COMPTOIR
register

Le fondateur de TSMC explique pourquoi Samsung et Intel rament

Vous vous demandez pourquoi Samsung Foundry et Intel Foundry sont mal en point ? Morris Chang, fondateur de TSMC, se propose d’éclairer votre lanterne. Nonobstant sa partialité, l’individu identifie deux causes bien différentes pour l’une et l’autre de ses concurrentes.

morris chang tsmc

Morris Chang, dit "Momo"

Samsung et Intel dans le même bateau, mais pas pour les mêmes raisons

Pas de panique si vous ne comprenez rien à la séquence qui suit ; le DigiTimes Asia en a fait un résumé dans une langue qui nous est plus familière. Pour M. Chang, les tourments des deux sociétés précitées ont deux origines distinctes : pour Intel, ils sont liés à des lacunes en matière de stratégie et de leadership ; pour Samsung, principalement induits par des difficultés techniques.

C.C. Wei, président et directeur général de TSMC, argue ainsi qu’en cette fin d’année 2024, l’entreprise qu’il dirige n’a aucun concurrent. Sur la base des dernières données CounterPoint, difficile de lui donner tort. Factuellement, en se limitant aux chiffres d’affaires, la domination de la fonderie taïwanaise est incontestable.

parts de marche foundry t3 2024

L’article du DigiTimes Asia enfonce le clou. Il relève que certaines estimations du marché suggèrent que la part de marché annuelle de Samsung Foundry tombera en dessous de 10 %. Quant à Intel Foundry, cela fait plusieurs trimestres que ses pertes se chiffrent en milliards de dollars. Pat Gelsinger, l’ancien PDG, n’entrevoyait pas de retour à un seuil de rentabilité avant 2027.

Sur un plan technologique, là aussi, TSMC domine. L’entreprise doit commencer à produire en 2 nm à partir de l’année prochaine. À ce propos, la société a confirmé (via le Taipei Times) qu’elle limiterait un tel processus à ses usines taïwanaises pendant plusieurs années. Comprenez par là qu’elle n’est pas disposée à consentir à exploiter de telles lignes dans ses usines de l’Arizona avant au moins 2028. Une position attendue, puisque vous le savez — et pour faire un peu de géopolitique de Comptoir — les installations de pointe de TSMC à Taïwan, île que la Chine considère comme sienne, constituent l’un de ses boucliers ; un bon levier pour s’assurer la protection états-unienne, de nombreuses sociétés issues du pays de l’Oncle Sam étant clientes de TSMC (à quoi s’ajoute bien sûr la crainte de la mainmise de Pékin sur de tels sites).

Gardons tout de même à l’esprit que les États-Unis mènent, depuis plusieurs mois, une politique visant à ramener un maximum d’usines de fabrication de semi-conducteurs sur leur territoire. Ce, à grand renfort de subventions : citons les 6,4 milliards de dollars accordés à Samsung en avril dernier dans le cadre du CHIPS and Science Act, qui doivent notamment servir à l’installation d’une nouvelle usine de fabrication de semi-conducteurs à Taylor, Texas. Bien sûr, Intel est également une importante bénéficiaire de cette distribution de deniers.

chipsact samsung

Pour en revenir à des considérations plus terre à terre avec nos semis, le journal rapporte que les lignes 3 nm et 5 nm de TSMC fonctionnent à plein régime, et que le chiffre d'affaires de novembre a été conforme aux prévisions.

Dans son article, notre consœur stipule que Samsung est plongée dans un cercle vicieux avec son 3 nm : faute de commandes de clients externes, les investissements ne sont pas rentabilisés ; la production et les futures développements en pâtissent.

À Intel, M. Chang concède que la société assure en matière de technologies de traitement et de brevets, mais estime que ses avancées ne sont pas exploitées efficacement pour des motifs qui sont plutôt à chercher du côté de « la stratégie globale et de l’équipe de direction ».

Un poil avant ?

Ryzen 9000X : la B de l’AGESA 1.2.0.2 corrige la A, de précieuses IPS retrouvées

Un peu plus tard ...

Intel 18A : la controverse des 10 %

Les 8 ragots
Les ragots sont actuellement
ouverts à tous, c'est open bar !
par Jemporte, le Dimanche 15 Décembre 2024 à 00h28  
par Un ragoteur Gaulois d'Occitanie le Mardi 10 Décembre 2024 à 19h04
Je ne vois pas en quoi TSMC est dans une mauvaise position puisqu'il est le leader
Il est surtout en mauvaise position géographique, à quelques centaines de km de la Chine populaire de 1.5 milliards d'individus, prête à les envahir.
par Un ragoteur bio embusqué ••, le Jeudi 12 Décembre 2024 à 18h12  
par Un ragoteur Gaulois d'Occitanie le Mardi 10 Décembre 2024 à 19h04
Je ne vois pas en quoi TSMC est dans une mauvaise position puisqu'il est le leader, de tape 61% de part de marché, les plus grosses société au monde (Nvidia, et Apple en tête) se battent pour avoir des produits et sont prêts à allonger les billets (chacun d'eux cherchant à garder leur leadership et ça passe par des puces finement gravées avant les autres et au plus vite et en grande quantité ). Je ne vois pas en quoi TSMC ne pourrait pas rentabiliser puisqu'il pratique les prix qu'il veut puisqu'il n'a pas de concurrence.
La menace n'est pas la concurrence, mais la composition du carnet de commandes et de la stratégie d'entreprise.

De nombreuses sociétés (et des Etats ) se sont effondrées pour avoir investi en réponse à une forte demande en anticipant mal la suite. Tant que tu peux faire rouler la dette, tout semble aller bien, mais, dans ce cas précis, si le marché se contracte, et tout tend à l'indiquer, ça deviendra compliqué.
par Un ragoteur Gaulois d'Occitanie, le Mercredi 11 Décembre 2024 à 14h07  
par Rémi B. le Mercredi 11 Décembre 2024 à 11h24
UMC désigne l'United Microelectronics Corporation, une fonderie taïwanaise. SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation) est la plus importante fonderie chinoise.
par Rémi B., le Mercredi 11 Décembre 2024 à 11h24  
par Un ragoteur Gaulois d'Occitanie le Mardi 10 Décembre 2024 à 19h04
Je ne vois pas en quoi TSMC est dans une mauvaise position puisqu'il est le leader, de tape 61% de part de marché, les plus grosses société au monde (Nvidia, et Apple en tête) se battent pour avoir des produits et sont prêts à allonger les billets (chacun d'eux cherchant à garder leur leadership et ça passe par des puces finement gravées avant les autres et au plus vite et en grande quantité ). Je ne vois pas en quoi TSMC ne pourrait pas rentabiliser puisqu'il pratique les prix qu'il veut puisqu'il n'a pas de concurrence.
GlobalFoundries fabrique des puces moins haut de gamme il me semble, ils ont toujours été en retard technologique par rapport à TSMC.

Celles que je ne connais pas, ce sont UMC et SIMC, sans doutes chinoises, si TSMC a à craindre une concurrence, elle risque de venir des Chinois qui cherchent justement une certaine autonomie sans passer par la case guerre pour avoir Taiwan. Il me semble que le secteur est également soutenue par l'État chinois.
UMC désigne l'United Microelectronics Corporation, une fonderie taïwanaise. SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation) est la plus importante fonderie chinoise.
par Jemporte, le Mardi 10 Décembre 2024 à 22h14  
Les chinois s'essayent pour l'instant a l'EUV, ont pas mal de choses à pomper pour rattraper.
UMC est en théorie Taiwanais aussi.
Il faut voir aussi que le duel dans les gravures ultimes masque le fait que les gravures bien plus grossières occupent le marché aujourd'hui, en usage (pas en valeur).
On peut aussi noter que lorsque des startups lancent leur circuit révolutionnaire dans le minage ou les IA, ils le font sans sourcilier en 28 ou au mieux 14nm. Ca ne les empêche pas de vendre leur "invention" au prix d'un gros GPU pro de chez Nvidia en 3nm.

Ainsi Groq, le LPU qui met KO un H100 dans certains usages IA (4x plus rapide), est gravé en 3nm 14nm chez Glofo (comme les AMD Polaris et premières Vega) et aussi les processeurs Zen 1, mais sur une surface de silicium égale au H100. Vendu 20 000$ la puce. AMD vendait il y a plus de 7 ans ses Vega, une puce à peine deux fois plus petite et accolée à de la HBM2 (8Go voire 16Go) à partir d'un peu moins de 300 euros au sein d'une carte graphique complète TVA compris quand cette gravure était en pointe (TSMC en était à 16nm seulement et Intel à 14 aussi). On comprend mieux pourquoi AMD ne se faisait pas de marge dessus.
par Un ragoteur Gaulois d'Occitanie, le Mardi 10 Décembre 2024 à 19h04  
Je ne vois pas en quoi TSMC est dans une mauvaise position puisqu'il est le leader, de tape 61% de part de marché, les plus grosses société au monde (Nvidia, et Apple en tête) se battent pour avoir des produits et sont prêts à allonger les billets (chacun d'eux cherchant à garder leur leadership et ça passe par des puces finement gravées avant les autres et au plus vite et en grande quantité ). Je ne vois pas en quoi TSMC ne pourrait pas rentabiliser puisqu'il pratique les prix qu'il veut puisqu'il n'a pas de concurrence.
GlobalFoundries fabrique des puces moins haut de gamme il me semble, ils ont toujours été en retard technologique par rapport à TSMC.

Celles que je ne connais pas, ce sont UMC et SIMC, sans doutes chinoises, si TSMC a à craindre une concurrence, elle risque de venir des Chinois qui cherchent justement une certaine autonomie sans passer par la case guerre pour avoir Taiwan. Il me semble que le secteur est également soutenue par l'État chinois.
par Un ragoteur bio embusqué ••, le Mardi 10 Décembre 2024 à 16h58  
Je suis de son avis concernant Intel, mais pour moi ce n'est pas une erreur.

TSMC est présentement dans une situation critique et pourrait au final s'effondrer faute de capacité à rentabiliser ses investissements colossaux à relativement court terme.

Intel a vraisemblablement envisagé un tel scénario après les déboires des 45nm, 32/28nm et 14nm, à l'approche d'une limite physique immuable qu'est le nombre d'atomes requis pour assurer un comportement semi-conducteur, alors même qu'on en était à batailler sur l'optique (multi-patterning, EUV...)

Ajoutons à ceci une situation géopolitique qui est ce qu'elle est, et au final même la stratégie de GlobalFoundries semble nettement moins alarmante que celle de TSMC.

Celui qui se pose en exemple est bien souvent le plus fragile, l'avenir nous dira si c'était le cas ici.
par Un grand duduche des ragots d'Occitanie, le Mardi 10 Décembre 2024 à 15h28  
TSMC ne restera pas éternellement sans concurrence. Et puis rien ne dit qu'ils subiront pas une sombe période comme Intel pour son passage au 10nm.

Enfin on peut espérer qu'Intel se ressaisisse à partir du 18A, car ils ont déjà été très compétitif vis-à-vis de TSMC jusqu'à l'ère du 14nm. Alors s'ils peuvent retrouver ce niveau de compétitivité tout en étant désormais ouvert à la fabrication de puces d'autres entreprises, ça ne pourra qu'aider le secteur qui aurait bien besoin que quelqu'un bouscule TSMC.
Samsung même si ils parlent de problèmes techniques, il y a aussi de gros problèmes organisationnel. Espérons qu'ils restructurent au mieux la section fonderie.