La Chine continue sa course en avant pour favoriser la production domestique sous l'égide de la stratégique politique et économique baptisée "Made in China 2025". Contrairement au secteur de la mémoire NAND et DRAM et ses multiples bras de fer en justice, l'entrée de la Chine sur le marché du processeur x86 semble (pour le moment ?) se dérouler un peu plus paisiblement. Pour ce faire, AMD avait vendu en 2016 une licence en échange de 293 millions de dollars pour l'utilisation de son architecture Zen à la compagnie chinoise Haiguang Microelectronics (ou HMC). Une compagnie dont AMD détient par ailleurs 51% du capital, on imagine notamment afin de rester aux commandes autant que possible de l'utilisation qui est faite de sa propriété intellectuelle.

 

Cependant, HMC ne produit rien, puisque l'entreprise vend ensuite cette même licence x86 à une seconde compagnie connue sous le nom de Hygon (ou Chengdu Haiguang Integrated Circuit Design Co.), un producteur local de puces serveur et dont AMD détient cette fois-ci 30% du capital. Après quoi, le travail d'Hygon consistera principalement à concevoir les processeurs "Dhyana" à base de Zen et ensuite revendre les designs à HMC qui déléguera finalement la production à un fondeur tiers, présumablement TSMC ou un autre fondeur local.

En attendant, les premières puces "Dhyana" pour serveurs ressembleraient énormément aux processeurs EPYC d'AMD, au point où les développeurs Linux n'ont pu mettre en évidence du point de vue logiciel que très peu de différences entre les deux, leur permettant également de supposer qu'un patch prévu pour EPYC devrait pouvoir fonctionner sans problème avec des CPU "Dhyana", au prix seulement d'ajustements mineurs du code.

 

Vus ainsi, AMD et HMC semblent avoir vraiment compliqué les choses. Pourtant, cette manœuvre était apparemment nécessaire pour ne pas entrer en conflit avec les accords signés avec Intel portant sur l'architecture x86  et autorisant AMD à en faire usage, Intel étant le seul vrai propriétaire du brevet x86. En tout cas, cet effort afin de dénicher une brèche administrative prouve que la Chine est extrêmement motivée pour établir son contrôle sur la production, l'approvisionnement et la tarification des processeurs. Indirectement (ou pas), ceci leur permet aussi de limiter les probabilités de backdoors étrangères - à la NSA Inside - et autres vulnerabilités au sein du hardware obtenu extérieurement et ainsi d'y installer les leurs.

 

C'est aussi un tour de force qui permet à AMD de continuer sa percée sur le marché chinois et d'encaisser au passage des royalties, tandis que les entreprises chinoises peuvent désormais concevoir et produire leurs propres puces x86. Mais AMD n'est pas seul, VIA - l'autre détenteur légitime d'une licence x86, non pas sans mal - aussi a récemment annoncé son retour sur le marché du processeur via la compagnie chinoise Zhaoxin. Il n'est pas certain qu'Intel considère toutes ces manigances d'un très bon œil, et guerre commerciale oblige, l'administration américaine probablement encore moins ! 

 

amd chine zen diana

 

Pour la petite anecdote culturelle, Dhyana provient du Bouddhisme et consiste à cultiver en méditant un état d'esprit pouvant éventuellement mener à un état d'équanimité et de conscience parfaits. Bref, devenir Zen, quoi. Et non, ce n'est donc pas un hommage caché à la princesse Diana ! (Source)

 Finalement, après l'accord de 2016 entre AMD et HMC, les premiers processeur x86 pour serveur voient leur production débuter dans leur fonderie en Chine ! Mais comment s'y sont-ils pris pour éviter les frictions avec la licence x86 d'Intel ? 

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