web Store a rouvert ses portes à l'extension, suivant le simple retrait de la permission d'écriture sur le presse-papier de son code par le développeur.


ClearURLs est une extension de navigateur permettant de dégager les éléments de tracking d'une adresse afin de protéger sa vie privée lors de la navigation — éléments qui rendent celle-ci parfois trèeeees longue, beaucoup de sites les ajoutent pour marquer l'activité en ligne. Ceux-ci sont parfaitement superflus et ne sont pas indispensables au bon fonctionnement d'un site. L'add-on est probablement l'un des plus complets et efficaces de sa catégorie, puisque son fonctionnement repose sur pas moins de 250 règles. Chez Mozilla, l'extension détient même le badge « Recommended » de Firefox. Elle est également disponible pour Edge chez Microsoft. Mais de son côté, Google a soudainement décidé l'autre jour de retirer ClearURLs de son Web Store pour Chrome ! Une installation manuelle via GitHub serait toujours possible, mais l'activation de l'extension ne fonctionnerait pas chez tout le monde.

 

clearurls logo

 

Dans un email envoyé au créateur Kevin Roebert, Google justifie sa décision en pointant à la fois des informations manquantes, fallacieuses et trop explicites dans la description de l'add-on et de ce fait aurait violé les règles du Chrome Web Store. Par exemple, Google reproche le fait d'avoir mentionné les noms/pseudos de tous les contributeurs à la conception de l'extension et affirme que cela peut porter à confusion. Ensuite, il est aussi reproché un manque de clarification sur certaines fonctionnalités qui n'auraient pas été mentionnées dans la description (ce que l'auteur réfute). Enfin, Google réclame que ClearURLs fait inutilement usage de la permission clipboardWrite (utilisé initialement pour écrire les liens propres via le menu contextuel dans le presse-papier, mais l'auteur a affirmé que celle-ci est une « relique » d'une ancienne version et n'est plus nécessaire aujourd'hui).

 

Il parait difficile de croire que ClearURLs était (déjà) réellement en mesure de menacer le modèle d'affaire de Google et d'avoir un impact sur son revenu (que les Adblocker auraient au final tout de même réussi à affecter), même s'il est supputable que l'entreprise pût ne guère apprécier l'action de l'extension. Apparemment, ce ne serait néanmoins pas une première, un add-on plus basique, mais du même genre, Pure URL aurait également été banni du Chrome Web Stre pour des motifs similaires il y a environ un an et n'a jamais été réintégré.  D'un côté, n'importe quel utilisateur réellement soucieux du traçage ne devrait probablement pas utiliser Chrome... L'hypothèse d'un excès de zèle d'un modérateur un peu mal luné est potentiellement valable aussi. Néanmoins, pendant que certains soulèvent le fait qu'il s'agit d'un nouvel exemple de la toute puissance inacceptable de Google et de Chrome sur les standards du web et de son orientation, et que cela n'a fait que renforcer leur faveur pour un concurrent (Firefox en tête), il convient de noter que certains commentaires avancent aussi l'existence d'une faille dans ClearURLs qui permettrait une exécution de code arbitraire par le fournisseur du filtre, en redirigeant les URL des scripts vers des sources arbitraires.

 

erreur 404 google web store chrome

 

L'auteur est clairement convaincu qu'il a touché un point sensible chez Google, le porte-monnaie et une source de revenu, et qu'il s'agit de la seule vraie raison de ce bannissement soudain. En attendant, il a fait connaître son objection et effectué les corrections pour se conformer aux points critiqués par Google, mais sans succès pour l'instant. (Source : Computerbase, BleepingComputer, GitHub)


Un poil avant ?

Hardware Pr0n • Carton et PC, ça marche aussi !

Un peu plus tard ...

Comment s'est porté le top 10 des concepteurs de semiconducteur fabless ?

Les 13 ragots
Les ragots sont actuellement
ouverts à tous, c'est open bar !