Face à la situation dans lequel se trouve le marché en ce moment, la production et l’approvisionnement en semiconducteur sont désormais autant une affaire politique (et donc de fierté) qu’économique. De ce fait, dans un nouvel effort mimiquant les différentes initiatives américaines (qui a déjà réussi à séduire/convaincre TSMC et Samsung), chinoises (SMIC) et japonaises (construction d'un nouveau campus R&D par TSMC), l’Europe aussi a commencé à afficher sa volonté de rétablir une proximité géographique entre l’industrie du semiconducteur, sa production et sa clientèle — tout particulièrement celle de l’industrie automobile. Comme ailleurs, cela pourrait se faire avec la carotte habituelle des subventions et de programmes de financements pour promouvoir les productions locales et réduire la dépendance vis-à-vis de l’Asie.

 

Ce n’est pas un secret que l’Europe accuse un retard conséquent et ne joue aujourd’hui quasiment aucun rôle dans l’industrie de la production de semiconducteurs (mis à part ASML qui fournit la majorité des fondeurs en équipement de production), l’Union représenterait tout juste 6 % des parts. Mais après des années d’une production essentiellement centralisée en Asie, à Taïwan en particulier, la donne est déjà clairement en train de changer, motivée entre autres par l’émergence de nouvelles tensions géopolitiques et les incertitudes qui en découlent invitant de ce fait à un changement de stratégie, paraissant désormais indispensable sur la durée.

 

puce semiconducteur made in europe

 

Bien entendu, il est encore un peu tôt pour savoir qui répondra à l’appel européen et viendra joyeusement piocher dans l’enveloppe de 145 milliards d’euros que le nouveau pacte européen prévoit d’y engouffrer. Digitimes aurait entendu dire auprès de différents « observateurs » anonymes que TSMC serait sans aucun doute l’un des meilleurs candidats et un choix logique considérant son portfolio de technologies et son savoir-faire. Pour le Taïwanais lui-même, une meilleure distribution géographique de ses moyens de production serait probablement aussi une bonne chose pour son monopole, par exemple pour sa résilience et sa flexibilité, des frais de transport réduits, une proximité pratique avec sa clientèle, etc. Mais d’autres joueurs dans liste pourraient également tout à fait prétendre d’une manière ou d’une autre à la manne européenne : Samsung, Globalfoundries, Bosch Semiconductor, Infineon, Intel…

 

La question de « qui ? » reste ainsi encore largement ouverte, suivie de celle de « quand ? » et de « quoi ? ». En attendant, la Chine a prouvé qu’il est possible de construire relativement rapidement une industrie du semiconducteur à partir de « rien », « seulement » avec d’importants investissements gouvernementaux et les « emprunts » de technologies existantes, l’Europe peut donc tout à fait suivre le même chemin, même si les méthodes différeront sûrement. Après tout, il n’y a pas d’amis dans le monde des affaires… (Source : Digitimes, via Computerbase)


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