• Verdict

Avant de livrer notre verdict, quelques mots sur le test et les difficultés rencontrées. En effet, la décision d'AMD de lever l'embargo simultanément sur 2 produits majeurs (Navi et Zen 2) nous parait pour le moins génératrice d'une pression inutile pour la presse comme pour la société, comme en témoigne la mise à disposition d'une nouvelle version de pilotes la vieille de cette publication. Le pire, c'est que ce choix ne permet pas forcément une couverture médiatique optimale, et qu'il est motivé par une pseudo symbolique correspondant au 07/07, les chiffres de la date représentant la gravure utilisée par les 2 produits... Nous vous laissons juges de ce point, faudra-t-il s'attendre à un futur lancement le 05/05 à l'avenir ?

 

Ce petit coup de gueule passé, également dû à l'heure tardive où nous écrivons ces lignes, nous comptons sur votre indulgence une fois encore quant aux éventuelles fautes en tout genre (orthographe/grammaire/frappes/saisies de valeurs dans les graphiques) qui pourraient émailler ce dossier, n'ayant pu profiter du temps nécessaire à leur correction. Nous tâcherons de régler tout cela au cours des jours qui viennent, prendre un peu de repos et compléter la partie architecture/fonctionnalités de ces cartes, puisqu'il y a beaucoup à dire à ce sujet. On ne félicitera bien sûr pas NVIDIA non plus, avec le lancement anticipé des SUPER pour couper l'herbe sous le pied du concurrent. Il était toutefois hors de question de ne pas tester tous les produits en concurrence sur ce segment.

 

Ceci étant dit, Navi est une évolution qui fera date du côté de l'équipe GPU des rouges, puisque pour la première fois depuis des années, cette architecture semble en capacité de poser quelques difficultés au caméléon. Le bond en efficience que l'on a connu du côté NVIDIA avec Maxwell, semble bien présent ici. Détaillons donc cela. 

 

Les 2 cartes Navi [cliquer pour agrandir]

 

 

• Navi 10 : efficience et 7 nm

navi10 mini

Lors de notre test de la Radeon VII en février, nous avions constaté que le nœud de gravure à 7 nm de TSMC employé par AMD, lui conférait un avantage substantiel au niveau de la performance des transistors, favorisant la montée en fréquence, tout en réduisant la consommation et la taille des dies, vu la densité de ce process. Malgré tout, cela n'était pas suffisant pour permettre aux rouges de rattraper leur retard sur les produits NVIDIA de même gamme, se contentant pourtant d'un procédé bien moins performant. Navi 10 remplit cette tâche avec bien plus de succès, puisqu'il a contraint les verts à enfin améliorer le ratio perf/€ de leur dernière architecture en date,  par l'entremise de la série SUPER. Toutefois, à contrario d'Intel, le caméléon ne s'est jamais endormi sur ses lauriers ces dernières années, ce qui explique la difficulté des rouges à prendre l'avantage dans le domaine des GPU malgré un procédé de gravure plus performant, comme il l'a fait avec brio au niveau des CPU. NVIDIA conserve encore un ascendant, même si le gap entre les deux concepteurs s'est très fortement réduit. Etant lui aussi fabless, rien ne l'empêche de migrer quand il le souhaitera vers ce nœud 7 nm. Ce sera probablement en 2020, afin de profiter de l'EUV qui devrait être enfin disponible en production de masse. En attendant, AMD peut profiter de cet avantage stratégique différentiel pour la production, lui permettant de lutter très efficacement, contre une architecture pourtant intrinsèquement plus performante. Ceci étant dit, RDNA apporte une évolution significative du mode de fonctionnement des unités calculs et de la façon de les alimenter. Cela permet aux rouges d'être enfin plus compétitifs sous les jeux DX11, y compris avec certains moteurs qui ne leur convenaient pas jusqu'à présent. La gestion mémoire plus évoluée, en particulier au niveau des mécanismes d'économie de bande passante et un nouveau cache L1, permet dans ce domaine aussi, de gros progrès côté rouge. En effet, les GeForce s'avéraient capables de lutter avec les Radeon, malgré un déficit flagrant de bande passante mémoire, réduisant d'autant les coûts de production des puces et PCB (design simplifié du fait d'un bus mémoire plus étroit). Cet avantage semble faire parti de l'histoire ancienne, en témoigne le passage à 256-bit du GPU de la RTX 2060 pour la version SUPER, afin de lutter à armes égales avec la RX 5700 utilisant la même mémoire ! À cela s'ajoute une remise à niveau des encodeurs et du moteur vidéo, afin de ne plus accuser de retard non plus sur son concurrent dans ces domaines. AMD peut même se prévaloir de disposer du premier GPU PCIe 4.0, même si l'avantage pratique est insignifiant en jeu. Tout cela est donc très positif, et augure d'une compétition plus serrée à l'avenir, puisque l'on peut espérer que les futurs créations vidéo-ludiques tirent davantage parti de RDNA, d'autant que cette dernière se retrouvera au sein des futures consoles. Navi 10 accuse toutefois quelques lacunes comparatives : l'absence d’accélération matérielle du Ray Tracing en est une, qui n'a peut-être pas un impact majeur à l'heure actuelle, mais qu'en sera-t-il quand les jeux AAA annoncés et le supportant se multiplieront, vu les annonces déjà faites ? Et ce d'autant plus que les futures consoles prendront à priori elles aussi ce chemin. AMD ne cache donc pas son intention de proposer d'autres puces le gérant à l'avenir, mais quid de celle testée ce jour pour les utilisateurs conservant leur carte quelques années ? L'absence de support du VRS, alors que ce dernier est d'ores et déjà annoncé du côté d'Intel, est là aussi un manque notable. Malgré tout, rien ne laisse penser que cela sera réellement pénalisant durant les prochains mois. Même sans ces supports, les RX 5700 devraient satisfaire leurs acquéreurs un bon moment.   

 

 

• AMD RADEON série 5700

Comment se positionnent les deux nouvelles venues au sein du marché actuel ? Avec le lancement de la série RTX SUPER, le tarif originellement annoncé s'est avéré inadapté, d'autant que les bundles comparés sont très largement déséquilibrés. Deux jeux AAA du côté vert, pour une valeur de 90€ contre un abonnement de 3 mois au Game Pass de Microsoft de l'autre côté, une offre à 15 € maximum. AMD n'avait donc pas d'autres choix que de réajuster ses tarifs, et cela avant même la commercialisation de ses nouveaux produits. La nouvelle tarification positionne les RX 5700 en phase avec la nouvelle réalité du marché, et rend du coup leur lancement plus serein. Pour ceux qui ne voit pas d'intérêt dans les technologies telles que le Ray Tracing ou celles liées à l'IA, ou tout simplement qui sont prêts à en faire le sacrifice, ces alternatives sont donc à regarder avec attention. Notons aussi que dans un premier temps, les comparaisons vont se faire entre modèles de référence, mais que les cartes seront rebattues avec l'arrivée des customs.

 

Ainsi, la RX 5700 est facturée officiellement 369,9 €, soit 54 € de moins que la RTX 2060 SUPER, annoncée à 424 €. La différence de bundle rapproche toutefois nettement les 2 cartes, d'autant que la dernière née des verts dispose d'un petit avantage au niveau des performances comme de la consommation. Rien de rédhibitoire toutefois, d'un côté comme de l’autre. S'agissant des 2 côtés des modèles de référence, notre préférence va à celui des verts du fait des nuisances sonores en charge bien moindres et d'un refroidisseur plus adapté à l'overclocking. Reste à voir ce qu'il en sera des cartes partenaires personnalisées. Enfin, la RTX 2060 constitue l'autre mâchoire de la tenaille, car si le MRSP est identique, sa commercialisation depuis belle lurette et la concurrence féroce entre marques, ont conduit ses tarifs aux alentours de 300 € pour les premiers prix, de quoi accepter des performances moindres vu l'économie engendrée.

 

Paradoxalement, la RX 5700 XT nous semble pour l'heure mieux placée que sa petite sœur, alors que c'est souvent l'inverse chez AMD. En effet, la baisse de prix la ramène au niveau de celui officiel la RTX 2060 SUPER (424 € des 2 côtés), alors qu'elle la devance de 7%, tout en s'éloignant du tarif de la RTX 2070 SUPER, qui est une compétitrice autrement plus musclée. Là aussi les différences de bundle pourront moduler ce constat, mais dans une certaine limite. Les nuisances sonores en charge et la possibilité d'overclocker sans perdre l'audition seront un autre atout des cartes de référence vertes face à celles des rouges, mais ce point ne s'appliquera qu'en l'absence de modèles customs, qui devraient arriver cet été. On pourra noter un différentiel de consommation important en faveur de la 2060 SUPER, pour ceux à l'âme écolo, mais cela n’entraînera pas de différences pratiques flagrantes. Reste à choisir selon les priorités et/ou affinités de chacun.


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Nous remercions naturellement nos partenaires pour la mise à disposition du matériel de test

 

 

• Côté street price, ça dit quoi ?

 




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