Pénurie de mémoire : Dell aussi s'attend à une année 2027 pire que 2026 |
————— 21 Octobre 2026 à 14h16 —— 594 vues
Pénurie de mémoire : Dell aussi s'attend à une année 2027 pire que 2026 |
————— 21 Octobre 2026 à 14h16 —— 594 vues
Nous avons terminé la journée d'hier sur une bonne nouvelle pour les consommateurs : la prise en charge étendue du FSR 4.1 à des composants aussi « vieux » que les Radeon RX 6000. Une forme d'obsolescence moins programmée qu'à l'accoutumée, qu'on ne peut qu’accueillir avec grand plaisir. Voici maintenant quelque chose d'un peu moins réjouissant pour nous. Au bal des oiseaux de mauvais augure, Michael Dell, l'homme à la tête de l'entreprise qui porte son nom, a joint son piaillement à ceux de Sanjay Mehrotra, PDG de Micron, et de représentants de SK hynix. Comme eux, il ne voit aucune éclaircie en 2027.

Déjà, sachez que, d'après une fuite provenant de ChannelGate et relayée par IT Home, la division écrans de Dell aurait diffusé une note interne faisant état d'une augmentation de ses tarifs de livraison dès ce mois-ci. La hausse irait de 3 à 5 % pour la plupart des références concernées, avec des augmentations potentiellement supérieures sur certains modèles haut de gamme. Les moniteurs d'entrée de gamme seraient, en revanche, épargnés pour l'instant. Dell n'a toutefois rien confirmé officiellement à ce stade. Selon la fuite, l'entreprise composerait avec des surcoûts de production depuis juillet. Elle aurait, dans un premier temps, choisi de les absorber plutôt que de les répercuter directement sur ses clients.
Concernant la pénurie de mémoire, Michael Dell estime, dans un entretien accordé au Wall Street Journal, que la situation va empirer en 2027. Un constat qui rejoint les prévisions de Sanjay Mehrotra, lequel estime que l'approvisionnement sera encore plus tendu en 2027 et 2028 qu'en 2026. Du côté de SK hynix, le discours est similaire, avec une pénurie susceptible de se prolonger jusqu'en 2030.
Ne nous méprenons pas Le patron de Dell précise que son entreprise ne manque pas de clients. Au contraire, son carnet de commandes de serveurs pour l'IA en attente de livraison avoisine les 95 milliards de dollars, un record historique. Comme beaucoup d'autres acteurs du secteur, l'entreprise enchaîne les records trimestriels en matière de chiffre d'affaires et de bénéfices.
L'embouteillage se situe du côté de l'approvisionnement en mémoire, nécessaire aussi bien aux accélérateurs d'IA qu'aux serveurs qui les hébergent. Il concerne donc autant la HBM que la DRAM. De nouvelles usines de fabrication sont en cours de construction, mais il faudra plusieurs mois, voire plusieurs années, avant qu'elles ne contribuent pleinement à l'approvisionnement. Michael Dell ne s'attend pas à une augmentation significative des capacités de production avant 2029 ou 2030.
Bref, au cours des prochains mois, le marché grand public devra continuer à se contenter des quelques miettes qu'on lui laisse. Bien sûr, pour une entreprise à but lucratif dont l'objectif est d'engranger un maximum d'argent, il est tout à fait cohérent de maximiser ses profits sur le marché le plus porteur. Elle n'est pas là pour faire de la philanthropie.
Ainsi, Dell avait terminé l'année 2025 en actant une hausse de 15 à 20 % du prix de ses PC. Au troisième trimestre 2026, la société est, après HP, celle qui a le plus trinqué en matière de livraisons mondiales de PC. Seulement devant un chiffre d'affaires de 47 milliards de dollars, en hausse de 58 % sur un an, et un bénéfice net de 4,13 milliards, en progression de 255 %, pour le dernier trimestre fiscal, il est plus que probable que le sommeil de Michael Dell ne soit pas vraiment troublé.
La seule chose à faire, c'est de prendre soin de nos PC et de se satisfaire de ce qu'ils contiennent. En attendant que cette crise — pour nous consommateurs — finisse par se résorber. Avec une forte probabilité que, pour paraphraser la sentence de Houellebecq sur un tout autre sujet, ça finisse, ici aussi, par revenir comme avant, « en un peu pire ».