Il en aura fallu du temps, beaucoup de lobbying, mais aussi une once de chantage de la part des principaux bénéficiaires (Intel et GlobalFoundries en particulier), mais ça y est, le projet de loi proposé en 2021 a enfin été approuvé par le Sénat américain et se dirige maintenant vers la Chambre des représentants, puis le bureau du Président. L'affaire ne devrait donc plus trop trainer.

Comme convenu, la législation permettra au gouvernement de supporter la production domestique de semiconducteur avec 75 milliards de dollars (plus spécifiquement, 52 milliards de subventions et un crédit d'impôt à l'investissement de 25 % d'une valeur maximale de 24 milliards), une enveloppe dont pourront bénéficier Intel, GlobalFoundries, Samsung, Texas Instruments, Micron, TSMC et toute autre compagnie (mais surtout Intel, en fait) construisant ou souhaitant construire une usine sur le territoire. Notamment, Intel va donc pouvoir procéder avec la construction de son mégafab en Ohio et GloFo avec sa nouvelle usine à New York. Micron également envisage apparemment de construire un centre de R&D et potentiellement un fab aux USA.  

 

usa but chips style

 

Conformément à ce qui s'opère ailleurs dans le monde, il s'agit de faire renaitre l'industrie locale du semiconducteur, d'aider l'économie américaine, d'assurer un approvisionnement constant aux entreprises locales, d'éviter les pénuries et de se protéger aux maximum des éventuels évènements pouvant perturber les lignes d'approvisionnement (exemple à tout hasard, une « réunification » de Taiwan avec la Chine). Les USA produisent à ce jour 12 % des semiconducteurs dans le monde, l'ambition est d'augmenter cette part et d'être moins dépendant sur l'extérieur, où sont produites la vaste majorité des puces à ce jour, principalement par TSMC, UMC et Samsung. 

Par ailleurs, un détail très important a également été introduit dans le texte final, une condition que tout prétendant aux aides américaines devra respecter. Ainsi, le CHIPS Act interdit formellement aux bénéficiaires de construire « de nouvelles capacités de production pour certains semi-conducteurs avancés dans des pays spécifiques qui représentent une menace pour la sécurité nationale des États-Unis » - autrement dit, principalement la Chine, mais accessoirement aussi l'Iran, la Corée du Nord et la Russie. Aucun node n'est spécifiquement mentionné par la législation, mais il est raisonnable de supputer que les législateurs considèrent déjà les procédés 14/16 nm comme étant « avancés ». Il sera intéressant de voir comme s'en sortiront TSMC et Samsung vis-à-vis de cette condition (tout de même assez vague et peu explicite), étant donné que TSMC a le projet d'agrandir son Fab 14 à Nanjing, en Chine, mais qui produit avant tout du N28 et des dérivés, tandis que Samsung possède aussi des fabs en Chine pour la production de NAND et de DRAM, dont il revoit constamment les capacités de production. 

 

Pour l'anecdote, le CHIPS Act fait en réalité partie d'une législation plus large baptisée le CHIPS and Science Act. Outre l'aspect semiconducteur, le reste du texte prévoit aussi un joli pactole de plus de 170 milliards de $ pour supporter divers travaux de recherche scientifique aux USA. L'équivalent européen en serait le Recovery and Resiliency Facility, un plan de relance de 675,5 milliards d'euros présenté en 2021, dont 43 milliards réservé au semiconducteur seul via le CHIPS Act européen


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