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Personne ne pourra contredire le fait que les choses ont bien évolué depuis l'arrivée du nouveau PDG, au moins en apparence. Bien plus pragmatique, Pat Gelsinger n'a rien d'un Bob Swan ou d'un Brian Krzanich, et l'homme veut clairement tout faire pour qu'Intel (et par définition, les USA) puisse renouer avec sa gloire du passé et son « leadership incontestable » en tant que fondeur et créateur de semiconducteurs. Mais pour y arriver, il faut de l'argent, beaucoup. Intel n'en manque pas, mais on s'en doute bien que le fondeur (et ses actionnaires) préfèrerait voir une bonne partie de la manne venir d'ailleurs que de ses poches, et plus précisément d'en haut ! Profitons-en pour rappeler qu'Intel a déjà prévu un budget de 20 milliards de $ pour la construction de deux usines en Arizona d'ici quelques années. En comparaison, TSMC a annoncé une enveloppe de 100 milliards de dollars sur trois ans pour booster l'ensemble de son activité. 

 

Lors d'un discours à la conférence Fortune Brianstorm Tech en Californie, Pat Gelsinger a rappelé que les subventions du gouvernement seront vitales pour permettre à la compagnie de concurrencer les leaders de l'industrie du semiconducteur que sont les Asiatiques TSMC (52,9 % des parts du marché) et Samsung (17,3 %). Il se trouve que le PDG d'Intel semble beaucoup envier les très grosses aides accordées par les gouvernements taiwanais, chinois et coréen à leur industrie stratégique du semiconducteur respective et se lamente du fait que ce niveau de soutien signifie qu'Intel est en concurrence avant tout avec les pays, plutôt que les entreprises elles-mêmes !

Par conséquent, bien qu'il ait admis que le CHIPs Act et ses 52 milliards prévus pour l'industrie du semiconducteur devraient également aider (un peu) Samsung et TSMC, Pat veut que le gouvernement en fasse plus pour soutenir Intel, mais aussi les autres fondeurs américains, tels que Micron et Texas Instruments. Le PDG reconnait aussi que les nouvelles usines de 12 et 17 milliards de dollars respectivement de TSMC et Samsung en construction aux USA contribueront à contrer certains des aléas géopolitiques, mais estime qu'investir dans les compagnies américaines sera bien plus bénéfique et plus sûr. Notamment, selon Pat Gelsinger, cela permettra d'éviter que l'argent investi par le gouvernement US ne profite trop à l'Asie et que cela ne fasse perdre à son pays les bénéfices du flux fiscal, et du travail effectué en matière de R&D et de brevets.

 

Avec ceci, tirant sur les ficelles de la peur, le grand chef d'Intel a aussi exprimé son inquiétude et son inconfort quant à la belligérance de la Chine vis-à-vis de Taiwan, et a expliqué qu'il ne considère pas Taiwan comme étant stable — un commentaire qui a certainement du faire plaisir aux partenaires taiwanais. Toutefois, quelles que soient les motivations du PDG, il faut reconnaitre que le discours est dans l'ensemble plutôt réaliste et sensé, il fait d'ailleurs écho à ce que l'on entend parfois aussi en Europe. Mais on peut aussi en déduire qu'Intel semble vouloir s'assurer d'un traitement spécial et surtout d'obtenir une grosse part de l'enveloppe de 52 milliards du CHIPs Act, certainement pour l'aider avec sa stratégie IDM 2.0 et Intel Foundry Services, alors que la législation n'a toujours pas été approuvée. (Source)

 

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