Être l'un des acteurs majeurs du volet « indépendance technologique » de la stratégie « Made in China 2025 » et faire du semiconducteur en partant presque de zéro coûte très cher, prendre de mauvaises décisions assurément aussi ! C'est la dure réalité que doit désormais confronter Tsinghua Unigroup, dont les nombreuses filiales — parmi lesquelles Guoxin Microelectronics, YMTC, Unisplendour, Unisoc... — n'auraient pas toutes atteint leurs objectifs de revenu, sauf pour Guoxin Microelectronics (puces de sécurité) et Unisplendour (Cloud Computing).

Dans le cas de YMTC, on sait depuis peu que le producteur de NAND accuse du retard et n'atteindra pas son objectif de 100 000 wafers mensuels de NAND 128 couches cette année et ses rendements seraient encore assez faibles pour l'instant. Pour l'anecdote, Tsinghua Unigroup avait aussi essayé en 2015 de racheter l'américain Micron, mais l'opération fut bloquée par le CFIUS aux USA. Il se dit que le conglomérat aurait également gaspillé un peu trop d'argent dans des actifs peu rentables dans sa tentative de percer à l'international, comme l'immobilier, les jeux d'argent en ligne et un constructeur indien de smartphones. Le groupe est aussi censé déverser près de 100 milliards de dollars durant la prochaine décennie dans la production de semiconducteur.

 

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Tsinghua Unigroup a reconnu en juin dernier une montagne de dette s'élevant à 31 milliards de dollars, tandis que ses réserves (insuffisantes) ne sont que de 8 milliards de dollars. Fin 2020, le groupe avait déjà fait défaut sur ses obligations onshore et offshore représentant une valeur de 3,6 milliards de dollars. Par conséquent, ses créanciers se sont tournés vers le Tribunal de Pékin pour engager une procédure de faillite et obtenir la restructuration de la dette du conglomérat chinois. Tsinghua Unigroup a confirmé la chose et qu'il coopérera pleinement pour le contrôle judiciaire.

Un coup dur pour l'ambition de la Chine dans le domaine ? Peut-être, mais ça ne sera probablement que partie remise. Tsinghua Unigroup étant a 51 % détenu par l'Université de Tsinghua et est par conséquent une entreprise étatique, il est très peu probable que le gouvernement laisse sans le sou l'une des entreprises instrumentales dans sa grande stratégie d'élaboration d'une industrie autosuffisante du semiconducteur et disposant déjà d'un portfolio compétitif de compagnies. En somme, en dépit de la faillite et de la menace de restructuration, rien ne devrait changer pour Tsinghua Unigroup, du moins en apparence. (Source : Computerbase, Reuters)


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