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Après tout, suivant l'explosion de la bulle, la question est désormais parfaitement légitime et elle inquiète de plus en plus, outre celle concernant l'impact environnemental de toute cette activité. En effet, énormément de projets ont été lancés ces deux dernières années dans le sillage de la pandémie et de la pénurie de semiconducteurs, accompagnés d'un véritable boom de la construction d'usines un peu partout dans le monde !

L'Industrial Technology Research Institute, un organisme sponsorisé par le gouvernement taiwanais a conclu que ce sont pas moins de 41 usines de semiconducteurs qui seront construites ou dont la construction démarrera au fil des 3 prochaines années, ce qui correspondrait approximativement à la capacité de production de wafers 300 mm actuelle de Taiwan ! Et cela fait autant d'installations qui auront une très grande soif d'eau et d'importants besoins en électricité, quand bien même les grands fabricants se sont tous engagés à respecter les régulations environnementales et les objectifs climatiques, en pratique, ce n'est malheureusement pas toujours aussi simple...

 

intel az groundbreaking pat gelsinger

 

Sur ces 41, 9 grands complexes, huit usines 300 mm et une usine 200 mm sont planifiés rien qu'aux USA par des acteurs tels qu'Intel, Samsung, TSMC, Micron, Globalfoundries, Texas Instruments et d'autres. Vous trouverez plus d'informations sur qui construit quoi, ici. Ces projets sont évidemment à placer dans le cadre de la volonté américaine de reprendre son titre de centre du monde du semiconducteur, mais aussi d'une volonté politique de réduire absolument sa dépendance vis-à-vis de l'Asie. Ces projets ont naturellement été en grande partie motivés par les diverses incitations financières assumant parfois une partie importante des coûts, comme le Chips Act. Il est donc « logique » à que les entreprises en profitent maintenant pour préparer leur avenir, afin de ne pas manquer cette belle chance de piocher allègrement dans les fonds publics.

La situation n'est pas tellement différente en Europe, mais à une tout autre échelle. Des projets dont nous avions parlé, il y a celui d'Intel et de STM avec GlobalFoundries, et tous deux profiteront du Chips Act européen, entre autres aides plus locales. Les 30 autres usines planifiées comprennent des installations de tous types et dont une grande partie poussera principalement en Asie, notamment en Corée du Sud (Samsung, SK Hynix), à Taiwan (TSMC) et au Japon (TSMC et Sony).

 

Bon, bien que tout cela soit légitime, qu'une entité taiwanaise cherche à inquiéter le reste du monde ne surprendra pas trop non plus. Après tout, Taiwan craint déjà d'y perdre son fameux « silicon shield », une stratégie de défense (jugée dépassée par certains observateurs) exploitant la dépendance de la Chine et des USA en semiconducteurs taiwanais. N'oublions pas que le fondateur de TSMC a récemment aussi été très critique vis-àv-vis des ambitions des autres régions du monde en matière de semiconducteur, notamment celles des USA, qu'il a carrement estimé être voué à l’échec.

D'une autre côté, l'on peut faire confiance aux différents acteurs pour trouver la parade nécessaire afin de protéger leurs intérêts et modérer ce qui doit l'être. Par exemple, face au ralentissement du marché, Intel a déjà prévenu qu'il va continuer la construction des « coquilles » des usines, mais que l'équipement n'y sera installé qu'en fonction des besoins. Enfin, on imagine que la cadence de production de toutes les usines existantes pourra également toujours être ajustée jusqu'à un certain point...

 
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