Quand nous vous parlons de processeurs, alors vous savez directement qu’il ne va pas s’agir de bouzin européen. En effet, du côté de la haute performance grand public, aucun fondeur ni entreprise de design ne se situe sur le grand continent — exception faite de ARM, qui fait davantage dans la réalisation de design de CPU que dans la production en tant que telle. Or, pour pallier ce triste constat et tenter de se détacher de la dépendance américaine, l’Europe a sa solution : l’EPI, ou European Processor Initiative.

 

L’idée, en interne, est simple — et pas franchement nouvelle... – : designer le processeur de demain directement sur notre territoire, le tout via un 6 nm de chez TSMC, des cœurs Neoverse de chez Arm, en passant par une firme/start-up/société écran tout juste créée du côté de Grenoble : SiPearl. Chargée de la partie commerciale et de la promotion marketing du projet, voilà que notre firme française vient d’annoncer... une collaboration avec Intel. Vu de l’extérieur, l’acte est anodin, voire encourageant : il est commun de voir les bleus distribuer des billets aux projets prometteurs, quand il ne s’agit pas de l’absorber tout bonnement et simplement.

 

sipearl cpu

Un logo qui transpire le budget...

 

Le hic, c’est que notre SiPearl a pour but de proposer un processeur européen, dans un but de souveraineté. Certes, il faut bien commencer sur des bases solides, et l’expertise de papy Pat a de quoi rassurer ; mais, d’un point de vue externe, difficile de ne pas être suspicieux. Dans la pratique, néanmoins, ce partenariat concerne Xe, l’architecture GPU, et plus précisément le développement de solution mêlant Rhea — le futur CPU de SiPearl — et Ponte Vecchio, la version HPC des cartes graphiques bleues. Étant données les difficultés de productions de bleus, les mauvaises langues pourront arguer que les retards pourront être partagés entre la jeune boîte française et le géant américain ! Tout du moins, ce support devrait apporter une compatibilité avec OneAPI, le système tout-en-un de développement et d’optimisation des bleus pour le calcul scientifique, qui s’étend de l’algèbre linéaire généraliste au machine learning.

 

Bien qu’il ne s’agisse ni de PyTorch, ni de Tensorflow (les deux frameworks principaux pour le machine learning), la présence du fondeur de Santa Clara a de quoi rassurer quant au suivi du projet. Reste à espérer que SiPearl possède une solution alternative à moyen terme pour remplacer ces GPU, cette fois-ci européenne. Pourquoi pas du côté de Kalray, par exemple (ce n’est pas comme si la start-up n’était pas, elle aussi, près de Grenoble....) ? Ou encore GraphCore, davantage orientée IA, qui se situe de l’autre côté de la Manche (d'autant plus que les fimes ont déjà annoncé collaborer) ? Le principal problème n’est en effet pas tant de trouver des firmes, mais plutôt de les conserver (et en bonne santé...) ainsi que les intégrer dans un projet global cohérent. Affaire à suivre !


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