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NVIDIA a hâte que Joe Biden s'en aille ; il est néfaste pour son business

D’ici peu, Joe Biden va céder sa place à Donald Trump. En attendant, le 46e président des États-Unis s’empresse de mettre à profit les quelques heures qui lui restent en tant « qu’homme le plus puissant du monde ». Il a notamment prévu de nouvelles mesures visant à « garantir la sécurité et la puissance économique des États-Unis à l'ère de l'intelligence artificielle ».

joe biden

© Mediapart

Une quatrième salve de restrictions

Hier, l’administration Biden-Harris a publié ce qu’elle qualifie de Interim Final Rule on Artificial Intelligence Diffusion. Le communiqué de la Maison Blanche stipule qu’entre « de mauvaises mains, les systèmes d'IA puissants peuvent exacerber des risques importants pour la sécurité nationale, notamment en permettant le développement d'armes de destruction massive, en soutenant de puissantes cyberopérations offensives et en favorisant les violations des droits de l'homme, telles que la surveillance de masse ». Brrr, ça fait peur !

En conséquence, afin de « renforcer la sécurité nationale et la puissance économique des États-Unis, il est essentiel que nous ne délocalisions pas cette technologie essentielle et que l'IA mondiale fonctionne sur des rails américains ». Le document établit ainsi « une règle simplifiant les formalités d'autorisation pour les commandes de puces, petites ou grandes, [qui] renforce la position dominante des États-Unis en matière d'intelligence artificielle et explique clairement aux pays alliés et partenaires comment ils peuvent tirer parti de l'intelligence artificielle ». Dans les grandes lignes, cette règle ne définit « aucune restriction aux ventes de puces à 18 alliés et partenaires clés » (dont la France, ouf !) mais renforce les restrictions envers tous les autres pays considérés comme moins fréquentables (ou moins serviles, si vous préférez).

Une initiative pas tout, mais alors vraiment pas, au goût de NVIDIA. L'entreprise l’a fait savoir dans un communiqué rédigé par Ned Finkle, son vice-président des affaires gouvernementales. Celui-ci accuse carrément Biden de mettre en péril les progrès mondiaux en matière d'IA et d'affaiblir l'Amérique (brrr x2, ça fait doublement peur !) :

Dans les derniers jours de son mandat, l'administration Biden cherche à saper le leadership de l'Amérique avec un ensemble de réglementations de plus de 200 pages, rédigées en secret et sans examen législatif approprié. Ce vaste projet imposerait un contrôle bureaucratique sur la manière dont les semi-conducteurs, les ordinateurs, les systèmes et même les logiciels américains de pointe sont conçus et commercialisés dans le monde entier. En tentant de truquer les résultats du marché et d'étouffer la concurrence — le moteur de l'innovation — la nouvelle règle de l'administration Biden menace de dilapider l'avantage technologique durement acquis par les États-Unis.

Sous le couvert d'une mesure « anti-Chine », ces règles ne contribueraient en rien à renforcer la sécurité des États-Unis. Les nouvelles règles contrôleraient la technologie dans le monde entier, y compris une technologie qui est déjà largement disponible dans les PC de jeu et le matériel de consommation courante. Plutôt que d'atténuer une quelconque menace, les nouvelles règles de M. Biden ne feraient qu'affaiblir la compétitivité mondiale des États-Unis, en sapant l'innovation qui leur a permis de conserver une longueur d'avance.

Bien que la règle ne soit pas applicable avant 120 jours, elle porte déjà atteinte aux intérêts américains. Comme l'a démontré la première administration Trump, l'Amérique gagne grâce à l'innovation, à la concurrence et au partage de ses technologies avec le monde entier — et non en se retranchant derrière un mur d'ingérence gouvernementale.

Nous attendons avec impatience un retour à des politiques qui renforcent le leadership américain, soutiennent notre économie et préservent notre avantage concurrentiel en matière d'IA et au-delà. »

Une diatribe assumée contre l'administration Biden donc, suivie d'un appel du pied à Donald Trump. Nous adhérons particulièrement à cette grande idée d'une « Amérique [qui] gagne [uniquement] grâce à l'innovation et la concurrence », ce, en dehors de toute « ingérence gouvernementale ». C'est effectivement l'image d'épinal de tout un chacun du pays de l'Oncle Sam ; de ce bon gars si bienveillant et débonnaire, virginal de la moindre immixtion. Quant à Donald Trump, il serait donc le bourreau innocent de nombreuses entreprises chinoises,  l'instigateur malheureux de taxes douanières, l'oppresseur inoffensif des quelques pays  ayant envisagé de s'émanciper du dollars. Aucune ingérence qu'on vous dit !

Au moins, concédons à NVIDIA qu'elle n’est pas rancunière ; en juillet, des observateurs plus avisés que nous sur cette matière avaient attribué une chute passagère de sa capitalisation boursière à des déclarations de Trump invitant Taïwan à « payer pour sa défense ».

Enfin, rendons à César ce qui lui appartient : notre sous-titre est pompé sur une vidéo de France Culture intitulée Après Musk et Bezos, Zuckerberg : le virage pro-Trump de la tech américaine. Au besoin, vous la trouverez facilement en podcast ou sur la chaîne YouTube officielle de FC (en accès libre).

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Les 5 ragots
Les ragots sont actuellement
ouverts à tous, c'est open bar !
par heurle, le Jeudi 23 Janvier à 14h24  
par Un ragoteur qui draille embusqué le Samedi 18 Janvier à 11h25
Si vous étiez américains vous le verriez d'un bon oeil
Trump va libéraliser énormément de choses
On va pouvoir investir et gagner plutôt de que de payer des taxes et écouter des discours moralistes
C'est très bien
Je ne vois pas ou est la bonne nouvelle ?
par Un ragoteur qui draille embusqué, le Samedi 18 Janvier à 11h25  
Si vous étiez américains vous le verriez d'un bon oeil
Trump va libéraliser énormément de choses
On va pouvoir investir et gagner plutôt de que de payer des taxes et écouter des discours moralistes
C'est très bien
par beguemot, le Mercredi 15 Janvier à 20h01  
tu m'étonnes et le suivant va bien aider pour la Chine
par ragoteur systémique en Île-de-France, le Mardi 14 Janvier à 18h44  
Musk, Bezos, Zuckerberg, Huang, Cook, etc...

Tous ces gens derrière des beaux discours hypocrites et fallacieux cachent ce simple fait "qu'ils seraient prêt à vendre leur grand mère (et toute la famille) pour faire encore un peu plus d'argent".

Ce qui était une image d'Epinal au départ est devenu un fait avéré. Et après on se demande pourquoi on se dirige vers un grand écroulement mondial. Le tout est de savoir qu'entre la rapacité des uns et le changement climatique lequel va nous conduire en premier vers la 6ème extinction de masse.

Par chance je suis trop vieux pour en avoir quelque chose à m'inquiéter, mais pour la jeune génération actuelle, dépressive et on comprend pourquoi, ainsi que les suivantes, ça va être catastrophique.
On va d'ailleurs en avoir un avant gout avec la présidence de Trump le criminel. Avec Poutine et Jinping il va former le trio maudit.
par Un ragoteur bio du Grand Est, le Mardi 14 Janvier à 18h16  
Le plus comique, c'est de constater que la politique américaine est en fait dans une continuité carrément évidente pour les 2 dernières présidences et celle qui arrive.

Les positions médiatiques diffèrent, mais le fond est le même : relocaliser un maximum l'économie.

C'est avant tout le signe que les fuites économiques ne sont plus tenables, et quand on regarde ce que dit notre économie française, il est flagrant qu'on a largement dépassé le niveau de dépendance des USA, et c'est pas les quelques pièces jaunes promises pour des usines de semi-conducteurs "mainstream" ou batteries Li-ion sur le territoire européen, singeant le "Chips Act", qu'on va réellement s'en sortir...