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State of the Game 2026 : l’IA générative inquiète les professionnels du jeu vidéo
Intérêt des développeurs pour les différentes plateformes

Le GDC a publié l’édition 2026 de son rapport State of the Game Industry. Comme son nom l’indique, il tente de capter les tendances en matière de développement de jeux vidéo — du moins, en grande partie celles à l’œuvre outre-Atlantique.

Certes, entre un GOTY développé par un studio français et de nombreux jeux chinois et sud-coréens qui monopolisent le haut du classement Steam (il y a un jeu sud-coréen, PUBG, et un autre chinois, Delta Force, dans le Top 6 du moment), et sans même parler du marché mobile, le secteur est tellement vaste et hétéroclite qu'il serait ambitieux d'en dresser un panorama exhaustif et détaillé. L’étude apporte cependant quelques enseignements intéressants. 

call of duty black ops 7

Des visuels de Black Ops 7 qui ont fait réagir

Méthodologie

En préambule, comme indiqué plus haut, soulignons que les répondants sont très majoritairement situés aux États-Unis. De manière plus générale, dès le premier paragraphe, les auteurs du rapport indiquent que les modifications apportées à l’enquête 2026 rendent les comparaisons d’une année sur l’autre délicates. Ils invitent à attendre l’édition 2027 pour confirmer ou infirmer les tendances observées. Dans l’ensemble, les enquêteurs ont tenté d’augmenter la part de répondants hors États-Unis, tout en reconnaissant que cet échantillon reste largement surreprésenté.

repondants enquete gdc 2026

Ils ont également cherché à élargir à davantage de métiers, en incluant par exemple plus d’investisseurs ou de commerciaux. Le trio de tête reste cependant composé de professionnels du game design, de la programmation et de l’artistique. Même volonté de diversification pour les années d’expérience ainsi que la taille des structures.

state of game 2026 jobs sondes

Nous avons mis l’accent sur la partie développement. Le début du rapport portraiture les consommateurs de jeux vidéo, tandis que la dernière partie aborde les stratégies de monétisation. Vous trouverez le lien en fin d’article si vous souhaitez compléter avec ces aspects.

Les développeurs de JV s'inquiètent pour leur job

Pour la partie que nous avons retenue, le point central du rapport a bien sûr trait à l’IA générative. Petite digression pour rappeler qu’à la mi-janvier, Valve a modifié sa politique de transparence en la matière. Désormais, les studios n’ont plus à déclarer le recours à l’IA en tant qu’outil de productivité dans le cadre du développement. Ils sont juste invités à déclarer du contenu produit par de l’IA générative au sein du jeu et directement « consommé » par le joueur. L’approche est sûrement moins hypocrite qu’autrefois. Cela reste néanmoins déclaratif. Et de toute façon, si aujourd’hui certains s'entêtent à débusquer le recours à l’IA dans telle ou telle production, en particulier au niveau des visuels, cette vigilance finira par devenir caduque à mesure que les outils se perfectionneront. D'autant qu'abstraction faite d’erreurs ou d’incohérences manifestes, le mauvais goût n’a a priori pas attendu l’IA : les skins hideux et les visuels douteux ne datent pas d’hier. Après, ne dévoyons pas leur « combat » : beaucoup le font pour mettre en lumière l’impact délétère sur l’emploi. 

Quoi qu’il en soit, du côté des professionnels du jeu vidéo, 36 % des travailleurs du secteur déclarent utiliser des outils d’IA générative dans leur activité quotidienne. À en croire le rapport, la pratique est bien plus répandue dans les sociétés d’édition (58 %) que dans les studios de développement (30 %). L’usage le plus courant concerne la recherche ou le brainstorming (81 %), suivi des tâches quotidiennes, comme la rédaction d’e-mails, et de l’assistance au code (47 % chacun), puis du prototypage (35 %). Pour les LLMs, ChatGPT est le plus plébiscité avec 74 % ; suivent Google Gemini (37 %) et Microsoft Copilot (22 %).

utilisation ia generative JV

Nonobstant, plus de la moitié (52 %) des professionnels de l’industrie du jeu vidéo estiment que l’IA générative a un impact négatif sur le secteur. Ils étaient 30 % à penser de même l’an dernier, et 18 % l’année encore d’avant. Les avis les plus défavorables se retrouvent chez ceux qui sont directement impliqués dans le processus créatif : professionnels des arts visuels et techniques (64 %), du game design et de la narration (63 %), puis de la programmation (59 %).

perception impact ia generative developpeurs 2026

Cette dépréciation s’explique certainement par les répercussions sur le marché de l’emploi. Le rapport relève que plus d’une personne interrogée sur quatre (28 %) a été licenciée au cours des deux dernières années ; cette proportion grimpe à presque un tiers (33 %) aux États-Unis. La moitié des sondés indiquent que leur employeur actuel (ou le plus récent) a procédé à des licenciements au cours des douze derniers mois. Les employés des studios AAA sont particulièrement touchés : deux tiers des répondants issus de ces structures déclarent que leur entreprise a mené des licenciements. Du côté des studios indépendants, un tiers des personnes interrogées rapporte la même situation.

Pessimisme qui se retrouve forcément chez les étudiants du secteur. Près de trois quarts (74 %) se disent « inquiets quant à leurs perspectives d’emploi dans le secteur du jeu vidéo ».

Désormais, seulement 7 % des questionnés considèrent que l’IA générative a un impact positif sur l’industrie du jeu vidéo ; ils étaient 13 % dans le rapport GDC 2025. Pour faire écho à ce qui précède et bien illustrer le schisme, ce sont les cadres dirigeants et les individus ayant des fonctions commerciales et opérationnelles qui sont les plus favorables à ces outils (19 % dans les deux cas).

Moteurs et plateformes

Terminons par quelques mots sur les moteurs et le hardware. Feignez l’étonnement, l’Unreal Engine est le plus populaire : 42 % des développeurs l’exploitent comme moteur principal. Son dauphin, qui s'est d'ailleurs invité dans Fornite, est Unity, avec 30 %. Pas de surprise non plus pour la répartition : les studios qualifiés de AAA et AA privilégient la solution d’Epic Games, alors que les développeurs indépendants ont plus d’accointance pour Unity.

moteurs utilise developpement 2026

Enfin, le PC reste la plateforme numéro 1 auprès de développeurs. Par ailleurs, 28 % d'entre eux s’attellent à optimiser leurs titres pour le Steam Deck. 40 % se déclarent « intéressés par le développement sur Steam Deck », quand 39 % pensent de même pour la Nintendo Switch 2. Notez également le gap d'intérêt entre PS5 est Xbox Series, avec du 40 % vs 20 % — vraisemblablement pour des considérations liées au parc de machines, mais aussi, peut-être, à cause de la Xbox Series S dont la faiblesse a été pointée par plusieurs studios.

Intérêt des développeurs pour les différentes plateformes [cliquer pour agrandir]

top plateforme gdc 2026

Vous pouvez consulte l'étude complète ici.
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