Voilà, c'est officiel ! Après s'être occupé d'abord de renforcer sa présence aux États-Unis (d'abord en Arizona, puis en annonçant une nouvelle grande installation en Ohio), voilà que le fondeur a levé le voile sur le volet européen de la vision de Pat Gelsinger, et celui-ci porte désormais un nom : Silicon Junction ! 

 

intel : silicon junction [cliquer pour agrandir]

 

La partie la plus importante de ce projet sera la construction d'une « Mega Fab » de pointe en Allemagne, à Magdeburg (la dernière rumeur fut donc bonne), mais il s'agira aussi de construire un nouveau centre de R&D et de conception en France, et d'investir pour la R&D, la production et les services de fonderie en Irlande, Italie, Pologne et Espagne. En somme, l'objectif de fond est d'élaborer un véritable nouvel écosystème du semiconducteur en Europe et de contribuer à l'objectif européen de récupérer 20 % des parts de la production mondiale de puces d'ici 2030, tout en réduisant simultanément sa dépendance de la chaine d'approvisionnement mondiale, sans pour autant espérer atteindre une autonomie totale, jugée impossible. 

 

Magdeburg deviendra ainsi le nouveau centre névralgique de l'activité d'Intel en Europe et tiendra le rôle de hub du projet Silicon Junction. Ce sera une base importante pour la capacité de production d'Intel, pour lui-même et la future clientèle d'IFS dans le cadre de la stratégie IDM 2.0, puisqu'elle accueillera deux usines de pointe « premières du genre » prévues pour exploiter les futures technologies les plus avancées d'Intel, y compris celles de l'ère Ångström. Cette installation coutera environ 17 milliards de dollars, créera environ 3000 emplois permanents hautement qualifiés et bon nombre d'emplois indirects. La planification a déjà commencé, la construction devrait démarrer au début de l'année prochaine et la production est prévue pour démarrer en 2027. 

 

Le rendu 3D de la future gigafab allemande ! [cliquer pour agrandir]

 

En parallèle, Intel va aussi allouer 12 milliards de $ à l'expansion et la modernisation de son usine irlandaise à Leixlip, dans l'idée d'en faire un centre de production avec le procédé Intel 4 (7 nm). Précisons qu'Intel avait déjà annoncé un investissement pour ce site en janvier, on ne sait pas si la nouvelle somme vient en complément des 7 milliards de $ avancés à ce moment-là, ou si Intel a « simplement » augmenté la somme de 5 milliards au montant original. 

Enfin, comme spéculé, l'Italie aussi va recevoir des faveurs du géant américain. D'abord avec la construction d'une usine de fabrication « back-end » de pointe - elle aussi « la première du genre » pour 4,5 milliards de $ et dont les opérations devraient démarrer entre 2025 et 2027. Intel n'a pas dit où se situerait cette usine, il est probable qu'Intel attende de pouvoir compléter son acquisition de Tower Semiconductor avant de choisir un site de construction, Tower étant impliqué dans un partenariat conséquent avec le franco-italien STMicrolectronics, qui possède une fab à Agrate Brianza (et va d'ailleurs aussi renforcer son activité en Europe). Intel a bien précisé que c'est justement sur cette acquisition qu'il veut en partie fonder ses ambitions italiennes. 

 

Ce n'est pas fini ! Produire, c'est bien, mais d'abord et en parallèle il faut aussi rechercher et développer, et faire plein d'autres trucs au moins aussi importants ! La France va ainsi accueillir le nouveau hub R&D d'Intel en Europe à Plateau de Saclay, notamment pour le HPC et l'IA. Celui-ci sera à terme animé par 1000 employés hautement qualifiés, dont 450 d'ici là fin de 2024. C'est toujours en France que le fondeur va installer son premier centre européen de conception pour son service de fonderie et sa clientèle IDM 2.0, présente et future, locale et internationale ! Cocorico !

En Pologne, où se trouvent déjà des installations inteliennes à Gdansk, le fondeur investira pour augmenter de 50 % l'espace de son laboratoire d'ici 2023 et booster la conception de solutions pour l'audio, la graphique, le cloud computing et les réseaux neuronaux. 

Avec tout ceci, l'intention sera également de renforcer les relations avec les différents instituts de recherche en Europe, comme l'IMEC, l'Université Technique de Delft, la CEA-Leti et l'Institut Fraunhofer, et d'en créer de nouvelles, par exemple en Italie avec l'INFN et la CINECA, notamment dans le cadre du projet du superordinateur européen Leonardo - censé entrer en service fin 2022. Idem en Espagne où Intel avait déjà collaboré avec le Barcelona SuperComputing Center pour une architecture exascale. Les deux partenaires envisagent désormais la construction de laboratoires communs à Barcelone et la conception d'une archecture zettascale ! 

 

 

Voilà, voilà, ça en fait des choses ! On récapitule : 17 + 12 + 4,5 = 33,5 milliards de $ ! La somme qu'Intel va donc engouffrer pour l'aspect « production » du projet Silicon Junction au fil des prochaines années ! Le montant réservé pour tout le reste n'a pas réellement été détaillé par le fondeur, mais l'on sait que la somme totale de l'investissement européen pourra atteindre les 80 milliards de dollars. Bien entendu, vous vous doutez bien que tout ne sortira pas que des poches d'Intel, sa décision ayant sans nul doute été motivée par la carotte du Chips Act européen et de son enveloppe de 43 milliards de $ réservée au semiconducteur, sans oublier qu'il y aura certainement aussi des subventions et autres avantages concédés au niveau national dans chaque pays ciblé.

Avec ceci, les dirigeants européens auront surement apprécié le fait qu'Intel ni ne retarde ni n'annule ses plans étant donné les incertitudes liées au conflit en Ukraine, ce qui serait la preuve que le fondeur espère bien qu'il y aura une résolution sans débordement désastreux et destructif pour le reste du continent - ce que nous espérons naturellement tous. 

 


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