La fibre pour tous en 2025, c'est un beau rêve que l'État français essaie d'instaurer, ce qui permettrait d'abandonner le vieux réseau cuivré et de mettre à plat la quasi-totalité de la population sur l'égalité d'accès au numérique - si vous oubliez les factures et l'achat des appareils informatiques. Cependant, de nombreuses barrières sont à déplorer, et très souvent des personnes se plaignent que lorsque les fonds et les travaux sont débloqués dans leur secteur, ils n'arrivent pas à voir le Saint Graal pour autant. Donc voici une liste non exhaustive des principaux problèmes, qui font que parfois le dernier bout de conduit lumineux n'arrive pas chez vous.

 

L'éternel souci de la sous-traitance

Il est très fréquent de voir les acteurs taper sur les installateurs du réseau à très haut débit, mais le plus gros point noir est l'organisation de ce déploiement : une pieuvre sans fin de sous-traitants divers et variés. Dans certains domaines, cela n'est pas toujours un problème, mais au niveau des télécoms, le manque de régulation et de vérification amène à des bavures parfois monstrueuses, que ce soit sur la qualité de prestation ou la vitesse d'exécution.

 

Alors oui, la crise sanitaire a eu un effet de retard, mais il semblerait que certains opérateurs ont déjà retrouvé la cadence d'origine, et pourraient même dépasser celle de 2019. Pour rappel, l'ARCEP avait durci le ton à ce sujet, soulignant le manque de sérieux des opérateurs et de leurs sous-traitants sur la continuité des travaux.

 

Il faut aussi rajouter les ratés sur les installations, donnant parfois les fameux "plats de nouilles", où l'on raccorde à l'arrache les nouvelles prises sans se soucier des installations présentes. Dans les pires cas, nous pouvons avoir le droit à des fibres pincées ou cassées par les techniciens, et les opérations de réparation peuvent prendre du temps. Afin de calmer ce problème, certains opérateurs ont commencé à réaliser des contrats plus stricts avec les sous-traitants, et les autorités publiques commencent une surveillance de l'état des installations.

 

Vous aimez les poteaux ? Enedis aussi, mais un peu trop...

Il s'agit d'un sujet qui fait débat depuis longtemps et qui énerve bon nombre d'acteurs. Il est techniquement possible d'utiliser les poteaux électriques afin de faire passer la fibre en aérien dans certaines zones, mais Enedis est trop tatillon sur les calculs de charge. Résultat : de nombreux secteurs mettent plus de temps que prévu avant le raccordement, car il faut attendre l'autorisation de la société. 

 

Cédric O a été interpelé à ce sujet lors de l'Université d'été du THD - qui a eu lieu ce mois-ci - et après délibération, a indiqué qu'il était impossible d'assouplir directement les conditions d'utilisation des poteaux. Or, un petit pas en avant a été réalisé tout de même : Enedis fait partie des acteurs du déploiement, ce qui permettra de négocier directement avec lui les conditions et l'assouplissement futur de l'utilisation des poteaux électriques, un souci encore plus prenant pour les zones rurales.

 

Mauvaise adresse, repassez plus tard !

 Autre point souvent gênant, il s'agit des bâtiments et locaux eux-mêmes. Le premier scandale a éclaté il y a quelques mois, en apprenant que certains opérateurs auraient utilisé des informations du cadastre trop vieillottes, ce qui a fait que des quartiers récents ou rénovés ont parfois été oubliés. Les premiers ciblés sont d'ailleurs les extensions de zones existantes, comme un réaménagement de quartier. Là-dessus, c'est pas moins de 2,6 millions de prises qui ont été estimées comme oubliées, et qu'il faudra rattraper rapidement, sous peine de sanction de la part de l'ARCEP.

 

Mais les soucis de copropriété sont toujours présents malgré toutes ces années et les campagnes d'information au sujet de la fibre. Là pareil, la loi sera assouplie et permettra de se passer de l'aval des syndicats pour raccorder un bâtiment, la crise sanitaire servant de bonne excuse ici, mentionnant les difficultés à tenir des AG. Ou de laisser le conseil syndical de donner son accord ou non, afin de limiter les levées de bouclier tout en accélérant les procédures. Il faudra surveiller ce point de près. 

 

Et sinon, les opérateurs/installeurs, tout simplement

Une partie des problèmes sont aussi liés à la gestion des projets et du commerce tout en haut de la chaine, non pas forcément que les opérateurs soient totalement coupables, mais surtout  parce que les derniers événements ont mis à mal les différents réseaux. Ainsi, les demandes de raccordement à la fibre ont explosé depuis la fin du premier confinement, les gens optant de plus en plus pour le télétravail. Une situation qui aggrave les soucis mentionnés précédemment, toutefois cela montre d'autres aspects plus commerciaux de la problématique.

 

Il faut dire que cette explosion a mis à mal le réseau durant quelque temps. Ne pas oublier aussi, mais par endroit les opérateurs louent entre eux les infrastructures, et cela provoque des soucis dans l'installation et la maintenance des abonnés, entre les droits d'accès, les animosités entre concurrents... Et encore une fois, le modèle de sous-traitance actuel n'est pas une réussite ici, provoquant des retards ou des ratés lors du raccordement des particuliers. Les autorités demandent donc de freiner progressivement la sous-traitance à outrance, afin que les opérateurs reprennent en main les travaux et la gestion de la fibre.

 

Cela ne doit pas passer uniquement par des vérifications, mais surtout par une meilleure gestion humaine dans tout ça - oui on sait, dit comme ça c'est bisounours - avec une cadre plus rigide. Ainsi, certains ont commencé avec des contrats de sous-traitance ou d'embauche plus rigoureux, en formant mieux les techniciens, en passant des accords entre opérateurs... Tout cela est primordial, car ce domaine peut être porteur d'embauches, au lieu de faire appel à des intervenants divers et variés, notamment en réorientant la production en France. Nous parlons d'une estimation de 7000 à 8000 contrats à temps plein pour l'année prochaine, un chiffre non négligeable  ces temps-ci. (source : blog de degrouptest)

 

 

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