• En pratique

Avant d'entrer dans le vif du sujet, petit rappel des caractéristiques de la bête

  • Dalle IPS 3840 x 1600 @ 1 ms (mini)
  • Rafraîchissement vertical max @ 175 Hz
  • Rétroéclairage type Edge LED et local dimming à 56 zones
  • DisplayHDR 600
  • G-Sync Ultimate

La dalle IPS confère des angles de vision très ouverts ce que nous confirmons, puisque c'est un des point fort de cette technologie. Elle s'avère par contre moins douée pour ce qui est de la profondeur des noirs, avec un contraste mesuré à 917:1 (1000:1 annoncé). Quid de la précision des couleurs ? En sortie de carton et le profil par défaut, le moniteur ne s'en sort pas si mal avec un DeltaE moyen de 3,4 (en dessous de 3, l'œil humain n'est en théorie plus capable de percevoir les différences) mais avec certaines dérives chromatiques plus marquées. La température du blanc est un peu froide avec 7032K, et le réglage de luminosité par défaut est élevé avec 195 cd/m². 

 

deltaE defaut

Le moniteur en sortie de carton

 

Point positif, le réglage de la luminosité ne se fait pas via une échelle de 0 à 100, mais avec une valeur de candelas par m². Si l'on obtient pas exactement la même valeur que celle mesurée à l'aide de notre sonde, le résultat n'en est pas éloigné et donc appréciable. La correction de la balance des blancs se fait également très facilement (en augmentant de 3 points la valeur du rouge dans le menu Ad Hoc) et nous procédons ensuite à la calibration du moniteur. Le résultat est sans appel, avec un DeltaE moyen mesuré à 0,5 et une dérive chromatique maximale à 1,3. La balance des gris est excellente, avec un gamma qui ne dévie que de 2% par rapport à la cible de 2.2. Enfin avec 6538K, le blanc est parfait ou presque. 

 

deltaE calibré

 Et une fois calibré 

 

Une fois calibré, l'écran consomme 41 W sous le bureau à 175 Hz (49 W en sortie de carton). En activant le HDR, cette valeur passe à 63 W et nous mesurons en jeu des pics aux alentours de 85 W. Notre exemplaire ne souffre pas de clouding ou de fuite de lumière prononcés, ce qui est un très bon résultat pour un écran n'utilisant pas un rétroéclairage Direct LED / mini LED. L'écran propose un pic de luminosité à un peu plus de 500 cd/m², soit peu ou prou la valeur indiquée par MSi dans la fiche technique. Vous l'aurez compris le résultat en tant que moniteur SDR est donc une grande réussite en terme de restitution d'images. Ca se gâte par contre lorsque l'on bascule en mode HDR.

 

Luminosité max SDR [cliquer pour agrandir]Luminosité max SDR [cliquer pour agrandir]

La luminosité maximale en SDR (gauche) et HDR (droite)

 

Premièrement, le moniteur n'est compatible que DisplayHDR 600 et nos mesures confirment ce pic de luminosité limité, réduisant d'autant l'impact du HDR avec un contraste déjà modeste. A noter d'ailleurs qu'une petite polémique avait vu le jour l'année dernière du fait d'un downgrade des spécifications permettant d'obtenir la certification G-Sync Ultimate, même si Nvidia s'en défend. Vous retrouverez les différentes spécifications ici. Quoi qu'il en soit, nous pouvons comprendre qu'un écran OLED avec 600/700 cd/m² permette de restituer une très bonne expérience HDR du fait de son contraste infini et de la gestion individualisée de la luminosité à chaque pixel, c'est beaucoup moins vrai pour un écran LCD avec éclairage Edge LED multi zones, surtout quand ces dernières sont limitées à 56 sur un écran imposant. Certes, c'est davantage que les 10 d'un encore plus imposant Odyssey G9 49", mais ce dernier n'est pas très doué en HDR à contrario de la version Neo usant d'un rétroéclairage mini LED.

 

Car il n'y a pas de secret, si le nombre de zones est trop réduit, on perdra en qualité en particulier du fait d'un manque de précision dans la gestion des différences de contraste et d'un blooming (halo) très présent lorsqu'un élément lumineux sera présent sur fond noir (comme une étoile dans la nuit, etc.). C'est ce qui arrive précisément au MEG381CQR Plus, qui peine à faire oublier ses limitations techniques en HDR. A noter que le blooming peut également toucher des moniteurs disposant d'un rétroéclairage très perfectionné du style mini LED et ce même avec des milliers de zones, seul l'OLED et ses pixels autonomes à ce niveau, vous préservera de ce phénomène si vous y êtes sensible, ce qui est notre cas. Bref vous l'aurez compris, si le HDR est votre priorité,  cet écran ne sera clairement pas en tête de liste pour cet usage et ce malgré ses qualités indéniables dans d'autres domaines. Voyons ce qu'il en est du jeu cette fois, en mesurant la latence totale (depuis le clic jusqu'à l'affichage) sous Overwatch en rafraîchissement variable.

 

Latence overwatch [cliquer pour agrandir]

  La latence sous Overwatch avec Reflex à 175 Hz 

 

Le résultat n'est pas mauvais du tout, sachant que l'activation des profils G-Sync désactive le réglage manuel de l'overdrive. Par défaut, ce dernier est réglé en mode normal, mais il existe deux modes "rapide" et "plus rapide" poussant ce dernier à ses limites. Si la latence réduit nettement, nous avons constaté un très désagréable reverse ghosting, présent dans le mode le plus rapide, qui est donc franchement à éviter. Le moniteur propose également un profil e-sport sous G-Sync que nous avons naturellement testé avec Overwatch également. Le gain de 9 ms est fort appréciable, indiquant un niveau d'overdrive un peu plus poussé. Sans surprise, on note un peu de reverse ghosting dans ce mode, mais rien de dramatique ce qui peut en faire une option intéressante pour jouer à des FPS rapides avec ce moniteur.

  

Latence overwatch G-Sync e-sport [cliquer pour agrandir]

  La latence sous Overwatch avec Reflex à 175 Hz 

 

 

• Verdict

cdh labsPour conclure, ce moniteur dispose de vrais points forts, mais également de certaines faiblesses que nous allons récapituler ici. Précisions également que nos tests conduits sur ce moniteur, une catégorie que nous n'avons pas souvent l'habitude d'aborder dans ces colonnes, mêlent une part de mesures techniques et de ressenti avec nos yeux à nous, et donc en partie subjectif. C'est pourquoi vous avez affaire ici à un "Nous avons essayé" et non pas un test comme nous en produisons régulièrement. Ces précisions faites, nous devons bien avouer que le sentiment qui domine après ces quelques heures passées en compagnie de ce moniteur, est la perplexité. Nous sommes fan du format et de la dimension, puisque par rapport à un 34" qui est en fait un 27" élargi, on dispose ici d'un supplément en hauteur appréciable. Seulement, l'écart de tarification entre ces 4" est conséquent et ce moniteur ne fait pas exception, probablement faute de concurrence au niveau des dalles. Au moins, celle équipant cet Optix MEG381CQR Plus est de bonne qualité, alliant de bons angles de vision, une bonne réactivité et des couleurs justes, en particulier après calibration. Ajoutons que le rafraîchissement vertical à 175 Hz est un gros plus pour la sensation de fluidité, en particulier couplé à G-Sync. L'ergonomie du pied est excellente et les quelques ajouts comme le bungee, le support APN ou la Webcam sont de petits plus bien sentis. Le problème, c'est qu'il s'agit d'un moniteur très haut de gamme avec la tarification qui va avec, comme en témoigne la certification G-Sync Ultimate. On est alors moins enclins à pardonner les quelques manques de ce moniteur, en particulier une gestion HDR décevante pour un tel tarif. Ce dernier est commercialisé à 2200 €, bien difficile à justifier en face de références au même tarif. La période est toutefois propice, puisqu'il se retrouve aux alentours de 1550 € au moment d'écrire ces lignes. Si cela nous parait encore excessif au vu des prestations globales et de la concurrence, une baisse de 200 à 300 € supplémentaires le positionnerait cette fois bien plus en accord avec ses qualités réelles.  


 

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Nous remercions naturellement nos partenaires pour la mise à disposition du matériel de test

 

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