La route de la cryptomonnaie facebookienne semble plus que jamais être semée d'embuches, alors que Facebook - avec ses partenaires sous couvert de la Libra Association - continue les préparations du lancement toujours planifié pour juin 2020. La compagnie américaine a choisi la Suisse pour l'installation du siège social de l'association Libra - qui, rappelons-le, profite du soutient et de la participation d'une trentaine d'entreprises majeures comme eBay, Mastercard, Iliad, PayPal, Visa ou encore Spotify -, un choix devenu d'autant plus évident que le projet a rencontré immédiatement une assez forte opposition politique aux États-Unis, où quelques membres du Congrès avaient même déjà exigé la suspension de Libra.

 

Cette opposition à domicile se retrouve toutefois aussi très largement ailleurs, de nombreux pays ont déjà fait part de leur méfiance, voire leur opposition à l’initiative de Facebook et la France en fait désormais officiellement partie depuis l'intervention de Bruno Lemaire en marge d'une conférence de l'OECD justement à propos des monnaies virtuelles. Le message était d'ailleurs assez clair : La France - et par extension l'Europe - fera tout pour bloquer et s'opposer au développement de Libra, le Ministre de l'Économie estimant qu'elle représentera une menace pour la souveraineté monétaire de l'Europe, ainsi que celle des autres régions du globe.

 

Avec le projet Libra, la souveraineté monétaire des États est en jeu. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas autoriser le développement de Libra sur le sol européen.
Libra serait une monnaie globale détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs. Libra soulève un risque systémique. Toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves, pourrait créer des désordres financiers considérables."
Dans les états qui ont des monnaies faibles, Libra se substituera à des monnaies souveraines et remettra en cause l’indépendance des états. Cette privatisation éventuelle des monnaies soulève des risques d’abus de position dominante." - Bruno Lemaire, Ministre de l'Économie

 

Forcément, l'idée aussi de voir des compagnies privées - dont beaucoup sont déjà bien plus (trop) inffluentes et toutes-puissantes que certains États -  ainsi court-circuiter les systèmes monétaires en place et d'assurer elles-mêmes directement le contrôle d'une monnaie à l’échelle mondiale ne plaît pas beaucoup, et inquiète les autorités financières, les politiciens et les législateurs, ainsi que les banques centrales - pour des raisons en fin de compte tout de même assez évidentes. En parallèle, loin de l'Europe ou des États-Unis, la Chine et l'Inde ont déjà prévenu qu'ils considèrent d'emblée bannir la cryptomonnaie Libra du territoire si celle-ci voit le jour.

 

Et la Suisse, alors ? Quelle est donc l'humeur dans le pays des alpes et du fromage élu par Facebook comme domicile pour sa monnaie ? Un peu en écho lointain aux inquiétudes européennes et suivant sa première propre évaluation du projet, la FINMA (l'autorité de régulation des marchés financiers en Suisse) a fait savoir que le système de paiement de Libra pourrait être soumis aux mêmes règles s'appliquant généralement aux banques, en sus de l'application des lois très strictes en matière de lutte contre le blanchiment d'argent ! Un communiqué en parallèle de celui de la Libra Association, qui a fait part de son intention de devenir un système de paiement licencié en Suisse.

 

For bank-like risks, for example, bank-like regulatory requirements would apply. The highest international anti-money laundering standards would need to be ensured throughout the entire ecosystem of the project." - FINMA.

 

La FINMA a aussi expliqué que les risques et rendements associés à la réserve d'actifs - obligatoire pour assurer la stabilité de Libra - devront être entièrement pris en charge par l'association et non par les détenteurs de la monnaie virtuelle. Certes, la Suisse ne rejette donc pas le projet contrairement à ses voisins, mais en contrepartie imposera de nombreuses conditions à respecter pour l'existence de la cryptomonnaie et pour la mise en place de son système de paiement. Au fond, cela n'en reste pas moins un revers pour Facebook et d'un nouvel obstacle pour Libra, dont l'avenir reste tout de même relativement incertain face à la levée de boucliers un peu partout. De la à penser que le projet est mort-né, attendons encore de voir, le bras de fer est loin d'être terminé !

 

T'façon, au Comptoir on préfère déjà largement les cryptokitties, en attendant bien sûr de franchir le pas de notre propre BXcoin RGB pour dominer la planète à dos de Licorne, au moins ! (Source : Reuters, Independent)

 

libra argent in zuck we trustFacebucks !

 La Libra Association, le projet de monnaie virtuelle de Facebook, se heurte à une forte opposition en Europe et de nouvelles contraintes en Suisse - pays choisi pour son siège social et l'établissement de son système de paiement.  

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