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Epic défie Steam dans un duel de chronomètres, mais se fait battre à son propre jeu

Epic Games n’avait pas caché que ses équipes travaillaient sur une nouvelle version de son lanceur, plus rapide. Un travail décidément dans l’air du temps, puisque cette mouture, qui vient de voir le jour, a été réalisée en vibe coding. Elle donne l'occasion à la société de revendiquer un temps de lancement plus court que celui de la concurrence. Hélas pour elle, il semble que, du côté de Valve, on avait anticipé l’offensive de l’adversaire. Ou qu’on a également adressé dans l'urgence à Grok, OpenAI Codex ou Claude Code, le prompt suivant : « Yoh mon poto. Programme un nouveau launcher plus rapide. Il doit mettre moins de 5,47 secondes pour se lancer. La concurrence nous attend au tournant. Alors je compte sur toi, champion. »

epic games vs steam

Et sinon, combien de temps pour accéder au menu d'un jeu ?

Ce nouveau lanceur d’Epic Games est disponible en version Preview. Il apporte donc des chargements plus rapides, une interface revue et une meilleure gestion de la bibliothèque de jeux. L’éditeur le dégaine dans des versions pour Windows, macOS, mais également Linux.

L’arrivée d’un client Linux natif constitue ainsi l’autre nouveauté majeure. Sont supportées les distributions Ubuntu 22.04 LTS, Fedora 43 et Debian 12. Et naturellement, leurs versions ultérieures. Cette compatibilité ne garantit toutefois pas le fonctionnement de tous les jeux Windows. Leur prise en charge dépend des couches de compatibilité et des systèmes anti-triche employés.

En matière de performances, le studio a illustré les progrès accomplis en comparant son client à celui de Valve. Selon des tests réalisés par Keywords Studios, une société mandatée par Epic, son lanceur s’ouvre en 5,47 secondes, contre 10,07 secondes pour Steam. La gagnante revendique ainsi un démarrage 1,8 fois plus court.

La société annonce des gains sur d’autres opérations. Le retour de l’arrière-plan à la bibliothèque prendrait 0,36 seconde, contre 0,42 seconde pour Steam. Assurément, six millisecondes qui changent tout ! Quant au chargement de la bibliothèque, il serait 30 fois plus rapide qu’auparavant. Mais sur ça, Epic ne propose aucune comparaison avec le client de Valve.

Ces résultats reposent sur des tests effectués en octobre 2026 sur treize configurations. Les trois machines les moins performantes ont été écartées des moyennes publiées. Un moyen efficace de les faire gonfler, à n'en point douter.

La refonte change aussi les pages de jeux, ajoute les collections personnalisables, de nouveaux modes d’affichage et une recherche améliorée. Par ailleurs, le gestionnaire de téléchargements affiche désormais les débits en lecture et en écriture. Des fonctionnalités sociales, dont les groupes et le chat vocal, complètent l’ensemble.

lanceur epic games nouveau ocobtre 20261

Pour revenir aux métriques, les comparaisons d’Epic sont discutables. D’autant plus que le 13 octobre, Valve a publié une mise à jour de Steam. Le journal des modifications mentionne une amélioration des performances au démarrage, sans pour autant la quantifier.

Un utilisateur de X a chronométré le lancement de Steam à 5,23 secondes après cette mise à jour, sur son PC (il atterrit sur sa bibliothèque et non sur le store cela dit). C’est moins que les 5,47 secondes revendiquées par Epic pour son nouveau lanceur. Résultat à nuancer dans tous les cas, étant donné qu'il provient d’un test individuel, quand Epic avance un protocole plus inclusif. Pour notre part, sur notre ordinateur, après mise à jour du client, nous avons une moyenne de 7,21 secondes entre le clic sur l’icône du bureau et l’affichage complet de la page d’accueil du magasin. On supporte.

Empiriquement, nous n’avons pas vu beaucoup de gens se plaindre de la lenteur du client de Valve. De toute façon, Steam conserve un avantage historique en matière de fonctionnalités et de communauté. Gageons que ce ne sont pas quelques secondes de plus ou de moins au démarrage qui convaincront ses dizaines de millions d’utilisateurs, dont 43,5 millions se sont retrouvés simultanément sur la plateforme dimanche dernier, de migrer vers le service d’Epic Games. Cette course à la vitesse entre lanceurs a par ailleurs quelque chose d’assez cocasse, quand, dans de nombreux jeux, on doit si souvent se coltiner une interminable enfilade de logos avant d’atteindre le menu.

Enfin, précisons que la mention « vibe coding » dans le X n’est pas là par hasard. Lundi, Tim Sweeney, le patron d’Epic Games, a annoncé sur le réseau social que le studio prenait un « virage massif » vers l’IA. Un message interne relayé par Bloomberg révèle des directives favorisant des « flux de travail exclusivement pilotés par l’IA » et un objectif de « plus de code écrit à la main ». Le groupe a repoussé la sortie d’un jeu développé en collaboration avec Disney afin de mieux intégrer cette « nouvelle » approche.

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