Face à l’appétit des centres de données, Intel rationne ses puces grand public |
————— 26 Janvier 2026 à 14h28 —— 396 vues
Face à l’appétit des centres de données, Intel rationne ses puces grand public |
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Commençons la semaine par une litote : pour les PC desktop, la situation en ce début d’année 2026 n’est pas idéale. Le trio qui régente le marché en Occident n’a rien annoncé de neuf au CES. En temps normal, ce genre d'accalmie permet aux prix de se tasser. Un phénomène contrebalancé par l’inflation qui frappe de nombreux composants, à commencer par les cartes graphiques et la RAM. Bref, le contexte risque d’en dissuader plus d’un de mettre à niveau sa configuration.

Lip-Bu Tan © Intel
Sur le marché des laptops, le tableau n’est guère plus réjouissant. Avec ses Ryzen AI 400, alias Gorgon Point, AMD s’est contentée de recycler son ancienne gamme. L’entreprise semble d’ailleurs déterminée à poursuivre sur cette voie tout au long de l’année, avec des Gorgon Halo qui ne seraient que des Strix Halo réchauffés, servis en dessert d’ici quelques mois. La situation est un peu plus favorable chez Intel, qui s’apprête enfin à livrer, longtemps après les avoir présentés, ses Panther Lake. Nonobstant, à court terme, le marché grand public n’est pas la propriété de la firme.
C’est ce qui ressort des propos tenus par David Zinsner, CFO d’Intel, lors de la présentation des résultats financiers du quatrième trimestre 2025. Déjà, les perspectives de la société pour le premier trimestre 2026 se sont révélées inférieures aux attentes. Un pessimisme qui s’est traduit par un net plongeon du cours de l’action en fin de semaine dernière.

Dans les grandes lignes, David Zinsner a expliqué que la demande des hyperscalers pour les produits Intel était en hausse. Une appétence qui semble antinomique avec l’observation qui précède ; cette dernière s’explique par l’incapacité de l’entreprise à suivre la cadence. Concrètement, Intel fait face à une pénurie de processeurs Xeon au sein de son groupe Data Center and AI (DCAI). Pour y répondre, la firme a décidé de revoir son allocation de wafers, en redirigeant une partie des ressources du Client Computing Group (CCG) vers la production de CPU Xeon. Voici les propos tenus par David Zinsner ; vous apprécierez en particulier la deuxième phrase :
Les deux divisions [DCAI et CCG] seront impactées par les contraintes d’approvisionnement. Évidemment, nous réallouons autant que possible vers le data center pour répondre à la forte demande, mais nous ne pouvons pas complètement abandonner le marché client. Nous essayons donc de soutenir les deux au mieux et, bien entendu, de résoudre progressivement ce problème de capacité. Je pense que le premier trimestre constitue le point bas. L’approvisionnement s’améliorera au deuxième trimestre. Une partie de la difficulté vient du fait qu’aux troisième et quatrième trimestres 2025, nous avons fonctionné en grande partie sur les flux d’approvisionnement, tout en disposant d’un stock significatif de produits finis à écouler. Malheureusement, celui-ci est désormais tombé à environ 40 % de son niveau maximal.
Intel fabrique ses Xeon 6, à savoir les Granite Rapids et Sierra Forest, dans ses propres usines, sur les nœuds Intel 7 et Intel 3. Pour les Panther Lake, qui relèvent naturellement de la division CCG, l’entreprise exploite le 18A pour la tuile de calcul, tout en externalisant celle des entrées/sorties chez TSMC.
En revanche, l’Intel 3 est utilisé pour la GPU tile de deux des trois déclinaisons de Panther Lake (les deux plus frêles). La version dotée de 12 cœurs Xe3 est, elle, entièrement confiée à TSMC. Difficile de déterminer dans quelle mesure ces deux tiers de la gamme pourraient voir leur production « sacrifiée » au profit des Xeon. Mais en cas de conflit d’allocation, la priorité d’Intel semble assez claire. Enfin, les Xeon 7, à savoir Diamond Rapids et Clearwater Forest (déclinaisons respectivement axées P-cores et E-cores), attendus pour 2026, reposent pleinement sur le nœud 18A.

Pour les puces desktop actuelles, les Arrow Lake, TSMC est aux commandes pour l’ensemble des tuiles. Quant à la suite, Nova Lake, en 18A, Lip-Bu Tan, le PDG d’Intel, a confirmé lors de cette présentation une arrivée « fin 2026 ». Cette gamme Core Ultra 400 introduira le socket LGA-1954 sur le segment desktop — en attendant, Intel devrait faire patienter avec des Arrow Lake Refresh. Nova Lake visera également le marché des laptops. Dans tous les cas, comme l’illustre la citation de Lip-Bu Tan ci-dessous, il s’agit toujours d’une projection à long terme :
Avec notre prochaine génération Nova Lake, attendue pour la fin de l’année 2026, nous disposons désormais d’une feuille de route côté client qui associe des performances de premier plan à des solutions optimisées en coûts. De quoi me donner confiance dans notre capacité à renforcer nos parts de marché et notre rentabilité, aussi bien sur les ordinateurs portables que sur les PC de bureau, au cours des prochaines années.
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