Cela fait maintenant plus d'une décennie qu'AMD et GlobalFoundries travaillent ensemble. On rappelle que GloFo est le fruit de la séparation d'AMD de ses propres fonderies, dans sa transition vers une opération fabless lancée en 2009. GlobalFoundries est aujourd'hui une entreprise indépendante d'AMD, mais des accords avaient dès le départ été signés imposant des obligations à l'un comme à l'autre. Notamment, ceux-ci ont obligé GlobalFoundries à réserver systématiquement un minimum de sa capacité de production à AMD, et en retour, ce dernier doit utiliser et payer ces wafers, qu'il les utilise réellement ou non. À vrai dire, la nouvelle révision de ce contrat ne change rien de ce côté-là, mais entérine ce que le 7e amendement WSA avait commencé en 2019, c'est-à-dire le début de la fin de l'exclusivité entre AMD et GlobalFoundries, qui fut alors fixée pour 2024.

 

Entre autres, le nouvel amendement spécifie désormais les obligations d'achats de wafer négociés par AMD pour les 3 prochaines années. En tout, il y devra y en avoir pour une valeur estimée de 1,6 milliard de dollars — une obligation pour le moins "rassurante" dans ce contexte de pénurie de semiconducteurs, il faut l'avouer. Outre ce détail, le plus important c'est qu'AMD et GlobalFoundries n'ont désormais plus aucun autre engagement d'exclusivité entre eux. Autrement dit, AMD peut désormais aller faire son shopping où bon lui semble et pour n'importe quel procédé de fabrication, libre de l'obligation précédente d'utiliser en priorité les nodes — majoritairement du 12/14 nm — de GloFo. En pratique, cela ne changera probablement pas grand-chose dans l'immédiat pour AMD, qui était déjà parfaitement libre de choper du 7 nm et plus petit ailleurs. Notons tout de même aussi que l'échéance initiale de 2024 a été repoussée du 31 mars au 31 décembre de l'année.

 

De son côté, AMD a confirmé que ces 1,6 milliards de dollars de wafers 12/14 nm seront utilisés pour ses produits logiques les moins avancés, ainsi que pour les puces I/O des générations de CPU Ryzen et EPYC actuels, qui seront certainement encore fabriqués pendant un bon moment. N'oublions pas non plus les chipsets pour les cartes mères. Accessoirement, supputons qu'AMD pourrait peut-être aussi s'en servir à l'avenir pour les FPGA de Xilinx, après avoir absorbé cette dernière. Il sera tout de même intéressant de voir si AMD aura réellement l'utilité d'une telle quantité de wafers pour des puces relativement peu complexes sur 3 ans seulement. Dans tous les cas, il faudra les payer. D'ailleurs, AMD sera aussi obligée d'en prérégler une certaine quantité en 2022 et 2023,  et de payer la différence entre l'objectif d'achat et la quantité réellement utilisée.

 

Voilà, AMD et GlobalFoundries se sont donc encore distanciés et sont à présent plus indépendants que jamais. Difficile de savoir ce que réserve l'avenir en matière de collaboration entre ces deux-là au-delà de 2024, alors que GloFo s'est désengagé de la course des procédés de fabrication de dernière génération depuis 2018. (Source : Anandtech et ir.amd.com)

 

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