Depuis quelque temps déjà, la fondation Mozilla — ainsi que d’autres acteurs du web — poussent pour la popularisation du HTTPS, c’est à dire l’utilisation d’une surcouche TLS pour accéder à nos bonnes vieilles pages web en HTTP. Vous l’avez peut-être remarqué, mais le Comptoir est passé l’an dernier en HTTPS, histoire de vous épargner un message d’avertissement pas du tout flippant de votre navigateur quant à une communication non sécurisée. Car le rôle de cette couche TLS est multiple : d’un côté, la confidentialité puisque les paquets sont chiffrés, empêchant ainsi un individu mal intentionné qui aurait un accès à votre réseau de le sniffer et d’obtenir des identifiants, et, de l’autre, la sécurité, puisque la procédure de chiffrement permet au passage de certifier que le site avec lequel vous communiquez est bien authentique — contrant ainsi les attaques du type « homme dans le milieu ».

 

Avec ces avantages vient un inconvénient : celui de la mise en place du schmilblick. En effet, le TLS fonctionne avec un système de clefs de chiffrement — rien de bien nouveau là-dedans, c’est le même principe que le SSH. D’un côté, le serveur envoie une clef publique que le client utilise pour chiffrer ses messages ; messages qui sont par la suite déchiffrés par le serveur à l’aide d’une clef privée, secrète. De cette manière, clients et serveurs conviennent d’une clef unique, qui sera par la suite réutilisée pour toute la durée de la connexion. Sauf qu’il faut tout d’abord s’assurer que le serveur est authentique, et c’est là que se déroule notre affaire de certificats : toujours sur fond de chiffrement, ces fichiers servent à garantir qu’un site est bien celui qu’il prétend être (et que votre trafic n’est pas rerouté par un pirate), en se basant sur une autorité de certification (ou CA en anglais), c’est-à-dire un certificat racine qui a préalablement déposé sa marque pour le certificat du site accédé. Ces CA sont peu nombreux et sont directement présents dans les OS, navigateurs et autres logiciels susceptibles d’aller sur le web, faisant de l’obtention d’une certification de leur part une opération souvent coûteuse.

 

Souvent, mais pas toujours, puisque, depuis 2016, Let’s Encrypt propose gratuitement des certificats valables 3 mois sous condition de vérification d’un serveur web sur le port 80 de votre nom de domaine, une méthode qui est justement celle permettant de vous servir un Comptoir en HTTPS moyennant une coupure tous les trois mois faute de stagiaire pour renouveler le bousin.

 

letsencrypt logo

 

Cependant, Let’s Encrypt ne possédait jusqu’alors pas sa propre autorité de certification : derrière elle se cache un IdenTrust DST Root CA X3, un certificat racine qui est arrivé à expiration hier, le 30 septembre : oups. De quoi casser le net ? Pas vraiment : un nouveau est d’ores et déjà utilisé pour le remplacer, cette fois-ci fait maison, le ISRG Root X1, qui est valide jusqu’au 4 juin 2035. Le souci provient en fait des clients (téléphones portables, ordinateurs, consoles de jeux, etc.), car, pour que le nouveau certificat racine soit reconnu comme de confiance, il faut avoir fait les dernières mises à jour — vous comprenez le souci, encore faut-il en avoir ! Or, pour bon nombre d’appareils, ce n’est plus le cas : citons pèle-mêle la PS3, les téléphones Android avant la 7.1.1, les iBidules avant iOS 10, Ubuntu avant la version 2016, Windows avant XP Service Pack 3 (!,)... la liste complète étant disponible ici. De suite, les choses paraissent plus graves... Sauf que, pour certains d’entre eux, la date de validité des root certificates n’est en fait pas testée, ce qui permet donc d’utiliser un certificat cross-signé par l’IdenTrust DST Root CA X3 pour que les sites soient in fine considérés comme valides : ouf ! Pour bien rajouter du flou à cette histoire, ce cross-signé est également nommé ISRG Root X1 — tout comme le certificat auto-signé de Let’s Encrypt — est n’est valable que jusqu’en 2024 (ce qui reste plus lointain que la limite initiale d’hier).

 

Au niveau des conséquences, nul ne sait encore ce qui va arriver. Les mauvaises surprises ont été légion lors d’expiration de certificats passés, mais il faut dans ce cas précis qu’un site Let’s Encrypt soit encore contacté par des appareils non mis à jour depuis une dizaine d’années. En tout cas, si jamais un vieux bousin connecté à Internet ne fonctionne plus sur certains sites, voilà une piste de réflexion !


Un poil avant ?

Pour ASML, la loi de Moore n'est pas morte, loin de là !

Un peu plus tard ...

Alléluia, Noctua tease les NF-A12x25 chromax.black !

 Ouh, ouh, l'internet va casser après le 30 septembre, ouh ouh... ou pas ? 

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