• Verdict

boxNous voici parvenu au terme de ce dossier, et s'il est une question que l'on est en droit de se poser, c'est bien celle de l'utilité du Core i9-9900KS. En effet, si ce dernier conforte quelque peu l'avantage des bleus dans le domaine ludique, cela s'avère en pratique bien insuffisant pour justifier un quelconque surcoût, l'expérience utilisateur globale (intégrant l'impact de la carte graphique) étant similaire. A contrario, on trouvera pour moins cher que ce processeur, un Ryzen 9 3900X autrement plus performant en applicatif, que l'on ressentira clairement sur des tâches lourdes. La qualité de la puce (même si l'on sent bien qu'Intel tire le maximum de son architecture et process de fabrication) n'est pas en cause, mais bien la tarification appliquée, ce qui est fort dommageable. Nous nous étonnons régulièrement de ce point, mais les bleus insistent, hors de question de brader leurs CPU. C'est d'autant plus regrettable que la durée de vie, tant de l'architecture que du procédé de fabrication, a permis de les amortir depuis fort longtemps, donnant ainsi plus de flexibilité du côté positionnement tarifaire. Est-ce de la fierté mal placée ou une volonté de ne pas mécontenter les acquéreurs des dites puces au prix fort depuis leur lancement ? Toujours est-il que le Core i9-9900KS, tout comme ses petits frères, s'avère très mal positionné face à la concurrence qui les devance à présent. Toutefois, tout espoir n'est pas vain, des indiscrétions laissent entendre que le géant du microprocesseur pourrait enfin ajuster ses tarifs, mais via une nouvelle gamme permettant de se garder d'une baisse de tarif, sur des processeurs déjà commercialisés. 

 

box 3950x

En s'intéressant à présent à l'autre nouveauté du jour, le bilan est cette fois totalement différent. Certes c'est un CPU encore plus onéreux dont il s'agit, mais ce dernier s'avère en moyenne ni plus ni moins que le plus rapide que nous ayons eu entre nos mains. Qui plus est, il fonctionne sur une plateforme mainstream et non une onéreuse HEDT, ce qui permet de limiter quelque peu le budget d’acquisition, contrairement à ses grands frères Threadripper. Bien sûr, son côté élitiste ne le destinera pas à toutes les bourses, ni même à tous les usages, car s'il s'avère très performant en jeu, cela n'aurait pas beaucoup de sens d'opter pour ce dernier dans le cadre de cette unique activité, sachant que l'on trouve tout aussi performant à ce niveau, pour le tiers de son prix. Il n'en reste pas moins qu'après avoir réussi à démocratiser les processeurs 8 cœurs puis 12 à destination du grand public, AMD franchit une nouvelle étape en proposant à présent pas moins de 16 cœurs. Derrière cet élargissement très rapide en comparaison du temps qui fut nécessaire pour franchir le plafond des quad-cœurs sur plateforme mainstream, se cache une architecture brillante par son approche très flexible et dont la seconde génération tire encore plus parti par le biais des chiplets, permettant de mixer les technologies de production. Ainsi, AMD peut tirer parti du meilleur des process actuels (7 nm), sans pour autant se confronter à des coûts de production trop importants, qu'impliquerait la gravure d'un die monolithique plus gros et dont une partie n'a que faire de transistors à la pointe de la technologie. Voilà comment, en un laps de temps finalement très court, le rapport de force entre les deux concepteurs de CPU, s'est totalement inversé.

 

En résumé, le Core i9-9900KS ressemble au chant du cygne de Coffee Lake, qu'Intel pousse au bout du bout pour tenter d'exister encore face à la déferlante Zen 2. Malheureusement, sa tarification excessive (aux alentour des 600 €) au regard de ses prestations, sans compter la garantie officielle Intel réduite à 1 an, conduit à un intérêt vraiment faible pour cette référence. Il ne fait pas de doute que l'objectif des bleus n'est pas d'en vendre par palette, mais bien de communiquer pour rappeler au bon souvenir des éventuels acquéreurs, sa gamme Coffee Lake. Nous conseillons tout de même à ceux, qui pour des raisons psychologiques resteraient attachés à la marque, d'opter plutôt pour la version K simple voir un processeur encore moins onéreux, si l'objectif est essentiellement ludique. Notre titre un brin provocateur met en scène un duel entre ce Core i9-9900KS et le Ryzen 9 3950X, mais il ne faisait pas l'ombre d'un doute que ce dernier ne jouait pas dans la même catégorie. Toutefois, la commercialisation presque simultanée des deux références et une tarification certes différente, mais finalement pas si éloignée à 820 € en France pour le vaisseau amiral rouge (on est loin du simple au double), donnaient l'occasion de cette confrontation. Le dernier né d'AMD n'abandonne finalement que 12% en jeu dans nos conditions de test privilégiant l'impact CPU, mais devance de 70% son compétiteur du jour en application, faisant de lui le processeur le plus rapide pour l'heure sur notre échantillon de test. Indubitablement une réussite, malheureusement encore trop chère pour une réelle démocratisation, mais qui apportera à ses chanceux acquéreurs la puissance d'une station de travail sur une configuration traditionnelle, sans sacrifier sa capacité à jouer. Le mix parfait en somme, si bien entendu le coût n'entre pas en considération.  

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Nous remercions naturellement nos partenaires pour la mise à disposition des éléments de test.

 




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