Une mise en bouche avant notre test complet ?

 

Comme nous vous le disions samedi, des soucis de logistique complètement indépendants de notre volonté n'ont pas permis de vous proposer l'article Ryzen à la fin du NDA. Qu'à cela ne tienne, nos confrères n'ont également pas forcément eu le temps de tout tester, et eux aussi sont obligés de mettre à jour en continu leurs articles avec de nouvelles mesures. Cela nous laissera par conséquent le temps de nous familiariser avec la plateforme toute neuve, du chipset aux CPU, d'en comprendre le fonctionnement, et de régler les diverses anicroches que nous rencontrerons, car quasiment aucun lancement n'arrive exempt d'un lot de galères et autres gags. On pense que les éditeurs pourront mettre à jour leurs logiciels (on pense à Finalwire et son AIDA64), et que les constructeurs de cartes mères mettront les BIOS à jour vis-à-vis de la gestion mémoire assez capricieuse sur Ryzen. Pour rappel, elle l'est également sur Broadwell-E selon le type de puces, c'est semble-t-il le lot des processeurs à 8 coeurs !

 

• Une plateforme issue du commerce : B350 + R7 1700

Nous vous proposons une preview du plus petit des trois Ryzen R7, le R7 1700. Il a pour lui d'être celui qui abaisse le ticket d'entrée des puces 8 coeurs, il coûte 200€ de moins que le 1800X. Certes ses fréquences et son TDP sont plus bas, 3 à 3.7 GHz, son cache est identique, et il suce théoriquement 65W. Il est aussi le seul des trois à être vendus en version boîte avec un ventirad, ce qui est appréciable en cette période de trouble où tous les ventirads passés ne sont pas systématiquement compatibles. Pour 369€, on a donc une puce qui coûte quand même 35% moins cher que le 1800X, mais qui ne devrait pas carburer 35% moins vite. C'est souvent sur le haut de gamme que se monnayent cher les derniers MHz !

 

cpu z r7 1700msi b350 tomahawk [cliquer pour agrandir]

 

Dans l'optique de se monter une configuration la moins chère possible pour bosser, nous avons opté pour une carte mère B350, à 125€, et qui est équipée correctement même si elle présente un étage d'alimentation moins véloce que sur les cartes en X370. Mais un R7 1700 suce théoriquement moins avec son TDP de 65W que les X à 95W, aussi le B350 semble bien calibré pour le 1700. La B350 Tomahawk de MSi a pour elle 4+2 phases, un look correct qui n'en fait pas trop, de l'USB 3.1, du M.2, et surtout dans une optique d’optimisation de refroidissement, on trouve des radiateurs sur les régulateurs de tension, aussi bien sur le côté qu'en haut. Et elle est parmi les moins chères en ATX. Enfin, contrairement à Intel, le chipset milieu de gamme permet l'overclocking. Pour terminer sur cette carte, elle n'a que quatre ports SATA 6Gbps, attention à vos dédés !

 

• Conditionnages des testations

Alors avant de commencer, il faut que l'on vous donne les conditions de test. Voici le matériel utilisé :

 

AM4
R7 1700
MSi B350
LGA1151
Core i7 6700
Gigabyte Z170X Gaming 5
Commun
Be quiet! Pure Rock avec Silent Wings 3 bloqué à 7V + Arctic MX-2
Alimentation Be quiet! Power Pro 11 750W
G.Skill DDR4 2666 cas 15 Ripjaws V
MSi GTX 660 TF3 2Go
SSD Kingston UV400 120Go
Logiciel
Windows 10 1607 build 14393.693
Winrar 5.40
Cinebench R11.5 et R15
HandBrake 10.0.2 x64
Adobe Photoshop CS6 x64
Ryzen Master Overclocking (temp)
HWMonitor et AIDA64 5.80
Les pilotes utilisés sont les derniers disponibles sur le site Intel et AMD

 

Comme vous le voyez, nous avons mis en face un Core i7 6700, qui se trouve à 359€ en gros dans le commerce. Il a également un TDP de 65W, ce qui en faisait le concurrent idéal pour cette preview, qui n'est pas une review. Nous sommes toujours dans l'optique d'une machine dont CPU et Mobale se trouvent ensemble à moins de 500€. Dans tous les tests, nous avons réglé les barrettes selon le XMP/AMP, c'est à dire en DDR4 2666 cas 15-16-16-35. Autre fait important à savoir, si le Core i7 6700 tombe sa fréquence en idle à 800 MHz, le 1700 quant à lui se trouve à 1550 MHz, soit 15.5x100. Pour ce qui est du comportement en charge, quand tous les coeurs du 6700 sont utilisés, il est cadencé à 3.7 GHz. Parallèlement à ça, le R7 1700 @stock dans les mêmes conditions plafonne à 3.2 GHz. Enfin, on aime bien tripoter l'overclocking par nous-mêmes, aussi on a mis les mains dans le BIOS, et topé 3.7 GHz à 1.25V. Notez qu'avec 1.35V, nous avons stabilisé 3.9 GHz, mais guère plus, ce qui est déjà sympa. Mais ces derniers 200 MHz coûtent trop cher en température et consommation. Voyons les résultats chapitre suivant :

 

• Résultats pratiques

On attaque par Cinebench en version 64-bit. Pour pas faire de jaloux, on a utilisé les R11.5 et R15. Notez que vous pourrez comparer directement les scores du R15 avec ceux de l'article Kaby Lake, on vous donne directement la page ici. Autre fait à savoir, les scores entre les deux moutures ne sont pas exprimés de la même façon, ainsi nous avons x100 celui du R11.5 pour des raisons pratiques, mais ne comparez pas les nombres entre les deux opus de Cinebench !

 

 

On voit bien que le R7 1700 se sert bien de ses coeurs, et même si techniquement les deux CPU ne font pas partie du même registre bien qu'ils aient le même prix, le R7 double quasiment les perfs lorsque les deux sont à 3.7 GHz, ce qui est le cas comme indiqué chapitre précédent.

 

On passe à Adobe Photoshop CS6 x64. On a alloué la même quantité de mémoire pour l'usage du logiciel, à savoir 14Go. On a pris une photo de 50 millions de pixels (un beau coucher de soleil de Toronto), et on lui a appliqué un filtre tout simple de flou radial en qualité maximale. Le score est exprimé en secondes, le plus petit est le plus rapide.

 

 

Les différences ne sont pas monstrueuses, mais sur un temps de travail si court, elles prennent tout leur sens. L'overclocking du R7 apporte un petit plus, non négligeable de l'ordre de 10% quand même. Passons à HandBrake paragraphe suivant.

 

On a encodé une vidéo MKV 1080p de 4.2 Go en H.264, et ce pour être lue sur des terminaux type smartphones en 480p et 30 images par seconde. La partie audio n'a pas été touchée. Voyons ce qu'il en est de nos concurrents :

 

 

Très bien parallélisé, ce logiciel n'a pas fini de rencontrer son succès à la vue des résultats exprimés en secondes. Il montre à quel point les gains sont précieux et assez importants quand le multi-coeur est pris en compte, ce que nous confirmons via la charge 100% sur les 16 threads du R7 et les 8 du Core i7 durant l'encodage. On note que l'overclocking fait gagner du temps, 12% de gagné. On passe sur Winrar.

 

On a donc compressé en qualité optimale une archive de 8.2Go faite de photos, de vidéos, de programmes, d'archives de jeux vidéo, de dossiers et fichiers Office. On a chronométré le temps et on a reporté ça dans le graphique. Il faut toutefois expliquer quelque chose. On a vu cette semaine que l'architecture de Ryzen pouvait être limitante dans certains cas, dont Winrar. En effet, le Data Fabric et le mode de fonctionnement du cache L3, sans oublier les latences induites par les processus dispatchés dans les coeurs et les CCX font que les coeurs Ryzen bien nés ne peuvent pas s'exprimer correctement. Du coup on a rajouté le 1700 à 3.7 GHz, mais avec de la DDR4 2133 cas 15, histoire de voir si prendre de la DDR4 plus rapide avait un sens malgré ces limitations.

 

 

Il est important ce test ! En effet il montre une chose : Ryzen malgré ses limites a besoin de DDR4 rapide, et la DDR4 2666 lui permet de s'exprimer bien mieux que la DDR4 2133. En effet , on voit que même poussé à 3.7 GHz, contre 3.2 GHz stock sur tous les coeurs, donc avec un avantage de 500 MHz, Ryzen fait moins bien avec la DDR4 2133. Même si ce n'est qu'un test d'une preview, n'hésitez pas à passer sur de la DDR4 2666, par contre vérifiez bien la RAM compatible sur le site de la carte mère, car pour l'anecdote, notre DDR4 3200 n'a pas voulu fonctionner à cette fréquence, ni en DDR4 2933, notre carte mère ne proposant pas la DDR4 2800.

 

On passe aux températures. Nous avons relevé celles du Ryzen avec l'application Ryzen Master, et celle du Core i7 avec HWMonitor et AIDA64. En effet la plateforme est trop jeune et ces softs ne sont pas en mesure de relever correctement ces températures. L'Idle correspond à l'inactivité sur le bureau pendant 10 minutes, et la charge correspond au travail sous la compression HandBrake, là où tous les coeurs fonctionnent. Pour ne pas laisser les cartes mères jouer avec le Silent Wings 3, nous l'avons bloqué à 7V avec un réducteur Noctua, et ce que ce soit en charge ou au repos.

 

 

Huit coeurs, ça chauffe plus que quatre, on le savait déjà avec les puces Intel. Et quand on voit à quel point AMD a compacté son die, gravé en 14nm, on comprend pourquoi la chauffe est un problème qu'AMD a plutôt bien géré. La surface d'échange étant petite malgré le grand nombre de transistors, AMD a été bien inspiré d'utiliser des pads en indium au lieu de la vulgaire pâte thermique, ça aurait été intenable en charge. Rappelons que malgré les 23°C de la pièce où furent menés les tests, elle peut monter à plus de 30°C en été, donc imaginez les inconvénients que nous aurions pu rencontrer si le test avait été mené en pleine canicule de juillet. Sorti de ça, ça chauffe pareil en idle, la différence étant due à la tension, pas la fréquence qui reste la même au repos. En charge, ça monte de 6°C quand même, dans nos conditions. Avec des profils différents, plus de souffle avec 2 moulins, ou qui pédalent plus vite, on aurait eu moins forcément.

 

Dernier point de cette preview, la consommation. Elle correspond à celle de la configuration identique entre les 2 machines, hormis CPU et Mobal. Les conditions de mesure sont les mêmes que celles des relevés de température. Voyons cela :

 

 

Peu ou prou, un 1700 consomme dans nos tests autant qu'un Core i7 6700. Comment cela est-il possible ? En idle, les mécanismes de régulation de tension de Ryzen font tomber la tension à 0.5V, doivent couper a priori certaines parties pour expliquer ce phénomène. En charge, si l'un a 8 coeurs, l'autre a 500MHz de plus, ce qui équilibre les débats. Autre fait, pousser le R7 avec une tension de 1.25V fait monter la consommation en charge de 42W sur ce test. C'est assez important, mais c'est le lot de toutes les puces qu'on overclocke, y compris chez Intel. Nous voici au terme de cette preview.

 

• Bon on s'enc.. s'embrasse ou on prend le train ?

C'était une preview basée sur le R7 1700. Nous n'avons pas à déplorer de dysfonctionnements apparents une fois que nous avons pris en main la bête. Cela ne signifie pas que la plateforme est mûre, elle doit être logiciellement améliorée. Nous avons quand même eu des soucis de RAM avec un autre kit DDR4 3200, le profil XMP enregistré donnait des choses étranges en AMP, du genre un cas 10 appliqué au lieu de 15. Autre fait, une fois que nous réglions ces latences à la main, la carte mère n'appliquait pas ces réglages et ça plantait. Toutes ces déconvenues font partie de la jeunesse de toute plateforme qui inaugure une architecture. Il y a des plâtres à essuyer, et on y a été confronté.

 

Mais le R7 1700 dans son domaine applicatif ne nous a pas déçus lors de cette preview. Si votre choix est de jouer, nous ne saurions trop vous suggérer de patienter pour le test complet du Comptoir, qui sera infiniment plus informatif que ce prétest. Il saura, en fonction des résultats, vous orienter vers telle puce ou telle autre, peser les avantages et inconvénients de chacune pour vous donner tous les éléments qu'il faut pour juger et choisir. C'était une mise en bouche !

 

amd ryzen puce

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