Si, pour naviguer sur la toile, il vous est habituel de taper une adresse dans un navigateur web, ou de parcourir une liste de serveurs sur un jeu en ligne, ou encore ouvrir une application de messagerie instantanée, vous utilisez (peut-être sans le savoir) le protocole IP. En version longue Internet Protocol, il s’agit d’une méthode de communication a travers un réseau, et par extension d’identification unique des machines sur celui-ci, dont il ne subsiste aujourd’hui que deux saveurs : l’IPv4 et l’IPv6. Déployé en 1983 sur l’ARPANET — voilà qui ne nous rajeunit pas... — le premier cité attribue à chaque machine une série de 4 octets, usuellement représentée sous la forme BLA.TRUC.AHA.CDH, typiquement 192.168.0.1 (si celle-ci vous parle, c’est parce qu’elle est par convention la première attribuée aux réseaux locaux, c’est-à-dire au sous-réseau établi dans votre maison par votre routeur si vous ne configurez pas manuellement le bouzin).

 

Or, bien que le protocole permette un maximum théorique de 232 adresses différentes, de grandes bandes d’adressage sont réservées et ne peuvent ainsi pas être utilisées dans les implémentations actuelles, limitant le nombre maximal d’appareils connectés à moins de 4 milliards. Avec la démultiplication grandissante des appareils (smartphone, IoT, bonjour !) et la prolifération des serveurs, les requêtes pour des nouvelles adresses vont croissantes, et c’est ainsi que le RIPE Network Coordination Centre, organisme chargé des attributions des adresses en Europe, Moyen-Orient et une partie de l’Asie, a annoncé avoir alloué le dernier bloc d’adresse disponible il y a une semaine. Techniquement, nous nous trouvons ainsi en pénurie d’IP.

 

internet first demonstration 1977

Le premier réseau Internet au monde, 1977 (Merci Wikipédia pour ces illustrations toujours du plus bel effet pour briller en société !)

 

Cela ne signifie pour autant pas qu’une panne d’internet sera à déplorer : pour pallier le manque d’adresses, les IP sont devenues dynamiques depuis au moins 10 ans, c’est-à-dire qu’en cas d’inactivité prolongée d’une adresse, cette dernière expire et le routeur ou le serveur concerné doit alors se réidentifier sur le réseau, permettant ainsi de limiter les créneaux inutilisement pris par des services désormais éteints. C’est ce mécanisme qui va permettre au système de continuer son fonctionnement encore quelque temps... mais va aussi créer des listes d’attentes : logique, plus de serveurs sont demandeurs d’adresses que libérateurs !

 

Pour pallier ce problème, les appareils doivent migrer vers le nouveau protocole IPv6, qui propose quant à lui une espace d’adressage de 128 bits, soit 296 fois plus que le précédent : de quoi largement voir venir ! Cependant, une transition des logiciels peut nécessiter d’utiliser des composants plus récents et ainsi impliquer des coûts supplémentaires. De quoi enfin faire basculer vers une utilisation massive de la dernière mouture ? Espérons-le, car il serait franchement dommage, voire ubuesque, d’assister à une baisse des activités liées au numérique à cause d’une simple limitation technique mal anticipée...

 Le système d'adressage des machines IPv4 atteint ses limites en Europe : le temps de la migration est venu ! 

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