Bien décidé à faire d'Intel un nouveau concurrent aux fondeurs pure-play asiatiques (tout en ayant recours à leurs services), Pat Gelsinger n'a eu de cesse de se promener dans le monde pour faire valoir son IDM 2.0, le come-back d'Intel Foundry Services. Alors que TSCM n'a pas montré grand intérêt pour une installation européenne au grand dam de Thierry Breton qui en rêvait la nuit, Pat Gelsinger semble convaincu qu'il y a l'a un coup stratégique et potentiellement très rentable à jouer, quand bien même l'Europe a déjà ses propres fondeurs et qu'elle cultive aussi l'idée d'une alliance régionale, le chemin le plus court et potentiellement le moins coûteux pour revenir dans la course technologique et à la production semble bien être celui à parcourir avec un fondeur étranger (mais déjà implanté en Europe, ne l'oublions pas).

On avait appris fin mai qu'Intel zyeutait un pactole de 8 milliards de subventions pour une nouvelle usine en Europe, dont une potentiellement en Allemagne, plus précisément dans l'État de Bavière, domicile de BMW. Mais aucune décision n'a encore été prise, et les projets de Pat pour la présence européenne d'Intel se sont entre-temps encore un peu précisés, alors que le PDG s'est aussi entretenu récemment avec Manu et Mario pour causer semiconducteur.

 

pat gelsinger ceci est notre projet reface

 

Le PDG a écarté l'idée de concentrer toute la présence d'Intel dans un seul pays et suggère qu'il est possible et préférable d'étendre les bénéfices à l'ensemble du bloc européen, en répartissant l'écosystème de la production de semiconducteur (production, packaging, centre de tests, centre de recherche et développement, etc.) sur plusieurs états européens, soit une intégration verticale complète et qui favoriserait donc aussi les différents fournisseurs européens déjà sur place. 

Initialement, une fois le terrain de 1000 ares situé dans une localité satisfaisante avec un écosystème favorable et un État avec le plus gros chéquier trouvé, Intel songe à construire un complexe comportant deux fabs dans le cadre d'un investissement initial de 20 milliards de dollars, une somme qui pourrait ensuite grimper à 100 milliards sur 10 ans avec l'ajout potentiel de 6 fabs supplémentaires — ah oui, tout de même — au complexe. L'objectif sera évidemment une production de semiconducteurs sur des procédés avancés, en 10 nm ou mieux.

 

Bien entendu, rien de tout ça n'est encore fait, loin de là. Les discussions vont toujours de bon train entre les dirigeants européens, afin de définir la faisabilité et le caractère raisonnable d'un tel projet, et s'il correspond réellement aux besoins de la clientèle (industrielle) européenne. Ce qui est certain, c'est que les subventions seront cruciales à la compétitivité d'une telle installation, le désavantage en matière de coût avec l'Asie étant à ce jour de 30 à 40 %, principalement parce que cette industrie y est encore fortement subventionnée. Certains industriels de renom invitent aussi à la prudence, comme Jacob Wallenberg, qui comprend parfaitement l'ambition du projet, mais invite à ne pas négliger ses risques très importants. Selon lui, il serait bien dommage de s'engager sur une voie coûteuse et qui ne résout pas le problème... Effectivement. A priori, c'est vers la fin de 2021 qu'une décision devrait être prise. (Source)

 

macron pat gelsinger elysee 2021


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