Test • X-meridian 7.1 |
————— 08 Juin 2007
Test • X-meridian 7.1 |
————— 08 Juin 2007
Nous vous en parlions il n’y a pas si longtemps, la société Auzentech nous gratifiait d’un modèle haut de gamme destiné au marché des cartes sons, jusqu’iciplutôt dominé par Creative et sa gamme de produits exploitant la technologie X-Fi. La X-Meridian 7.1 vient concurrencer directementles ténors actuels pour un prix avoisinant les 190€. Bien qu'une grosse majorité d'utilisateurs se contentent du chip audio de leur carte mère, qui ont plutôt progressé ces dernières années, une installation un peu plus évoluée -plus audiophile- est loin d'être superflue pour le bienfait de nos tympans. L’X-Meridian 7.1 utilise le processeur Oxygen HD CMI8788 comme centre névralgique, déjà présent sur le modèle b-Enspirer (Bluegears), ainsi que sur la Theatron 7.1 (Club3D). Si ces 3 marques ont en commun l’Oxygen HD, c’est bien la seule ressemblance que l’on peut leur attribuer, car là où la concurrence reprend le design de référence de C-Media, l’équipe d’Auzentech à tout mis en œuvre pour optimiser la qualité du signal en concevant leur propre circuit.

Nous allons commencer par nous intéresser aux spécifications techniques de la carte, car ce qui est certain c’est que de ce côté-là vous en aurez pour votre argent, le « processeur de signal numérique » (ça c’est pour nos francisateurs préférés) ou plus communément appelé Digital Signal Processor (DSP) équipant la X-Meridian supporte une pléthore de codages audio phoniques ; DTS, Dolby ProLogic IIx, Dolby Virtual speaker pour ne citer qu’eux.
En dehors de ces normes copyrightées, Le taux d’échantillonnage en lecture offre un bon 24bits/192Khz, mais voyons plutôt les spécifications constructeurs :
Comme nous vous en parlions en première page, les ingénieurs ont mis les petits plats dans les grands afin de traiter le signal et le rendre le plus fidèle possible. Pour se faire, ils ont opté pour un PCB double couches aux vues du nombre conséquent de composants utilisés, composants choisis avec un soin tout particulier.
Une particularité de la X-Meridian est la possibilité de lui adjoindre une carte d’extension répondant au doux nom de « X-Meridian X-Tension Board » dans le cas où le nombre de sorties déjà présentes sur la carte principale ne suffirait pas à raccorder tout votre matériel. Ici aussi un bon vieux copier /coller sera bien plus précis qu’un long discours :
Bien évidement L’X-Meridian X-Tension board sera vendue séparément de sa grande sœur pour un prix inconnu puisqu’à l’heure actuelle ce produit n’est pas encore disponible.
Les présentations étant faites, faisons maintenant un tour du propriétaire en commençant par l’emballage dans lequel vous recevrez votre X-Meridian.
Ce dernier en carton aux couleurs de la marque ne laisse de place à aucunes fioritures et les écologistes ne devraient pas crier au scandale. Il va droit à l’essentiel avec une photo de la carte ainsi qu’un logo des codages supportés. La boite accuse des dimensions exagérées vis-à-vis de l’ensemble carte/bundle.
350x230x75mm
Le déballage est donc aisé et une fois le bloc principal extrait on voit du bon, et du moins bon. En effet la protection de la carte est présente, elle est fermement maintenue à l’intérieur d’une boîte en plastique rigide moulée aux arêtes principale de la X-Meridian.
Le tout est ancré sur la face supérieure de la partie principale du même orange que celui du logo Auzentech, elle-même contenant le bundle fourni. D’un avis personnel, je trouve que la X-Meridian est relativement exposée aux chocs ainsi placée contre le carton peu épais. (On mettra ça sur le compte de la paranoïa de votre serviteur.)

En jetant un coup d’œil au bundle on s’aperçoit que tout comme le packaging il va droit à l’essentiel, pas de place pour le superflu. La boite contient ; la carte (si-si !), le manuel d’utilisation, l’incontournable CD contenant les drivers, un câble optique de 3m de qualité, ce qui change comparé aux câbles un peu « cheap » que l’on est habitué à trouver dans le bundle des cartes de cet acabit, et enfin 2 adaptateurs toslink pour le branchement de périphériques audio en SPDIF.
Le geek standard pourrait être déçu de ne pas avoir de panel 5 ‘1/4 à afficher en façade, comme l’on peut le trouver sur d’autres modèles de cette gamme de prix, mais après tout, c’est d’une carte son dont il est question ici et si la X-Meridian tient ses promesses, cette sobriété saura certainement se faire oublier.
cliquez pour agrandir
C’est justement le moment de s’attarder un peu sur cette carte et de voir si Auzentech à bien tout mis en œuvre pour optimiser l’ Oxygen HD 8788.

A droite du DSP se trouve le port destiné à la connectique reliant l’ << X-Meridian X-Tension Board >> sur notre Meridian.


La partie la plus intéressante de cette carte est la présence de 4 amplificateurs, oui vous avez bien lu : 4 amplis, donc un par canal ! Auzentech à donc bien mis les petits plats dans les grands en personnalisant le design autour de l’Oxygen HD afin d’en tirer le meilleur et de se démarquer de ce qu’a pu concevoir la concurrence jusqu’à maintenant. De plus, selon le constructeur, ces amplificateurs sont « user-swappable », permettant à l’acheteur d’installer ses propres OPAMP, où d’en installer de plus performants par la suite.
De cet ensemble se dégage une impression de qualité, le PCB noir contribuant à nous laisser entrevoir une carte de caractère ; oui, c'est très subjectif. Le choix du moindre composant a clairement fait l’objet d’une attention toute particulière, et lorsque l’on met le prix dans un produit, il est toujours agréable de sentir que le constructeur en chouchoutant son produit, indirectement, nous chouchoute également.
Le montage de la carte n’a posé aucun souci, les dimensions de cette dernière étant dans la moyenne. La fixation des plus classiques se fait via une vis pour carte fifille.

Il y a comme une tranche de poésie dans cette photo... Mais il y a aussi une vérité : vous allez devoir apprendre les emplacements des prises par coeur !

La carte installée.. des dimensions classiques
Une fois l’installation physique terminée, ce sont les pilotes et le soft de réglages qui sont passés à la loupe et ici aussi, aucune mauvaise surprise, l’installation et des plus simples, l’autorun ouvre une boîte de dialogue vous demandant de cocher ce que vous souhaiter installer et le reste se fait automatiquement (c’est beau le progrès).

Préférant la stabilité à un hypothétique apport de performances, ce sont les drivers fournis en bundle que nous avons choisis d'installer et non les bêtas mis à disposition sur le site du constructeur. Le panneau de configuration est très détaillé et permet de disposer d'une pléthore de réglages, et ce pour différents types de codages audiophoniques; mais comme une image vaut parfois mieux qu'un long discours, je vous laisse observer les 6 discours..hum..images ci dessous :
L’interface est très accessible, pas besoin d’être ingénieur du son pour configurer son installation, l’ensemble des menus est indexé sur 5 onglets sur lesquels sont disponibles les réglages les plus utilisés, mais il est également possible via des boutons d’ouvrir des boîtes de dialogue pour tout calibrer vraiment au poil de nez près.
Attaquons maintenant le vif du sujet avec l’incontournable séance de benchmarks.
La config de test :
Intel Core 2 Duo E6300
1 Go (2x512Mo) DDRII (PC6400PK)
MSI 7800GTX 256Mb
Windows XP Professionnal SP2
RightMark 3D Sound (v2.3)
N’ayant que L’Intel HD audio d’intégré sur la P5W DH Deluxe à mettre en compétition avec la X-Meridian, les différences de performances entre les deux DSP étaient censés faire apparaître des écarts plus que significatifs.
RightMark Audio Analyzer est un soft permettant de tester la carte en lui envoyant des signaux plein de fréquences, le but étant d’observer à la sortie un signal aussi fidèle que possible.

Frequency response Intel HD audio 16bits/48KHz
À titre de comparaison voici la courbe obtenue avec la X-Meridian :

Frequency response X-Meridian audio 16bits/48KHz
Des résultats difficilement compréhensibles pour le néophyte... Mais qui montrent la stabilité du signal. Le reste des tests à pu heureusement se dérouler dans de bonnes conditions, notamment lors de l’observation de l’utilisation du CPU, car si la X-Meridian semble destinée à l’univers musicocinématographique (si si ça existe, je viens de l’inventer) elle vient se caler directement sur le segment jusqu’ici dominé par Creative qui a plutôt tendance à orienter ses produits vers un public plus « gamer » que « musicocinéphile » (si si ça existe, je viens de …).
Les questions qu’on est alors en droit de se poser sont les suivantes ; cette carte va-t-elle induire une plus grande utilisation du CPU ? Vais-je plus owner ? Ai-je bien pensé à acheter du pain en rentrant ? L’EAX est-il correctement supporté, et jusqu’à quelle norme ? Mayonnaise normale ou allégée ? 2l de lait ? Un tube de dentifrice ? Ah non ça c’était la liste des courses.
Les graphs ci-dessous correspondent à l’occupation CPU dans différents domaines :

Même avec l’EAX activé l’occupation n’a pas excédé les 3%

L’Open AL nous amène au même constat, une utilisation du processeur presque inexistante

Encore et toujours, la X-Meridian sollicite très peu le CPU, même en ASIO.
Comme on peut le voir sur l’ensemble des relevés présentés, la X-Meridian qui est censée délester le système des ressources nécessaires au traitement du son le fait bien, et même très bien, le processeur n’est que très peu sollicité, même en utilisant l’EAX. Un petit point négatif cependant sur la compatibilité EAX qui n’est que partielle, en effet seules les normes 1.0 et 2.0 sont supportées par le bébé d’Auzentech. Pour rappel l’EAX 1.0 permet une augmentation du nombre de voix de 8 pouvant simultanément être traitées par le matériel, l’EAX 2.0 permet une augmentation de 16 voix.
La X-Meridian nous prive donc des normes 4.0 et 5.0 traitant elles jusqu’à 128 voix. Et comme l’EAX aide directement à améliorer l’immersion dans l’ambiance d’un jeu vidéo il est regrettable qu’Auzentech ne se soit pas plus penché sur cette lacune.
Pour synthétiser, la X-Meridian ne rechigne pas à être utilisée dans une machine de gamer, elle sait se faire oublier des ressources systèmes, mais peut laisser sur sa faim le joueur aux oreilles (extrêmement) exercées.
Les chiffres, les graphiques, les pourcentages et les normes c’est bien joli, mais lorsque l’on déguste un chef d’œuvre auditif, ce n’est pas en comparant des chiffres, alors une fois les benchs rangés, il était temps de savourer plusieurs morceaux de musique (faut pas rester la Diam’s, on parle de musique ma chérie) et de se faire un avis loin d’être objectif.Il me semblait intéressant de se pencher sur la différence que peut faire la X-Meridian dans un environnement ludique, de constater s’il l’écart de prix d’environ 200€ entre mon chip intégré et l’X-Meridian était proportionnel au rendu des environnements offerts par nos jeux favoris.
Ce sont donc des chansons triées sur le volet qui ont eu l’extrême privilège de passer au sein du DSP de la X-Meridian. Des morceaux écoutés, réécoutés et même usés à force de les écouter afin d’en discerner les moindres différences d’une écoute au travers d’une puce son intégré.
Radiohead – I might be wrong
Première écoute, premier choc. Inconditionnel devant l’éternel de ce groupe mythique, j’ai eu l’impression de revisiter ce titre phare de l’album Amnesiac. En effet, les basses très présentes se déplaçaient littéralement d’une enceinte à l’autre, les aigus étaient également bien rendus sans pour autant être agressif, et les medium étaient bien équilibrés quoiqu’un poil en retrait, même si je soupçonne mon matériel d’être plus coupable que la X-Meridian en elle-même. Les instruments se détachaient beaucoup plus les uns des autres, la voix de Thom Yorke prenant elle-même un autre aspect.
The eagles – Hotel california (Unplugged avril 1994)
Deuxième écoute, deuxième choc (oui … je sais …). Sur ce morceau également, ce fut une *re*découverte, les instruments et voix se distinguant très clairement, la perception que j’ai eu de ce live était d’une présence saisissante. La restitution sonore de l’acoustique était fine et immersive.
D’un point de vue musical, le premier terme qui me viendrait à l’esprit pour décrire le rendu de la X-Meridian serait le mot « expérience », car c’est avec des yeux écarquillés que j’ai débuté l’écoute d’Amnesiac, et ce sont des yeux fermés accompagnés d’un sourire idiot qui ont clôturé cette « expérience auditive ».
C’est donc en faisant preuve d’un insondable sens du sacrifice que j’ai du endurer d’interminables séances de jeu, et que pour une fois lorsqu’on me demandait ce que je faisais ainsi placé devant Farcry, je pouvais effrontément répondre «là qu’est-ce que je fais ? Et bien je travaille, quelle question, non mais franchement », et tout ça, tout ça on l’ai fait pour toi, public.

Farcry: doté d’un environnement très vivant, ce titre nous a paru idéal pour discerner les différences, et bien que le son fût plus flatteur à l’oreille, que l’ambiance générale fût plus prononcée, l’expérience fût moins orgasmique que lors de l’écoute de musiques.

Unreal tournament 2004: Unreal est plus brutal et rapide dans son gameplay que Farcry, et ici aussi le contraste entre la X-Meridian et l’Intel HD audio n’est pas saisissant, il y a bien des disparités mais rien ne justifiant un tel écart de prix.

DOD : Source: Un peu comme Farcry ,ce qui est captivant dans DOD : Source c’est l’environnement prodigieusement vivant et dense qui nous a attiré, à la différence près que c’est la clarté du brouhaha permanent (oui je sais…) qui y règne que nous voulions comparer, mais une fois de plus les différences se sont avérées trop peu prononcées selon moi pour légitimer le surcoût engendré par la X-Meridian.

CounterStrike : Source: Oui CS c’est le mal, CS c’est pour se faire « pwner », mais comme je vous le faisais remarquer plus haut, mon sens du dévouement -je m’aime- est infini. CS est intéressant dans le sens où le son joue un rôle prépondérant, ici aussi une pointe de déception m’étreignit puisque le changement du chip intégré à la carte fifille n’apporta que peu de gains.
Nos impressions peuvent paraître sèches mais facilement explicables en effet l’Intel HD étant compatible EAX aux normes 1.0 et 2.0 comme la carte testée ; les différences ne pouvaient être extraordinaires mais tout de même…
Auzentech signe ici un excellent produit, et ce à plusieurs niveaux, la finition du produit est exemplaire, les drivers sont bien pensés et permettent de régler de façon adéquate l’X-Meridian. La connectique possible est plus que correcte, voire originale grâce à la possibilité de rajout d’une carte d’extension.
Le sentiment général que nous inspire cette carte son qui mérite haut la main son qualificatif de « très haut de gamme » est qu’elle semble plus destinée à une utilisation dans le cadre de traitements audio et vidéo, où elle offre tout son potentiel. Le bundle bien que sobre est agréable car le câble optique est d’une qualité incontestable et saura se faire apprécié de celui qui dispose du matériel adapté en amont de la chaine.
C’est le côté ludique qui vient entâcher le tableau presque idyllique des qualités de ce joujou, la simplicité du bundle peut rebuter à cause du manque de gadgets pourtant présents chez Creative, le rendu dans les jeux ne se distingue pas suffisamment de ce qui est proposé actuellement sur le marché, la compatibilité réduite des normes EAX n’aidant pas non plus. Bon point cependant dans ce domaine, la X-Meridian soulage énormément le processeur, bilan mitigé donc.
Reste le prix qui, sans être ulcérant , paraît un peu élevé pour le joueur moyen, tout en étant honnête dans l’usage de l’Auzentech X-Meridian 7.1 au sein d’un home cinéma ou d’une installation audio haut de gamme.
| LES + | LES - |
| Qualité des rendus audio | Compatibilité EAX |
| Qualité du cable optique | Bundle |
| Finition | Prix ! |
| Pilotes |

Puissancebronze pour un usage multimédia !
• Visualisation en 3D de la carte
Un grand merci à Stéphane pour la réalisation de cette preview.
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