La rumeur avait émergée fin octobre, faisant miroiter la possibilité de voir le fondeur taïwanais UMC mettre la main sur deux usines 200 mm de Toshiba située au Japon, Fab1 et Fab2, pour la modique somme de l'équivalent en dollars taïwanais de moins de 300 millions d'euros, évidemment dans l'objectif d'agrandir son opération et renforcer sa position sur le marché japonais. Cette nouvelle rumeur arrive dans un contexte toujours un peu tumultueux pour le géant japonais Toshiba, qui s'est déjà débarrassé récemment de plusieurs de ses divisions, dont celle de la mémoire, désormais connue sous le nom Kioxia.

Ainsi, fin septembre il commençait à se murmurer que Toshiba pourrait considérer se retirer du marché du circuit intégré (LSI), ce qui pouvait rendre cette potentielle acquisition des fabs par UMC d'autant plus crédible. De plus, ce ne serait guère la première opération du genre pour le fondeur taïwanais. En 2019, moyennant un investissement de 54,4 milliards de Yens (~440 millions d'euros), UMC avait mis la main sur 100 % de Mie Fujitsu Semiconductor, un joint venture entre MIFS et Fujitsu Semiconducteur, pour un fab 300 mm au Japon.

 

umc

 

Stratégiquement, le wafer 200 mm est devenu d'une nouvelle grande importance, la demande mondiale dépassant déjà la capacité de production existante, notamment parce qu'aucune nouvelle usine 200 mm n'a été construite ces dernières années et que cette industrie bénéficie désormais grandement de l'explosion des besoins liés à la commercialisation mondiale d'équipement pour la 5G, dont de nombreux composants clés sont conçus principalement sur des wafers 200 mm. En retour, les prix risquent donc fort de grimper. Bref, on comprendrait parfaitement l'intérêt d'UMC pour les fabs de Toshiba, ce serait certainement un très beau jackpot pour le fondeur taïwanais, surtout à l'ombre de son compatriote mastodonte, TSMC. Pour un complément d'information, n'hésitez pas à relire cette brève sur l'état de la répartition mondiale de la capacité en wafer.

 

Néanmoins, dans un communiqué partagé hier, Toshiba a clarifié ces bruits de couloir en déclarant que l'entreprise continuera à se concentrer sur le marché des semi-conducteurs dédiés, et les circuits intégrés et microcontrôleurs analogues. Pour autant, la compagnie précise aussi qu'elle envisage bien des mesures de restructuration (autre que des licenciements) et qu'elle les mettra en œuvre si nécessaire, mais qu'aucune décision définitive n'a encore été prise à ce jour. Le japonais semble donc bel et bien vouloir garder son pied dans cette affaire, mais on notera tout de même que son annonce ne dénie pas directement la vente de ses usines.

Dans tous les cas, si des négociations sont réellement en cours avec UMC, plus de détails ne devraient pas manquer d'émerger au fil des prochains mois. De son côté, le fondeur taïwanais n'a pas souhaité commenter les rumeurs, mais aurait souligné qu'il est parfaitement ouvert pour discuter fusion et acquisition - clairement un clin d’œil, avis aux intéressés !  (Source : 1 et 2)

 Alors Toshiba, vendra, vendra pas ? En tout cas, ce n'est pas UMC qui dirait non...  

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