• BIOS, UEFI, késako

Dans des temps immémoriaux — c’est-à-dire avant les environs 2006 -, les PC du commerce étaient tous équipés de BIOS. Derrière cet acronyme se cache le Basic Input Output System, une interface primaire permettant les principaux réglages de la machine, notamment en matière de fréquences de fonctionnement, qu’il s’agisse du processeur, de la RAM, ce qui en faisait l’arme favorite des clockers. Rajouter la configuration de certains équipements embarqués (carte son, carte réseau ou conrôleur USB) ainsi que le choix du média de démarrage, et vous obtenez un incontournable de tout geek souhaitant bidouille sa machine jusqu’à la fin des années 2000.

Pourtant, les manipulations dans le BIOS existent toujours en 2020, pourquoi alors causer de la fin du BIOS ? C’est bien là que les choses se compliquent, ma petite madame ! En effet, vous n’êtes pas sans savoir que les BIOS n’ont pas disparu, et offrent désormais des fonctionnalités à foison : sauvegarde des réglages, interface graphique stylisée, mise à jour automatique par web, contrôle du RGB, des ventilateurs... Raté, il s’agit en fait d’UEFI !

 

bios vs uefi

BIOS à gauche, UEFI à droite : la modernité est clairement visible !

 

L’initiative vient d’Intel, qui commence dès les années 90 à développer un nouveau système pour outrepasser les limitations des BIOS. Datant des débuts des IBM PC, ces micrologiciels sont restés bloqués aux spécifications de l’époque : codage en assembleur, interface ultrabasique avec les composants, mode 16-bit adressage physique avec 1 Mio de RAM seulement, et limité à l’amorçage de disques partitionnés en mode Master Boot Record (MBR). Bien que le MBR ait évolué depuis sa première spécification, ce format de disque présente, lui aussi, des restrictions, notamment lorsque plusieurs OS se partagent le même disque : les partitions peuvent se tirer la bourre au moment de choisir qui est la principale, et le choix de l’OS ne peut s’effectuer que via une couche logicielle supplémentaire : le bootloader. De toute manière, le bootloader est obligatoire pour les BIOS, car son rôle est justement de paramétrer le processeur dans son mode de fonctionnement optimal - 32 ou 64 bits adressage virtuel, principalement.

 

bios vs uefi tech slide

Un bon résumé graphique de la différence principale BIOS / EFI : plus de MBR !

 

Nous vous passons les moult péripéties du développement de l’EFI, d’abord nommée Intel Boot Initiative, puis renommé pour être plus tard succédé par l’UEFI qui, au lieu d’être propriété d’Intel, est géré par une alliance intégrant entre autres AMD, Apple, DELL (et plein d’autres !) ; retenez simplement que la sortie de l’UEFI date de 2006 pour une version numérotée 2.0. A contrario de son ancêtre BIOS, le nouveau UEFI se programme en C, se lance en mode 32 ou 64 bits et rajoute le support de contrôleur tiers — réseau et souris principalement — et, surtout, gère le format GPT (GUID Partition Table), qui envoie aux oubliettes le MBR en permettant de laisser cohabiter tranquillement plusieurs systèmes d’exploitation sur le même média au moyen d’une partition dédié au boot (en sus de supporter les disques de capacités supérieures à 2 Tio !). De plus, les UEFI disposent d’un mode de compatibilité BIOS sous la forme d’une option Legacy (souvent activée par défaut aux débuts de l’UEFI) entraînant, certes, une transition transparente pour les utilisateurs, mais aussi la confusion pour les non-initiés.

 

C’est également avec l’UEFI qu’est né le Secure Boot : une méthode d’authentification du système à booter à base de clefs cryptographiques. Dans l’idée, cette technologie est censée réduire le risque de cheval de trois et de modifications non autorisées du noyau, mais elle offre également un levier de plus pour Microsoft de bloquer les installations potentielles de Linux... Ce pourquoi nous vous conseillons de la désactiver dans notre tutoriel !
 

Ainsi, il est possible que votre Windows, en particulier s’il provient d’un disque non reformaté récupéré d’un autre ordinateur ou d’une migration depuis Windows 7, soit installé en mode BIOS ! Factuellement, les différences ne sont pas phénoménales tant que vous restez sous Windows seul : un temps de démarrage légèrement allongé, une vulnérabilité accrue à certains virus et, comme nous vous le rappelions en introduction, des restrictions au niveau des fonctionnalités bas niveau les plus récentes, le Smart Access Memory.



Les 12 ragots
Les ragots sont actuellement
ouverts à tous, c'est open bar !