Le dada européen en question se nomme EPI, ou European Processor Intitiative, et derrière ce énième acronyme se cache en fait le projet européen lancé en 2018 (et présenté en détail en 2019) visant à (re)motiver la conception "made in EU" de processeurs taillés sur mesure et adaptés à différents modèles d'utilisation au sein de l'Union. Le financement de ce projet a lieu dans le cadre du programme européen Horizon 2020. Pour l'anecdote, parmi le consortium EPI se trouve maintenant aussi une nouvelle compagnie française SiPearl officiellement fondée le 21 janvier et qui a été créée spécifiquement pour être la partenaire commerciale principale d'EPI, notamment pour gérer tous les aspects commerciaux et marketing des différentes versions de la future plateforme.

 

sipearl roadmap  [cliquer pour agrandir]

 

L'un des premiers travaux de l'EPI est donc de créer un CPU custom pour des applications de type HPC ( calcul haute performance) comme l'apprentissage des machines, mais la technologie sera à terme également exploitée dans les cadres de l'automobile autonome, l'intelligence artificielle ou encore l'analyse des données. Aujourd'hui, il s'avère que les premiers prototypes sont désormais bel et bien en chemin. Jean-Marc Denis, le président du conseil d'administration de l'EPI, s'est récemment entretenu avec le journal Next Platform à ce sujet et leur a (re)confirmé certaines informations portant sur les objectifs de l'initiative et surtout un calendrier de lancement.

 

Ainsi, le futur processeur est prévu pour être manufacturé à partir du procédé 6 nm EUV de TSMC et devrait conclure la dernière phase de sa conception (tapeout) vers la fin de l'année ou le début de 2021, et celui-ci sera notamment caractérisé par une architecture hétérogène afin d'être en mesure de répondre à des besoins multiples et différents. Enfin, la période de test pourrait ensuite prendre place au moins de Q2 2021 à Q4 2021.

 En pratique, le processeur EPI utilisera une base de CPU ARM, plus spécifiquement la version "Zeus" de la microarchitecture Neoverse conçue par ARM pour le marché des serveurs et la gestion des tâches "basiques" comme l’exécution du système d'exploitation. Pour le reste, le processeur EPI intégrera aussi une puce Titan, un processeur RISC-V qui utilise des unités de traitement vectoriel et tensoriel pour réaliser des calculs d'intelligence artificielle, et qui supportera tous les nouveaux standards en vigueur pour le faire, dont FP32, FP64, INT8 et bfoat16. À savoir aussi que le processeur Titan sera secondé par de la mémoire HBM, disposera d'interfaces DDR pour le CPU et de liens PCIe 5.0 pour le reste, du moins avec la plateforme initiale de test, qui peut encore évoluer ensuite.

 

Pour l'instant, tout est encore planifié sous la forme d'une seule puce, mais l'idée de chiplets est sur la table pour les prochaines implémentations, et selon Jean-Marc Denis, il reste aussi déterminer quels sont accélérateurs et composants à garder pour les prochains supercalculateurs exascale de l'UE et la manière dont il seront répartis au sein de ces machines. Bref, c'est un travail complexe qui prendra encore du temps. Comme mentionné auparavant, si tout se passe bien les premiers produits pourront entrer leurs phases de tests et de qualifications dès la seconde moitié de 2020, la phase de production devrait ensuite pouvoir commencer une année plus tard, juste à temps pour s'aligner avec les objectifs de l'EuroHPC de déploiement de deux superordinateurs exascale sur le sol européen en 2023 ! (Source : Next Plateform)

 

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 L'Europe tente encore l'aventure du CPU vers de nouveaux superordinateurs exascale européens. Où en est donc l'European Processor Initiative ?  

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