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Test • MSI Cubi NUC AI 1UMG
Relevés HWInfo lors du test MT Cinebench 2024

Peu bruyant, peu énorgivore

Pour la chauffe, notre caméra thermique, de nature assez capricieuse, a cette fois tout bonnement refusé de fonctionner. Peut-être était-elle en pleine trêve des confiseurs. Faute de mieux et le temps de la remplacer, nous allons donc nous fier à nos sens.

Sachez que même après plusieurs minutes de stress test OCCT, le transformateur n’est pas du tout chaud ; à peine tiède. Idem pour l’air expulsé en sortie. Ne comptez pas sur ce Cubi pour vous réchauffer en hiver.

cubi avec transformateur externe

À défaut de cliché thermique, jaugez au moins de la taille du transfo (bien surdimensionné) par rapport à celle du Cubi !

Quelques relevés viennent confirmer cela. Le comportement du CPU est le suivant : un pic initial à 34–35 W de consommation, pour 58 W à la prise sur l’ensemble du système. Très rapidement, en quelques dizaines de secondes tout au plus, le processeur se stabilise autour de 28–29 W, tandis que la consommation globale oscille entre 49 et 52 W à la prise. La température CPU se maintient alors à 70–72°C (73°C ci-dessous, mais nous donnons une moyenne pondérée par d'autres tests et d'autres logiciels), y compris après plusieurs minutes de charge continue. Nous avons observé ce comportement aussi bien dans les tests Cinebench que lors du stress test OCCT. Bizarrement, dans le gestionnaire des tâches, le taux d’utilisation du CPU plafonne autour de 8x %, même en charge maximale.

Relevés HWInfo lors du test MT Cinebench 2024 [cliquer pour agrandir]

Dans des scénarios plus légers, la machine se montre frugale : environ 11 W en idle, dont 4 à 6 W pour le CPU. La consommation grimpe à une vingtaine de watts lors de la navigation sur Internet, et à 31–32 W pendant la lecture d’une vidéo YouTube.

Côté acoustique, le Cubi se montre discret : 36,7 dBA au repos à une vingtaine de centimètres, 34,6 dBA à une cinquantaine. En pleine charge (stress test OCCT), nous relevons 41,1 dBA à 20 cm et 36,9 dBA à 50 cm. Les nuisances sonores restent donc à un niveau à peine perceptible ; aucun son strident ou désagréable à signaler. À l’issue du stress test, le système ne met qu’une quinzaine de secondes à redescendre progressivement en régime.

Précisons tout de même que ces mesures ont été réalisées dans une pièce relativement fraîche, avec une température ambiante de 18 à 19 °C.

Verdict

Comment retrouver le goût de conduire une Clio 3, ici un Meteor Lake, quand on a posé les mains sur le volant d’une Clio 4, à savoir un Lunar Lake ? Comment s’éprendre d’une jeune femme ou d’un jeune homme de 20 ans quand on a succombé au magnétisme d’une ou d’un octogénaire (remarquez, sur ce point, c’est peut-être l’inverse ; à vérifier) ? En faisant abstraction du fait que ces versions, ces générations, existent ?

L’exercice a un sens lorsqu’on n’a tout simplement pas les moyens de s’offrir une Clio 4 ou de séduire un ou une octogénaire. Mais ici, nous parlons d’un mini-PC. D’un bien que, par définition, vous avez les capacités financières d’acquérir — sans quoi vous ne l’achèteriez tout simplement pas — ou pour lequel le modèle supérieur nécessite une rallonge qu’un budget, disons, pas totalement ric-rac, peut absorber. Dans ces conditions, faire abstraction de ce qui existe à côté relèverait moins de la rationalité que de l’aveuglement. L’objectif reste de dépenser son argent le plus judicieusement possible.

Or, sur les quelques boutiques en ligne que nous avons consultées, la version de notre Cubi dépasse les 1 000 euros. Le modèle équipé d’un Core Ultra 5 135H se situe plutôt entre 850 et 1 000 euros, tandis que les déclinaisons barebone sont plus accessibles (mais tout de même 801 euros chez PC Compotentes, pour un Cubi sans SSD ni RAM). Pour nous en tenir à la machine testée, cela fait une ivresse onéreuse. Sans vous recommander de succomber à la Villageoise, il est possible de trouver au moins aussi bien pour moins cher. Parfois au prix, certes, d’un encombrement supérieur.

Concrètement, nous émettons de sérieuses réserves quant à la capacité de l’iGPU à tenir la baraque sur le long terme dans le cadre d’une configuration certes mini-PC, mais toujours desktop. Le Cubi testé offre une partie CPU solide, mais un iGPU clairement à la peine ainsi qu'une NPU encore largement anecdotique, et de toute façon très limitée. Cela nous fait douter de la pérennité du système pour des charges de travail liées à l’IA, pourtant vantée. D’autant plus que, y compris sur les récents Panther Lake, l’essentiel des fameux TOPS mis en avant dans les diapositives marketing provient du GPU. Cela se vérifie aussi bien dans les benchmarks que dans les applications.

Dans le fond, ce n’est ni le Cubi ni MSI qu’il faut blâmer, mais bien Intel. Le mini-PC est mignon, bien construit, fonctionnel — certes un peu chiche en connectique, mais c'est la contrepartie du form factor. Nous ne pouvons en dire autant du Core Ultra 7 155H, lequel nous apparaît comme une puce mal équilibrée : un CPU costaud combiné à un iGPU faiblard qui tire l’ensemble vers le bas. Un bodybuilder aux biceps hypertrophiés, mais aux cuisses de poulet. Redoutable au curl barre, mais limité au squat. Donc, in fine, inapte au soulevé de terre, le mouvement le plus utile dans la vie de tous les jours. Bref, cet iGPU nous semble être la véritable épine dans le pied du processeur ; l’élément qui handicape déjà le mini-PC et qui l’avilira dans un nombre croissant de tâches. Autant dire que nous ne souscrivons pas à l'assertion Prêt pour le futur présente sur le site de MSI.

Enfin, si ces petites machines, en particulier celles équipées de puces récentes, voient souvent leur facture s’envoler, celle de ce Cubi le situe dans une tranche de prix où les alternatives commencent à être nombreuses.

cubi nuc ai 1umg dessus

Format NUC originel

Discret et bien conçu

Partie CPU solide

L'iGPU à la traine

Connectique limitée, form factor oblige

Ce Cubi NUC AI 1UMG, bien construit et discret, peut s'avérer une solution pertinente pour un client léger. Il n'aura aucun mal à s'intégrer sur un bureau ou à se faire oublier. Mais s'il ne démérite pas sur tous les plans, son Core Ultra 7 155H est pénalisant : un CPU toujours performant, mais un iGPU trop faible complété par une NPU qui tient davantage du symbole que d’un réel atout, forment un ensemble déséquilibré.

À plus de 1 000 €, la recommandation pose donc question. D’autant que des alternatives, peut-être plus encombrantes, offrent en contrepartie une proposition plus polyvalente à budget équivalent, voire inférieur. Si vous le trouvez 30 % moins cher, en revanche, le choix sera plus sensé, surtout pour des tâches légères à modérées.

En l'état, pour ceux qui ne regardent pas à la dépense, nous ne pouvons que conseiller d’allonger un billet supplémentaire pour aller chercher un modèle en Lunar Lake. Pourquoi pas le Cubi NUC AI+ 2MG, proposé avec un Core Ultra 7 258V, 32 Go de RAM, et 1 To de stockage, aux alentours de 1 250 euros ?



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