Une grève menace la production de Samsung |
————— 18 Mai 2026 à 17h06 —— 1509 vues
Une grève menace la production de Samsung |
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Après la pandémie et une demande décuplée, voici un troisième fléau susceptible de perturber le marché en affectant les lignes de production de Samsung : un mouvement social !

Des rebelles sud-coréens lors d'un rassemblement devant le campus de Samsung à Pyeongtaek, le 23 avril. (Chung Sung-Jun /Getty Images. AFP)
Le personnel de Samsung en Corée du Sud est engagé depuis un certain temps dans des négociations avec la direction. Les employés souhaitent obtenir de meilleures conditions de travail et des hausses de salaires, notamment pour bénéficier de la forte rentabilité actuellement enregistrée par Samsung Electronics. Rappelons que le marché des matériaux pour semi-conducteurs s'est envolé en 2025, et que la Corée du Sud en est le troisième mondial.
L’entreprise anticipe un revenu de 76,4 milliards de dollars pour le T1 2026, ce qui représenterait une hausse de 68 % en glissement annuel. Surtout, son bénéfice opérationnel pourrait avoisiner les 33 milliards de dollars sur ce même trimestre. Il dépasserait ainsi le précédent record, réalisé au quatrième trimestre 2025, de 11,5 milliards. Pour mettre ces montants en perspective, le bénéfice opérationnel annuel 2025 s’est élevé à environ 25 milliards de dollars ; le quatrième trimestre en a donc été le principal contributeur. Les trois premiers mois du nouvel exercice pourraient déjà aller au-delà .
Faute d’accord, les deux principaux syndicats menacent d’amorcer une grève de 18 jours à compter du 21 mai. Selon la presse coréenne, entre 40 000 et 50 000 salariés pourraient participer à ce mouvement. D’après le Seoul Economic Daily, qui avance un chiffre précis, 43 286 travailleurs des usines auraient rejoint le piquet. Ce contingent représente plus de la moitié de l’ensemble de la main-d’œuvre de la division semi-conducteurs.
L’entreprise serait déjà entrée dans ce que certains médias du pays qualifient de mode de gestion d’urgence. Celui-ci limite la capacité de production au strict minimum, dans un état qui évite d’interrompre totalement les lignes. Outre les 18 jours de grève, s’ajouteraient ensuite deux à trois semaines nécessaires au retour à une production normale. Au total, cinq à six semaines de fabrication pourraient ainsi être fortement perturbées chez Samsung Foundry.
Les lignes concernées produisent notamment de la HBM, de la LPDDR5 et certaines puces logiques personnalisées. Selon TrendForce, ce mouvement pourrait impacter environ 3 à 4 % de l’offre mondiale de DRAM ainsi qu’environ 3 % de celle de mémoire NAND Flash, aggravant encore les tensions actuelles sur la chaîne d’approvisionnement. Dans un contexte mondial aussi concurrentiel, ce serait aussi une très mauvaise pub pour Samsung auprès des clients.
La direction du groupe multiplierait les mesures pour limiter l’impact du mouvement, à rebours des discussions sur les hausses de salaires. Elle a notamment obtenu une décision de justice encadrant les actions des syndicats : les ouvriers grévistes ne pourront pas occuper les usines sous peine d’amendes, tandis qu’un niveau minimal d’activité devra être maintenu afin de préserver les installations et garantir la sécurité. Une sorte de service minimum à la coréenne, mais appliqué à la production de puces.
Étant donné le poids de Samsung dans l’économie du pays, le ministère du Travail n’écarte pas non plus une procédure d’arbitrage d’urgence. Hier, le Premier ministre Kim Min-seok a indiqué que cette option était sur la table. Elle permettrait de suspendre la grève pendant 30 jours si celle-ci est jugée menaçante pour l’économie nationale. Selon un porte-parole du tribunal cité par Reuters, les deux principaux syndicats s’exposeraient aussi à des pénalités de 100 millions de wons par jour (environ 72 000 dollars) en cas de violation, tandis que les responsables syndicaux individuels risqueraient 10 millions de wons quotidiens. Malgré cette décision, ces derniers affirment rester déterminés à entamer la grève tant qu’aucun accord acceptable ne sera trouvé. Des pourparlers doivent reprendre demain matin. Au-delà des considérations financières, l’article de Libération sur le sujet met en avant de nouvelles générations présentée comme plus revendicatrices et moins dociles que leurs aînés.
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