• Verdict

Nous voici au bout de ce dossier, alors nos hexacores bouleversent-ils totalement la donne d'un point de vue performances ? En fait pas vraiment mais pouvait-il en être autrement ? A chaque augmentation du nombre de coeurs dans un CPU, la conclusion est la même, le hardware est en avance sur le software. Bien sûr, il eut été possible de rechercher d'autres benchs clairement orientés multithreads ou taillés pour ce genre d'activités, reste que l'on utilise un CPU non pas pour réaliser des benchs ou solliciter toutes ses capacités, mais bien pour des tâches qui nous sont propres.

Ainsi, nous avons résumé dans ce test celles que nous jugeons les plus courantes pour le grand public et force est de constater qu'il est difficile de trouver à l'heure actuelle un intérêt indiscutable pour de tels CPU, pourtant l'un comme l'autre sont des réussites à leur niveau.

  


• Intel Core i7-980X

Wafer Lynnfield

Ce processeur a tout de la démonstration technologique, et force est de reconnaitre que pour une démonstration, c'est probant ! Imaginez un CPU avec 50% de transistors supplémentaires, un gain équivalent au niveau des coeurs d'exécution et du cache L3, pour une consommation du même ordre voire en légère baisse et ce malgré des fréquences de fonctionnement identiques. En fait ce petit miracle est à mettre sur le compte de la gravure des puces qui passe à 32 nm et qui prouve à quel point l'outil de fabrication bien maîtrisé  du fondeur de Santa Clara est une arme technologique redoutable.

Alors certes, comme nous l'avons précisé précédemment, les gains apportés par tant de coeurs ne sont pas toujours flagrants, reste qu'ils sont bien là et dés que l'offre logicielle commencera à les utiliser intensément, les écarts pourront alors devenir bien plus importants. Qui plus est, les fréquences qui n'ont  pas perdu un MHz en passant de 4 à 6 coeurs permettent d'obtenir (ou presque) les performances de l'ancien haut de gamme dans les cas de figure défavorables ne privilégiant pas le parallélisme.    


Core i5

On peut bien lui trouver un petit défaut d'ordre technologique, à savoir un contrôleur mémoire moins véloce, en application pratique les pertes qui lui sont imputables sont cependant limitées. Comme toute vitrine, il a par contre d'autres inconvénients bien plus importants, à commencer par une tarification tout bonnement injustifiable. Les 999$ de la série Extreme Edition doivent picoter ceux qui ont acheté par exemple un P4EE ou même un QX9650 lorsque l'on voit le nombre de processeurs bien plus rapides et moins chers disponibles à présent...

Certes de l'eau a coulé sous les ponts depuis leur lancement initial, reste que le surplus de confort apporté par un tel CPU à son lancement par rapport à un modèle plus accessible de même génération s'est bien évanoui depuis, et qu'un acheteur plus raisonnable ayant acquis plus régulièrement des CPU accessibles a depuis longtemps comblé et retourné très favorablement le déficit originel en sa faveur. Sans dépenser plus voir moins... Mais nous ne sommes pas ici pour juger de l'intérêt de cette gamme Extreme mais bien du Core i7-980X, et force est de reconnaitre que malgré cette prouesse technologique indéniable, il n'a à ce prix de l'intérêt que pour ceux qui ont de très gros moyens et qui veulent absolument détenir ce qui "se fait de mieux"..

Par contre, Gulftown est une puce très prometteuse et nous attendons avec impatience des déclinaisons moins rapides, mais beaucoup plus accessibles, d'autant que le potentiel de montée en fréquence (et donc d'overclocking) est impressionnant vu la complexité de la puce. On tempérera toutefois notre optimisme vu le peu de visibilité de la plateforme 1366 (ce n'est pas forcément mieux côté 1156), voir sa fin de vie annoncée avec la nouvelle architecture Sandy Brdidge prévue pour la fin d'année/début d'année prochaine et qui utilisera un nouveau socket. Au final, nous n'attribuons donc aucune récompense au Core i7-980X, mais nous décernons l'or au Gulftown pour cette réelle prouesse technologique, facturée pour le moment à prix d'or...

 

comptoir d-argent

 


• AMD Phenom II X6Box Intel

Autant Intel a adopté une démarche élitiste que son statut de leader incontesté des performances sur les CPU grand public lui permettait, autant l'approche d'AMD sur la conception de son hexacore s'est voulue pragmatique. Partant du constat qu'un nouveau procédé de gravure n'était pas encore disponible industriellement chez son associé GlobalFoundries, les 2 compères ont cherché à optimiser au maximum le procédé actuel en 45 nm. Le résultat est une indéniable réussite puisqu'à l'instar d'Intel, AMD propose un hexacore avec une enveloppe thermique similaire à celle de son Quad haut de gamme mais sans changer de gravure cette fois.

Comment diable est-ce possible ? En fait, d'une part si AMD a réussi à loger 2 nouveaux coeurs d'exécutions, contrairement à Intel, le cache L3 ne croît pas. D'autre part, la fréquence est revue à la baisse avec "seulement" 3.2GHz au compteur contre 3.4 au 965BE. Ceci combiné à l'amélioration du procédé de fabrication 45nm a permis d'abaisser la tension d'alimentation du CPU conduisant à une consommation similaire malgré l'ajout de 146 Millions de transistors au Phenom II X4 originel.


img_mini_die_thuban.jpgAMD a même repris le concept de Turbo Boost inauguré sur les Core i7 pour doper ses Phenom II d'une variante, puisque si les Core i7 disposent au minimum toujours d'un coefficient supplémentaire, au delà de 3 thread le TurboCore, puisque c'est son nom, est inactif sur le X6. Du côté des performances, sans que cela soit transcendant, la faute à un parc logiciel encore incapable de tirer partie d'autant de parallélisme, on se retrouve avec un CPU qui rapproche encore davantage le haut de gamme AMD du ... moyen de gamme Intel.

Ceci-dit,  les tarifs vont de pair et lorsque l'on se rappelle du lancement des Phenom (premiers du nom), difficile de ne pas trouver un sacré mieux du côté vert. Avec une entrée de gamme composée d'Athlon II très agressifs et maintenant d'un moyen de gamme bien plus intéressant, AMD va indéniablement dans le bon sens et le déficit de performances qu'accuse le 1090T pourra être contre-balancé pour certains par une a priori plus grande visibilité côté socket que celle d'Intel.

Il n'en reste pas moins que face à une plate-forme 1156, le rapport de force est du côté d'Intel avec un i860 mieux placé en termes de rapport performances/prix, par contre ce socket ne parait pas être destinée à un avenir très radieux. Un Core i7-930 sur LGA1366 est lui aussi bien plus efficace/homogène avec surtout, contrairement au 1156, une possibilité d'upgrade ultérieure vers un Gulftown moins élitiste (si Intel le décide et là, rien n'est moins sûr).

 

Cette dernière solution conserve toutefois notre préférence, le Phenom II X6 étant bien sûr une excellente solution d'upgrade pour un CPU AM3 plus ancien, attention toutefois aux types d'utilisations auquel il sera destiné, le domaine ludique par exemple n'a cure pour le moment de ses 6 coeurs. Au final et pour toutes ces raisons nous décernons l'Argent à cette évolution des Phenom II X4 qui confirme le rétablissement progressif d'AMD, mais qui ne lui permet toujours pas de concurrencer Intel en haut de gamme, en tous cas avec cette architecture, en attendant Bulldozer et une hypothétique compatibilité AM3 non confirmée à l'heure d'écrire ces lignes !

 

comptoir d-argent 

 


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Nous remercions naturellement Intel, Gigabyte, Asus, AMD, G.Skill et Noctua pour la mise à disposition du matériel.

 



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