Après le renoncement de GloFo et jusqu'au lancement d'IDM 2.0 dans la course, il n'y avait que 2 fondeurs capables de graver toutes les puces logiques dans les process les plus avancés, à savoir sous les 10 nm. Le Taïwanais TSMC qui a une capacité de production 4 à 5 fois plus importante que celle du coréen Samsung Foundry. Les clients étaient fidèles ou passaient de l'un à l'autre suivant les tarifs proposés, mais il y avait un certain équilibre.


Las, depuis quelque temps, il semblerait que les affaires aillent de mal en pis du côté du coréen. Notons tout d'abord un passage éclair de NVIDIA, historiquement chez TSMC, qui avait décidé pour des raisons de coûts de passer chez Samsung. Mal lui en a pris puisqu'il subit (subissait ?) des problèmes de rendement récurrents sur le node 8 nm. Décision a donc été prise de repasser chez TSMC pour la génération suivante, aka Ada Lovelace (a priori). 

 

L'été dernier, la compagnie annonçait le report d'un an de son nouveau procédé révolutionnaire, le 3 nm GAAFET. Elle insérait en conséquence les évolutions de 2 procédés matures, les 4 et 5 LPP.

 

roadmap Samsung Foundry [cliquer pour agrandir]

 

En début d'année, la rumeur courait concernant la contre-performance du nouveau SoC maison, l'Exynos 2200 et surtout de sa partie GPU novatrice sur le marché mobile, constituée de RDNA2. Démenti de Samsung, puis, présentation et tests du téléphone Samsung S22 existant avec 2 SoCs différents permettant de les comparer équitablement. La sentence tombait et la partie graphique est bien en retrait de 30 à 40% par rapport au Snapdragon.

 

Si NVIDIA a attendu la génération suivante pour changer de fournisseur, ce ne serait pas le cas de Qualcomm. Dernièrement, on apprenait que l'entreprise, las des faibles rendements des galettes en 4 nm chez Samsung Foundry pour son dernier-né (35 % seulement pour le Snapdragon 8 gen 1), se serait rapproché de TSMC pour fabriquer une « évolution » de son SoC phare, le même, mais avec un procédé 4 nm TSMC.

À tout cela s'ajoute dorénavant un scandale qui dénonce la falsification des résultats de rendement par la société pour les process les plus avancés, à savoir les 3, 4 et 5 nm ! Or, c'est bien sur ces rendements qu'est d'abord prise la décision de lancer une production en volume et sont ensuite fixées les tarifications des contrats. Un audit interne a été lancé pour savoir ce qu'il en était exactement et connaitre l'impact financier pour la société.

Il semblerait bien que Samsung Foundry soit dans un flot continu de mauvaises nouvelles. Dans de telles proportions, des changements importants à tous les niveaux sont nécessaires. Il faut investir dans la R&D pour rester compétitif - même si le concurrent semble lui aussi rencontrer des difficultés sur son prochain process. Et puis il y a le management. L'image de SamFo est ternie, il faut restaurer la confiance auprès des clients. Un changement avec l'arrivée d'un leader efficace - comme Lisa Su chez AMD à l'époque ou Patoche chez Intel plus récemment - serait bénéfique pour l'entreprise. Espérons que le futur process 3GAP sera au point et tiendra ses promesses pour avoir un début de réveil du géant du pays du matin calme.


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