La question se pose régulièrement dans le domaine de la production lithographique de pointe : vers qui les constructeurs vont-ils préférer se tourner parmi la poignée de fondeurs encore dans cette course pour leurs futures générations de produits ? Parfois (souvent), cela donne des rumeurs comme celle-ci, où l'on spéculait alors sur l'usage potentiel du 3 nm GAFEET de Samsung par AMD et Qualcomm au moins pour certaines de leurs puces (et on verra aujourd'hui que ce n'est peut-être pas totalement faux). Mais parfois, des informations un poil plus crédibles et potentiellement mieux renseignées peuvent également circuler sur la toile, et le point bonus c'est justement quand ce n'est pas une rumeur sans auteur !

C'est exactement ce à quoi on a le droit aujourd'hui, avec le rapport d'analyse Overweight de JP Morgan (vous savez, l'une de ces grosses banques qui contrôlent une bonne partie du monde). Attention, cela reste avant tout un travail d'analyse basé sur les observations et les informations à disposition des grands « cogiteurs » de la banque, on est donc toujours dans le domaine de la spéculation, sauf qu'elle est professionnelle et certainement mieux informée. Accessoirement, on peut le prendre aussi comme un petit condensé plus officiel des rumeurs sur sujet qu'on a déjà pu voir passer ces derniers mois.

 

Tout d'abord, JP Morgan estime que c'est bien TSMC qui gardera (sans surprise) les faveurs des constructeurs fabless et arrivera de ce fait à conserver 90% des parts de marché du procédé 5 nm (N5 chez TSMC), et même à atteindre entre 80 et 90 % pour son N3 sur les prochaines années, ce qui ne laisserait pas grand-chose pour les autres. L'analyste entrevoit aussi que TSMC sera prochainement en manque de capacité de production pour ses procédés de génération N7, ce qui pourrait pousser le fondeur à en construire davantage entre 2023 et 2024. Qui faudra-t-il remercier pour tout cela ? D'abord, Qualcomm et NVIDIA, mais aussi AMD et Intel (et Apple), bien entendu !

En effet, tout d'abord, JP pense que Qualcomm reviendra finalement chez TSMC pour un flagship Snapdragon en 4 nm pour la seconde moitié de 2022, après s'être absenté en 2020/2021 le temps d'un Snapdragon 888(+) chez Samsung. Par contre, le constructeur hésiterait en ce moment encore entre le N3E de TSMC et le 3 nm de Samsung pour son prochain porte-étendard de 2024, et la poire pourrait ainsi être coupée en deux en faisant produire des références différentes chez l'un et chez l'autre.

 

Ce serait un peu le même son de cloche pour NVIDIA, qui ramènerait au moins une partie de son business GPU chez TSMC. On rappelle que NVIDIA aussi avait déjà plus ou moins coupé la poire en deux en faisait fabriquer toutes ses GeForce RTX 3000 en 8 nm chez Samsung, et l'A100 et ses dérivés en 7 nm chez TSMC. Mais les choses devraient donc changer un peu avec les futures RTX 40 (toutes ? Seulement les plus grosses ?), a priori aka Ada Lovelace, c'est le N5 de TSMC qui serait cette fois-ci le procédé élu - une rumeur qui a d'ailleurs déjà circulé en septembre. Enfin, il en irait exactement de même pour les futures puces spécialisées IA de la future architecture Hopper de NVIDIA. 

Chez AMD, on sait déjà que Genoa et Zen 4 seront fabriqués (enfin, l'est déjà dans le cas des EPYC Genoa) sur le N5 de TSCM. Toutefois, JP Morgan a eu vent qu'AMD pourrait aussi bel et bien évaluer quelques projets (potentiellement GPU) à faire produire sur le 3 nm de Samsung en 2023/24, mais que la grande majorité du catalogue du constructeur restera très vraisemblablement cantonné chez TSMC pour l'ère N3, cela semble cohérent. Accessoirement, il y a aussi une forte probabilité qu'AMD confie à Samsung la production d'un ou plusieurs SoC en 4 nm pour Chromebook d'ici la fin de 2022, un projet que TSMC ne serait pas trop prêt à supporter, pour la simple raison que le marché en question est en déclin et donc peu intéressant.

 

Quid côté Intel, concurrent en devenir, mais aussi client ? JP pense qu'il est très probable que l'américain sera le deuxième plus gros client pour le N3 de TSCM en 2023, avec une pointe à un peu plus de 20 000 wafers mensuels. Sur cette période, Intel confierait à TSMC la production de certains FPGA et de certaines « tuiles » de ses futurs CPU desktop. Cependant, l'analyste pense que TSMC ne comblera pas toutes les demandes d'Intel en matière de N3 étant donné le manque de visibilité sur les projets du fondeur et des incertitudes quant à sa « fidélité ». Enfin, on peut noter que la production serait (logiquement) en hausse pour les premiers GPU dédiés d'Intel, censés arriver début 2022. Ceux-ci sont fabriqués sur le procédé N6 chez TSMC, mais il est apparemment encore difficile d'estimer le niveau de la demande venant du fondeur considérant qu'il s'agit de sa première aventure sur ce marché. En tout cas, cela veut tout de même dire que TSMC sera en 2022 le fabricant de très grandes majorités des GPU dédiés du marché pour NVIDIA, AMD et Intel ! Comme dirait Borrat : « great success » ! (Source : JP Morgan via @chiakokhua)

 

borrat tsmc great success


Un poil avant ?

Alder Lake et les DRM, c'est presque terminé

Un peu plus tard ...

NVIDIA pense que l'appro en GPU commencera à aller mieux d'ici mi-2022...

 Quel sera donc le fondeur de choix pour les futures générations de puces de 2023 à 2024 ? 

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