Pour protéger sa RTX 5090, un utilisateur a conçu son propre fusible logiciel |
————— 07 Août 2026 à 14h14 —— 2162 vues
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Les problèmes de surchauffe des connecteurs d'alimentation 12VHPWR, puis 12V-2x6, hantent les propriétaires des GeForce RTX les plus énergivores depuis maintenant plusieurs années. Si les cas restent rares, l’inquiétude qu’ils font peser a motivé un dénommé Humza Khalid à créer un outil dont l'unique mission est d'éviter à sa précieuse GeForce RTX 5090 ASUS ROG Astral de partir en fumée. Le remède est aussi vieux que la plupart des protections PC : extinction des feux avant qu'un connecteur ne chauffe dangereusement.

Ce logiciel open source est baptisé 12VHPWR Guard. Son concepteur se présente comme un développeur évoluant principalement dans le domaine des logiciels professionnels propriétaires depuis une dizaine d’années. Malgré cette expérience, il ne cache pas qu’il a finalisé et publié son utilitaire essentiellement grâce au vibe coding. Il écrit : « Les outils de programmation assistée par IA ont rendu possible la réécriture complète sous forme d'application autonome, au lieu de laisser le projet inachevé prendre la poussière indéfiniment. L'IA a généré une grande partie du code, que j'ai ensuite entièrement relu et vérifié. Le protocole des capteurs a également été comparé et validé à partir de deux implémentations open source indépendantes (LibreHardwareMonitor et une preuve de concept en Rust) avant que le logiciel ne soit utilisé sur ma propre carte graphique. Tous ces détails sont également indiqués dans le fichier README du projet ».
En dépit de son nom, l'outil ne prend pas réellement en charge les cartes équipées d'un connecteur 12VHPWR, mais les modèles ASUS ROG Astral GeForce RTX 5080 et RTX 5090, dotés du connecteur 12V-2x6 révisé. Dans ces cartes, la marque a intégré un capteur de courant indépendant sur chacune des six lignes d'alimentation +12 V afin de surveiller précisément la charge de chaque broche. Leur prise en charge n'est pas clairement mise en avant par le développeur, mais d'autres cartes d’ASUS, les ROG Matrix RTX 4090 et RTX 5090, ont elles aussi de tels capteurs.
L'application exploite ces informations en interrogeant le bus I2C deux fois par seconde. Si une broche dépasse 9,5 A pendant 15 secondes consécutives, le logiciel force immédiatement l'arrêt. Ce, afin d'éviter qu'une surchauffe prolongée ne puisse endommager le connecteur. Pour sa part, ASUS fixe son propre seuil d'alerte à 9,2 A dans GPU Tweak III. Humza Khalid estime toutefois que l'avertissement émis reste insuffisant lorsqu'il est happé par une partie ou qu’il s’est simplement absenté quelques instants. Pourquoi pas, mais précisons tout de même qu'à la demande des utilisateurs, la marque a permis d'activer un signal sonore en complément de l'apparition d'une fenêtre contextuelle.

Les mécanismes d'ASUS.
Quoi qu'il en soit, les paramètres de l'utilitaire sont entièrement configurables. Il est possible d'ajuster aussi bien le seuil de courant que la durée avant déclenchement. L'outil consomme environ 35 Mo de mémoire vive et fait peser une charge CPU qualifiée de négligeable (1 % d’un cœur, aux dires de la source). Il propose également un mode de secours s'appuyant sur HWiNFO si l'accès au bus I2C est impossible. Enfin, il intègre les notifications Windows, un journal des événements, ainsi qu'une détection de perte des capteurs afin d'éviter tout faux sentiment de sécurité. Le logiciel n’est compatible qu'avec Windows 10 et Windows 11 et nécessite Python 3.10 ou une version plus récente.
Naturellement, 12VHPWR Guard ne remplace pas une installation correcte du câble d'alimentation. Le connecteur 12V-2x6 doit toujours être entièrement inséré et correctement verrouillé. Reste que l'existence même d'un tel utilitaire est plutôt cocasse, puisque le propriétaire d'une carte graphique vendue plusieurs milliers d'euros en vient à estimer qu'il n'est pas inutile d'ajouter son propre garde-fou. Les incidents demeurent peu fréquents, mais, comme le résume un lecteur de Tom's Hardware, ce serait plutôt « à NVIDIA de supporter le poids de cette inquiétude en supprimant le risque à la source, pas aux consommateurs ».