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Test • MSI Cubi NUC AI 1UMG

Fini de jouer

Les iGPU des Lunar Lake et Arrow Lake s’en étaient relativement bien sortis lors de nos précédents tests. Ils accordaient des conditions de jeu correctes compte tenu du format et du public visé, a priori pas gamer. Retrouver un Meteor Lake en Xe-LPG rappelle en revanche que cette génération faisait office de brouillon.

cubi nuc ai 1umg ariere

Nous avons commencé par le benchmark intégré sous EGO Engine 4 de F1 2024 en 1080p / High, avec et sans ray tracing. Ce dernier utilise historiquement un pipeline de rendu hybride qui permet de basculer entre différentes techniques selon la charge. Sur petites configs, le moteur peut s'appuyer davantage sur du forward rendering, moins gourmand en bande passante mémoire que le full deferred, ce qui soulage les GPU avec peu de VRAM. Côté CPU, il utilise un modèle de threading plus traditionnel avec des threads dédiés à des tâches spécifiques : un thread principal pour la logique de jeu et le rendu, un thread pour la physique, un pour l'audio, un pour le streaming. Ce modèle, sans être excessivement dépendant du multicore, permet de l'exploiter sur les configs modestes en dépit d'un post-processing chargé, d'autant que Codemasters cible généralement les 60 fps stables du casual gamer, multi-plateforme oblige.

Sur le circuit d’Australie, le moins exigeant du lot, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 29 IPS de moyenne, 24 en minimum, 33 en maximum. Sous la pluie, la situation empire encore avec 23 IPS de moyenne. Rien de réellement jouable. Bahreïn, plus exigeant, enfonce le clou : 26 IPS de moyenne par temps sec, 20 IPS sous la pluie.

Le ray tracing ? À oublier : 9 IPS de moyenne, 11 IPS au mieux, 6 au pire ; expérience assortie de plusieurs CTD. Nous avons pu mener la séance à son terme au pays des kangourous après plusieurs sorties de piste, mais ne l’avons pas réitérée au Bahreïn.

Même en abaissant les réglages en Medium (sans RT, forcément), l’Australie plafonne à 38 IPS de moyenne dans le scénario le plus flatteur possible. À moins de tomber dans le 720p / Low sans AA, et encore, c’est injouable.

australie moyen sans rt soleil

1080p / Medium, circuit d'Australie, sous le soleil. Notez que l'iGPU a accès à 8,8 Go de RAM selon le Gestionnaire des tâches.

Passons ensuite sur le Source 2, via Counter-Strike 2, pour faire le même constat malgré le changement de paradigme et du deferred rendering complet. Plus axé compétitif, le moteur tourne avec un G-buffer conséquent, une forte compression des données, et une physique gérée par Rubikon en dépit d'un rendu moins complexe que le moteur précédant, puisqu'il vise un framerate élevé avec peu de post-processing.

Sur Dust 2, le Core Ultra 7 155H délivre 42 IPS de moyenne en High, avec des 1 % low à 33. En Low, sans AA, on grimpe à 77 IPS, avec des 1 % low à 52. Au prix d’un rendu franchement disgracieux. Même conclusion que ci-dessus.

Une fois n’est pas coutume, face à ces échecs successifs, nous avons voulu donner sa chance à Meteor Lake sur un moteur utilisant un rendu en forward rendering autrement plus basique puisqu'en 2D, et non en 3D temps réel. Direction Hades II et son moteur maison développé par Supergiant, lequel écarte les calculs géométriques complexes et mise sur des shaders de post-processing simples afin de tourner sur des configs modestes.

Notre Cubi s’en est mieux sorti : les premières zones tiennent les 60 IPS en 1080p / High, avec un GPU à 60-80 % suggérant un peu de marge pour la suite et des séquences plus surchargées visuellement. En 4K par contre, ces premières salles chutent à 33 IPS, avec un GPU saturé.

Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez que ce Core Ultra 7 155H équipe une console portable, la MSI Claw A1M, la première version de cette machine. Et que par rapport à des consoles équipées de Ryzen, ce processeur ne donne pas l'avantage au modèle MSI. Pas de miracles, avec des jeux PC un minimum exigeants, c’est toujours médiocre. Après, vous pouvez toujours apprécier un Brotato sur n’importe quel grille-pain. Pour autre chose, passez votre chemin.

Enfin, avec seulement deux ports USB disponibles, les sessions de jeu se sont accompagnées d’un autre petit jeu — celui des chaises musicales — entre manette, clavier et souris en Type-A. En conséquence, même pour du cloud gaming avec par exemple le mini-PC branché à la TV du salon, c’est une restriction à anticiper... Même si, vous l'aurez compris, cette machine n'est pas vraiment faite pour jouer.

Côté stockage

Pour le SSD, MSI a choisi le Western Digital SN5000S. Une vieille connaissance qui semble continuer d'attirer les intégrateurs. Pour rappel nous sommes en présence de NAND QLC 162 couches combiné à un contrôleur Polaris 3, un combo plutôt d'entrée de gamme et DRAM-less. Le SSD affiche un comportement tout à fait cohérent selon le profil de charge. Lorsqu’il est sollicité avec des profondeurs de file élevées, il exploite pleinement l’interface PCIe 4.0 avec 6,3 Go/s en lecture et 5,4 Go/s en écriture, tout en atteignant des niveaux d’IOPS élevés en accès aléatoires. Sur un profil Q1T1, plus représentatif d’un usage quotidien, les débits séquentiels restent corrects mais les performances sur des blocs 4K chutent avec un niveau d'IOPS assez modestes.

ssd cubi

crystaldiskmark 20251222223853

Queue depth assaisonné ↑ VS mono thread poivré ↓

crystaldiskmark 20251222225104

Une partie CPU solide

cinebench 2026 mt2Sous Cinebench 2024, notre exemplaire obtient 636 points en multithread et 100 points en single-thread. Le score ST est conforme aux moyennes observées (99-102 points), mais le MT est en retrait, certains 155H dépassant les 900 points. Les contraintes thermiques et énergétiques du châssis expliquent en grande partie cet écart, comme nous le verrons plus loin. Sous Cinebench 2026, nous relevons 2 717 points en MT, 568 en SC et 420 en ST. Ces chiffres serviront surtout de repères pour l’avenir.

En complément, nous avons effectué un run Geekbench 6. Il confirme ce qui précède avec 2 386 points en single-core et 9 815 en multi-core. Le ST est excellent, mais le score MT se frotte à des résultats à 11 000 ou 12 000 points réalisés par quelques laptops.

Pour rappel, nos NUC 14 Lunar Lake plafonnent sous les 600 points en MT sur Cinebench 2024, ce qui est logique pour leur CPU 8 cœurs / 8 threads (l’Ultra 9 288V). En ST, leurs 127 points matérialisent en revanche l’écart générationnel. L’Arrow Lake du NUC 15 Pro+ (Ultra 9 285H), gorgé de 16 cœurs, conserve quant la tête du trio en MT comme en ST (avec plus de 1 000 points en MT, et 131 en ST).

Sous 7-Zip, le Cubi affiche 71 035 MIPS, soit une position intermédiaire entre les Lunar Lake (~50 000) et Arrow Lake (~100 000) précités.

7zip2

Côté CPU, rien à redire : le Core Ultra 7 155H fait donc le travail, et le fait bien, malgré les contraintes du format.

Applicatif : dès que le GPU intervient, ça coince

Dans WebXPRT 4, le Meteor Lake reprend l’avantage sur Arrow Lake avec 322 points, contre 314. En revanche, les Lunar Lake dominent nettement avec leurs 369 points, obtenus grâce à leurs performances bien meilleures dans les catégories Photo Enhancement et Organize Album using AI.

web2

Sous UL AI Computer Vision, le verdict est sévère : 90 points en FP32 pour le Meteor Lake, contre 262 points pour l’Arc 140T d’Arrow Lake. Même gouffre sous PugetBench for Photoshop, avec 5 452 points pour notre Cubi, là où Lunar Lake et Arrow Lake dépassent respectivement 7 500 et 8 200 points.

ul procyon bench cubi

Pour de l’applicatif au quotidien dans un cadre professionnel, ces résultats mettent en évidence les faiblesses structurelles de l’iGPU Meteor Lake. Elles limitent fortement l’intérêt de cette configuration face aux générations plus récentes, alors que les usages modernes s’appuient de plus en plus sur l’accélération GPU.

Dans ce contexte, le format compact de la machine ne suffit pas à compenser ses lacunes. Sauf à disposer d’un budget très contraint — ce qui, avouons-le, sera peu courant dans ces gammes de prix pour un professionnel ayant besoin d’un tel PC pour son activité —, une configuration basée sur Lunar Lake, voire prochainement Panther Lake, apparaît ainsi comme bien plus pertinente.



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